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Rapport Ramses 2019: «Il y a une grande attente d'Europe»
Publié dans L'Economiste le 21 - 09 - 2018

La Chine se donne les moyens de ses ambitions. Selon le rapport Ramses 2019, «elle développe une stratégie cohérente et intégrée, visant à s'affirmer en tant que puissance de référence». C'est dans cette logique que s'inscrit la relance du méga-chantier des nouvelles routes de la soie
Dans un contexte mondial en pleine transformation, de grands enjeux vont façonner les trois prochaines décennies. L'édition 2019 du rapport Ramses, présenté mardi dernier à l'Académie du Royaume à Rabat, met d'abord l'accent essentiellement sur l'affirmation de la puissance chinoise.
«Nul ne peut douter de la volonté du parti communiste que l'empire du Milieu soit reconnu comme la 1re puissance mondiale, en 2049, date de la célébration du 100e anniversaire de la révolution chinoise», a expliqué Thierry de Montbrial, président de l'Institut français des relations internationales (IFRI).
Pour lui, «cet objectif est atteignable. Mais cela ne signifie pas qu'il sera atteint à coup sûr». Cette quête de suprématie passe par la confrontation en cours avec les Etats-Unis. Ces derniers «ne semblent pas partis sur leur avantage». Contrairement à Trump, qui «est dépourvu de toute vision, voulant des résultats immédiats», la Chine, elle, dispose d'une «vision claire».
Concrètement, Pékin manœuvre pour construire un nouvel ordre multilatéral, dans lequel elle joue un rôle dominant. «La carence des Etats-Unis ne peut que les aider», selon De Montbrial. Actuellement, la Chine est considérée comme une puissance économique majeure. «Mais elle entend s'installer sur tous les créneaux. Elle développe une stratégie cohérente et intégrée, visant à s'affirmer en tant que référence au niveau mondial».
Dans cette vision à long terme, Pékin se donne les moyens de ses ambitions. Elle s'affirme dans «la diplomatie des grandes puissances, avec une présence systématisée dans toutes les régions du monde». Cette mobilisation sert des objectifs qui «vont au-delà de la défense des intérêts nationaux en Asie-Pacifique, et sont plutôt liés à la protection des citoyens et des investissements chinois». En face, les Etats-Unis développent une «conception plus étroite de leur intérêt national».
Si Trump est le symbole de cette nouvelle doctrine, la tendance a été initiée sous l'ère Obama, a précisé le président de l'IFRI. Aujourd'hui, les Etats-Unis semblent prendre du retrait par rapport aux institutions multilatérales, alors qu'ils ont participé activement à la construction de ce système. Le départ de l'actuel président américain ne risque pas de changer la donne. «Quel que soit son successeur, cette vision étroite va persister», a-t-il dit.
Quid du reste du monde face à cette confrontation qui va dominer les trois prochaines décennies. Pour Thierry de Montbrial, «il y a une attente d'Europe». L'attrait pour l'élection d'Emmanuel Macron témoigne, selon lui, de cette demande. L'UE n'est pas organisée pour faire face à cette situation, estime le président de l'IFRI. Pour lui, «si les Européens arrivent à corriger les erreurs commises, ils rendront service à eux-mêmes et au reste du monde».
Mais cela devra s'inscrire, selon lui, dans une perspective à long terme. Dans cette nouvelle configuration, l'Afrique semble se tourner davantage vers la Chine, de plus en plus active sur le continent. Une chose est sûre, au niveau financier, «l'Europe ne peut pas concurrencer la Chine, qui dispose de grands excédents», explique De Montbrial. Il a mis en garde contre les risques de cette nouvelle politique chinoise.
Pékin «a développé une politique d'investissement qui met en danger notre indépendance». D'où l'importance pour l'Europe, le Maghreb et l'Afrique «de construire une nouvelle politique commune de partenariat». Mais l'Europe est aussi touchée par la montée du populisme qui avait porté Trump à la tête de l'administration américaine. Les nouveaux dirigeants qui ont surfé sur cette vague «ne sont pas des bâtisseurs d'institutions. Ils exploitent plutôt des phénomènes de rejet».
Pour le président de l'IFRI, «c'est de la mauvaise herbe favorisée par nos propres erreurs».
Crise de démocratie libérale?
La démocratie libérale semble souffrir d'un déficit d'image. Certains pays «se réjouissent de la décadence de l'Europe occidentale, qu'ils attribuent à son système politique», de l'avis de Thierry de Montbrial. Pour lui, une remise en question des concepts actuels est nécessaire. «Les Occidentaux doivent réfléchir aux distinctions entre les aspects du pouvoir, dignified (légitimité) et efficient (efficacité), au lieu d'insister sur le fait que la démocratie libérale est le meilleur régime». Sur le long terme, ces deux idées ne peuvent que converger, a-t-il dit. Cela est d'autant plus important que le monde est en cours de transformation, sur fond de confrontation entre les Etats-Unis et la Chine. Ces deux puissances sont «bien armées, sur le plan de leurs gouvernances respectives, pour s'affronter dans la course à la primauté. Ce qui n'est pas le cas de la plupart des autres Etats, à commencer par ceux de l'Union européenne, qui souffrent moins d'un déficit démocratique que d'un déficit d'efficacité et de légitimité», a-t-il expliqué. Aujourd'hui, «on peut se demander si, en Europe, le modèle libéral pourrait survivre à la montée du communautarisme», s'interroge De Montbrial. C'est dans ce contexte qu'il est «important de s'entendre sur le sens des mots». Cela commence par un effort de définition, qui met face à face, démocratie libérale et «illibérale». La première «part du postulat que l'individu est la référence suprême», alors que dans la deuxième «les groupes peuvent avoir une importance indépendamment des individus». Par exemple, en Chine, «le président Xi Jinping n'est pas le nouvel empereur, c'est plutôt le parti communiste, une entité abstraite, qui incarne ce rôle».


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