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Influenceur: Ils en ont fait un job à part entière
Publié dans L'Economiste le 13 - 02 - 2019

Ils sont pour la plupart âgés de moins de 30 ans, et sont passionnés de domaines bien spécifiques, tels que la beauté, la mode, la cuisine, le lifestyle, le fitness et les nouvelles technologies. Ces jeunes, dont le métier est influenceur, Instagrammeur ou Youtubeur jouissent d'une grande notoriété auprès des internautes.
Leurs abonnés, également appelés «followers», se comptent par milliers (K) et même par millions. Les marques les adorent aussi et font appel à eux pour promouvoir leurs produits.
■ Fashionmintea 148 K (Instagram)
Yasmina Olfi
Originaire de Tanger, Yasmina Olfi a poursuivi ses études en gestion d'entreprise et affaires internationales à l'université Paris-Sorbonne. Elle a, par la suite, travaillé dans le domaine des médias en France, avec le groupe Condé Nast, au département marketing, puis au Maroc à Geomédia. «J'ai démarré mon blog quand j'étais étudiante. Je l'alimentais régulièrement en partageant mes coups de cœur et mes découvertes», précise-t-elle. Grâce à sa carrière dans la presse féminine, elle a flairé le filon et décidé de tout mettre de côté pour se consacrer au blogging. Son image elle l'a construite «naturellement» depuis 2012, à travers son blog et son compte Instagram, où elle parlait de sa routine beauté, de ses magasins fétiches et des dernières tendances. Aujourd'hui, Yasmina a créé sa propre entreprise d'Influence digitale qui emploie 4 personnes. Elle y gère son activité d'influenceuse, mais aussi d'autres événements d'influenceurs, des plans médias... «Pour travailler professionnellement et être rémunérés par les marques, nous sommes obligés de créer une entreprise, ou avoir un statut d'auto-entrepreneur», explique-t-elle.
Afin de préserver la notoriété dont elle jouit, Yasmina tient à partager quotidiennement du contenu pour intéresser sa communauté. Elle fait aujourd'hui partie de ceux qui vivent de leur passion. Elle a pu décrocher quelques contrats, pour être ambassadrice de marques comme Roberto Cavalli, Chanel Cosmetic, Dior, Cartier, Dove et Tresemmé. Yasmina sera aussi égérie d'une nouvelle marque très prochainement.
■ Lady Zee 68 K (Instagram)
Zineb Fatara
Elle ne se dit pas influenceuse, pourtant son profil Instagram est suivi par pas moins de 68.800 personnes. Elle bénéficie surtout d'un taux d'engagement élevé de sa communauté qui ne cesse de s'agrandir. Zineb Fatara, plus connue sur les réseaux sociaux sous le nom de Lady Zee, est une jeune Marocaine qui vit à Paris depuis quelques années. A travers son compte Instragram, elle partage sa routine quotidienne, où les passionnées de mode, de sport, de danse et de voyage y trouvent leur bonheur. «Mon objectif avant tout est d'inspirer au maximum les jeunes femmes à être actives, indépendantes et de vivre leurs rêves», révèle-t-elle. Après avoir obtenu son diplôme de l'université Al Akhawayn, Zineb s'est envolée pour les Etats-Unis pour des études d'ingénierie, puis vers Paris pour des cours en stratégie et commerce international à l'Essec. Contrairement à bien d'autres professionnels de la blogosphère, elle a un travail à temps plein. Zineb est chargée de compte dans une entreprise IT. Elle cumule en parallèle d'autres jobs, à savoir coach sportif et personal shopper. Elle a également créé sa propre marque de prêt-à-porter «Lady Zee». «L'entrepreneuriat m'a toujours attirée. Cependant, j'ai mis ce projet en stand-by, faute de temps, mais aussi pour revoir mon business modèle», explique-t-elle. Zineb a également participé à une émission de mode très prisée en France, «Beauty Match». Le programme qui passe sur TFX met trois influenceuses en compétition. Elles doivent, durant une semaine, aider les candidats qui souhaitent changer leur apparence vestimentaire et récolter le plus de like de leur part.
