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Lois électorales: Ce qui risque de changer
Publié dans L'Economiste le 27 - 02 - 2020

Lettre au chef du gouver­nement, concertation entre partis politiques,… les grandes manoeuvres pour se projeter dans 2021, année des élections par excellence, ont démarré. Après des réunions des états-majors, des formations ont décidé de sensibi­liser Saâdeddine El Othmani à la néces­sité d'organiser des réunions avec les partis politiques, avec comme ordre du jour, la préparation des lois électorales.
C'est le cas de l'Istiqlal, l'USFP et du PPS qui veulent lancer le processus de discussions suffisamment à l'avance pour que les élections se déroulent dans les meilleures conditions. Si deux formations campent dans l'opposition (Istiqlal et PPS), il en va autrement pour l'USFP qui fait partie de la majorité.
Or, l'échéance de 2021 présente la particu­larité de coïncider avec la fin de diffé­rents mandats électoraux. Il s'agira donc d'organiser les élections communales, régionales, législatives, celles des dif­férentes chambres professionnelles, le scrutin des représentants des salariés,… au cours de la même année. L'ordre de déroulement de ces échéances n'est pas encore arrêté.
L'échéance de 2021 présente la particularité de coïncider avec la fin de différents mandats électoraux. Il s'agira donc d'organiser les élections communales, régionales, législatives, celles des différentes chambres professionnelles, le scrutin des représentants des salariés,… au cours de la même année (Ph. L'Economiste)
Selon Nizar Baraka, secrétaire général de l'Istiqlal, le chef du gouvernement a été réceptif à la requête des partis. D'ail­leurs, en s'adressant au patron de l'exécu­tif, les initiateurs ont respecté les formes, sachant que c'est le ministre de l'Intérieur qui prépare les textes et organise les dis­cussions avec les partis politiques. En tout cas, la réussite du prochain agenda élec­toral est la plus importante bataille que devra mener Abdelouahed Laftit.
En réalité, l'Istiqlal et l'USFP sont en train de préparer des propositions qu'ils comptent soumettre au gouvernement pour la réforme des lois électorales. Une commission composée de deux membres de chaque formation s'est réunie lundi pour avancer sur ce dossier. L'initiative de l'Istiqlal et de l'USFP n'est pas for­tuite.
Par ces changements qu'ils pro­posent dans les lois électorales, sans parler du nombre de sièges par circons­cription et du découpage électoral, la ré­forme de la loi sur les partis, ils cherchent à barrer la route au PJD, en essayant de raboter les scores de cette formation.
En effet, plusieurs aspects ont été abordés dont le seuil d'éligibilité, aujourd'hui fixé à 3% pour les élections législatives et à 6% pour les collectivités territoriales. Les deux anciens alliés de la Koutla demandent d'unifier ce seuil à 3% pour les deux élections. Pour rappel, avant les élections de 2016, ce seuil était fixé à 6% quel que soit le scrutin.
Le code électoral n'est pas en reste. Ainsi, le scrutin uninominal est appliqué dans les élections des collectivités territo­riales de moins de 35.000 habitants. Au-delà de cette population, c'est le scrutin de liste qui est en vigueur. Or les deux partis veulent changer cette configuration, en proposant un autre plafond: l'Istiqlal est favorable à un niveau de 50.000 et l'USFP à 70.000 habitants.
Ils veulent également changer les modalités de la répartition des sièges le jour de l'élection. Ainsi, dans le mode de scrutin de liste en vigueur, l'attribution des sièges se fait selon le plus fort reste. Au lieu de cela, ils proposent de le rem­placer par la plus forte moyenne, un prin­cipe qui encourage les petites formations politiques pour siéger au Parlement.
Les finances des partis sont aussi concernées. Ils réclament une égalité dans le soutien public forfaitaire accordé à toutes les formations. Même topo pour la liste nationale des femmes. Celle-ci doit disparaître pour intégrer la gent fémi­nine dans les listes des circonscriptions, avec le classement d'une femme suivie d'un homme,… Idem pour le choix du jour du vote.
En effet, vendredi n'arrange pas les affaires de ces deux partis. Pour eux, le PJD profite de la prière du vendre­di pour se mobiliser autour des mosquées en incitant les électeurs à voter pour lui.
Se mobiliser auprès des citoyens
Avec la reprise des activités royales au cours des dernières semaines, l'opinion publique sent un vent frais souffler. Du coup, la scène politique est bien remplie. Les partis politiques, particulièrement de la majorité, doivent prendre l'exemple et se mobiliser auprès des citoyens. Il en va de leur responsabilité. Pendant ce temps, les partis d'opposition constatent que le gouvernement n'est pas au rendez-vous. Le climat politique n'est pas au top de sa forme. Le fossé qui sépare les responsables et les élus des partis, les institutions démocratiques avec les différentes composantes de la population, ne s'arrête pas de se creuser. L'image des politiques auprès de l'opinion publique est déplorable. Pour redresser la barre, il est impératif d'engager une véritable réconciliation, visant à améliorer l'ambiance géné­rale et à réussir le processus électoral. Pour l'heure, on en est très loin de cet objectif, avec un contexte marqué par des poursuites judiciaires contre des parlementaires arrêtés pour des actes de corruption, d'autres sont limogés par le tribunal administratif sous l'impulsion des enquêtes du ministère de l'Intérieur. Dans ces conditions, comment remplir le vide qui s'installe et intéresser les citoyens? La lutte à couteaux tirés entre deux composantes de la majorité, le PJD et le RNI, occupe le devant de la scène. Le PJD cherche à maintenir sa position de leadership et le RNI qui veut occuper par tous les moyens la première place. Il ne faut pas que cela se fasse au détriment de la politique et des réformes en attente.
Mohamed CHAOUI


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