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Compétitivité
Publié dans L'Economiste le 05 - 12 - 2019

Il n'est jamais trop tard pour bien faire, dit le proverbe. On va faire semblant de le croire. Depuis une grosse dizaine d'années, on a des soucis avec les accords de libre-échange, impossible de faire bouger les gouvernements successifs sur ce chapitre.
Le ministre marocain de l'Industrie, du Commerce, etc. s'est plaint à son homologue turque du mauvais fonctionnement de l'ALE, passé entre Rabat et Ankara en 2004 et entré en vigueur en 2006. La ministre turque en a autant à son service: nombre d'entreprises turques disent avoir été mal traitées, notamment à l'occasion de marchés publics.
On ne sait pas si la démarche de Mly Hafid Elalamy va aboutir: son message comporte en effet des zones d'ombre et une «invitation» à rééquilibrer l'affaire. Depuis 2006, les ventes turques ont doublé et le taux de couverture est tombé à 30%.
Les Marocains accusent les Turcs de dumping, de financements indirects via leur mission diplomatique. Plus subtil, la qualité turque n'est pas au niveau de son design, une forme de tromperie. C'est là une des trois méthodes de conquête, la deuxième étant les réseaux de commerçants installés dans le pays-cible avec des aides publiques.
La troisième est aussi vieille que la République turque elle-même: faire tomber la valeur de la lire turque. Ce dernier point a un double effet: il favorise des exportations et rend les importations très chères.
Pour jouer ce mauvais tour à sa propre population, il faut avoir un régime autoritaire, étouffant les critiques. Et mettre sous tutelle le système financier. Deux manipulations que le Maroc ne peut plus se permettre. En revanche, l'art. 39 pt 2 permet de se retirer de l'accord, mais est-ce vraiment le meilleur parti?
Mais avant tout, il faut faire une remarque: tous nos ALE sont défavorables au Royaume, ce qui veut dire que le problème vient de chez nous. C'est ici qu'il faut travailler la compétitivité, nulle part ailleurs!
(Voir aussi L'Economiste du 3 décembre 2019)


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