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Prix du médicament. Les caisses ont-elles les reins solides ?
Publié dans Les ECO le 23 - 09 - 2013

Apparemment, le débat sur le prix du médicament n'est pas près de finir. C'est un peu l'histoire de l'œuf et de la poule: la baisse des prix que tout le monde appelle de ses vœux devrait-elle venir de l'amont ou de l'aval du secteur ? En tout cas, dans la perspective d'un grand projet de baisse des prix de 1.000 médicaments, cette question reste toujours posée. Aujourd'hui, un projet d'arrêté est en phase finale d'examen par le ministère de la Santé, et concerne la baisse des prix de ces 1.000 médicaments. Il sera ensuite soumis à l'approbation du conseil de gouvernement avant de devenir opérationnel. Après une première vague de baisse des prix ayant concerné 320 médicaments en décembre 2012, cette nouvelle initiative ne peut qu'être louable, selon les intervenants dans le secteur. Une nouvelle méthode de fixation des prix, basée sur le benchmark, a été donc adoptée en remplacement de l'arrêté de 1969. Tous les intervenants y ont adhéré, espérant néanmoins que leurs marges n'en soient pas trop affectées.
Cependant, il faut dire que la première baisse est celle qui a eu le plus d'impact positif. Les médicaments visés alors sont destinés aux pathologies lourdes (cancer, hépatite, insuffisance rénale, etc), tandis que les 1.000 nouveaux médicaments ne concernent que les produits à forte rotation, explique-t-on au niveau des pharmaciens d'officine. Contacté, Mohamed Tadlaoui, SG de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc (FNSPM), estime qu'il va falloir désormais compenser les pharmaciens d'officine. Tadlaoui précise ne pas viser les médicaments chers, mais uniquement les médicaments à bas prix. Sachant que les prix de ces médicaments à forte rotation ne doivent pas changer, la compensation ne peut être appliquée en augmentant la marge des pharmaciens. Or, cette augmentation de marge ne peut, elle aussi, s'effectuer qu'en rognant sur la marge des industriels. Ces derniers rechignent à accepter, pas aussi facilement du reste. Déjà, la première baisse aura coûté 700.000 DH par jour à la Cnops, sans oublier l'impact financier provoqué par la fermeture de sa pharmacie centrale, selon les dispositions de la loi.Toujours est-il, selon Tadlaoui, que le vrai problème n'est pas celui du prix des médicaments, mais celui des caisses «qui n'ont pas les reins solides». Pour lui, il faut que la Cnops adhère, tout comme la CNSS, au principe du tiers payant. Ainsi, le patient ne serait plus en contact direct avec les prix et devrait pouvoir se faire soigner sur présentation de prescriptions, sans se soucier de l'argent. Pour le responsable, le citoyen n'est jamais sensible aux petites baisses de 10 DH, il a besoin de se sentir sérieusement pris en charge lorsqu'il s'agit de maladies graves ou chroniques. Baisser le prix d'un médicament destiné au traitement de la tension artérielle de 200 à 190 DH n'a aucun impact positif ou négatif sur la bourse du patient. Donc, c'est tout le système qui est appelé à être réformé, pas uniquement un seul maillon portant sur le prix.
Pathologies lourdes et coûts
La problème des pathologies lourdes au Maroc est que le coût du traitement est souvent prohibitif. À titre d'exemple, pour les insuffisants rénaux, l'hémodialyse coûte 1.200 DH en moyenne par semaine en plus des 1.500 DH de médicaments par mois. Le traitement d'une hépatite C peut coûter 300.000 DH et celui d'un cancer peut varier entre 250.000 et 600.000 DH. C'est dire combien les choses peuvent se corser, même pour une personne à revenu moyen. Il n'est pas rare que des pharmaciens eux-mêmes s'endettent pour couvrir les frais d'un traitement particulièrement coûteux.


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