■ Miam.ma 30 K (Instagram)
Sabrina El Faïz
Derrière le blog Miam.ma, se cache Sabrina El-Faïz, journaliste de formation et passionnée de cuisine. Elle est major de sa promotion à l'ESJC. «Depuis toute petite, je ne me séparais pas de mon appareil-photo. Les cibles de mes clichés étaient les petits plats de ma mère. J'ai toujours admiré ces contrastes et ces couleurs naturelles que la nourriture nous offre», confie-t-elle. Son blog contient plusieurs rubriques, à savoir l'actualité food, les bons plans restaurants et sorties, «Bien dans ma peau» pour les personnes à la recherche d'un mode de vie sain et naturel, et une autre dédiée aux recettes faciles et rapides. «Je tiens à partager six publications par semaine. 3 sur le site et 3 sur Instagram», souligne Sabrina. Son blog, elle le fait vivre à travers des insertions publicitaires ou sponsoring d'articles et de photos. «Quand je monétise une publication, je tiens à le préciser à mes lecteurs, pour plus de transparence», précise-t-elle. «Dans certains pays c'est devenu une obligation, si au Maroc ce n'est pas le cas, je favorise tout de même l'honnêteté qui permet de garder cette proximité avec ma communauté», poursuit Sabrina. Toutefois, les partenariats sponsorisés ne sont pas encore monnaie courante. «Les marques marocaines ne comprennent pas toutes encore le concept de blog et ne sont donc pas toujours partantes pour une collaboration monétisée. J'avoue avoir eu plus de chance avec les marques étrangères sur ce volet», confie-t-elle.
■ Rawaa Beauty 900 K (YouTube)
Rawaa
Titulaire d'un Master en gestion et valorisation des ressources marines, Rawaa a tout lâché pour se lancer dans le secteur de l'influence. Sa carrière de Youtubeuse, elle l'a démarrée en 2015. «La plateforme me permettait de partager sans limite ce que je voulais. Passionnée de make-up, j'y publiais des tutoriels que je produisais avec beaucoup d'enthousiasme», raconte Rawaa qui atteindra prochainement les 900.000 abonnés sur sa chaîne YouTube. En 2015, elle a participé à l'émission «Lalla Laâroussa». Elle en est sortie gagnante, ce qui a joué un rôle déterminant dans sa carrière d'influenceuse. «Certes, j'ai gagné en notoriété grâce à l'émission. Mais j'ai également travaillé dur pour garder l'intérêt de ma communauté», souligne Rawaa. Son mari, Marouane Khatim, a lui aussi connu un grand succès (85.000 followers sur Instagram). Parmi les grands projets qu'elle a pu conclure, l'émission diffusée sur le Net «Khôl in The City», avec la marque Maybelline. Elle a, par ailleurs, été animatrice dans une web série. Même si la plateforme qu'elle affectionne le plus est YouTube, son compte Instagram cartonne avec plus de 1,1 million de followers. Aujourd'hui, Rawaa a introduit son fils, Yaakoub Abdelmoujib, dans les réseaux sociaux. Son compte Instagram regroupe 80.000 followers. Âgé de moins de 3 ans, il décroche lui aussi des contrats avec des marques pour enfants.
■ Black Moussiba, 1 million (YouTube)
Khalid Sheriff
«J'ai commencé à mettre des capsules humoristiques sur YouTube en 2008. Mais je n'avais aucun objectif financier. C'était plus pour amuser la galerie», confie Khalid Sheriff. A l'époque ses vidéos enregistraient à peine 2.000 vues. Mais, quand en 2011 un média connu pour faire le buzz sur la toile a partagé l'une de ses vidéos, c'est le graal pour Khalid. Plus de 60.000 personnes l'ont visionné. C'est à ce moment qu'il décide de se professionnaliser. Il quitte alors son métier dans le secteur bancaire, pour se concentrer sur ses capsules et lance sa chaîne YouTube «Black Moussiba», qu'il alimente régulièrement avec des sujets d'actualité. «J'essaye de vulgariser et de banaliser les sujets que je traite. C'est ce qui plaît à mes abonnés et me rapproche d'eux», explique-t-il. Se faire de l'argent sur YouTube n'est pas chose aisée. Pour Khalid, la plateforme est plus un tremplin pour faire connaître son nom. Un pari qu'il a plutôt bien réussi. Il a réussi à décrocher un poste de chroniqueur pour la chaîne Medi1 TV. Aujourd'hui, Khalid Sheriff est souvent contacté par des entreprises pour réaliser des capsules autour de leurs produits. «Quand j'ai démarré dans le secteur, nous étions très peu. Depuis ça s'est développé. Beaucoup de personnes lancent leur propre chaîne. Ce qui est bon signe, car les gens ont désormais conscience que le digital est l'avenir», souligne-t-il.
Tilila EL GHOUARI


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