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Le coût astronomique des grèves
Publié dans Les ECO le 19 - 07 - 2011

777, 78 %. Non, ce n'est pas le taux de participation au récent référendum d'une région comme Chaouia-Ouardigha ou son estimation pour les prochaines législatives. Ce pourcentage est celui de l'augmentation du nombre de grèves observées durant le premier trimestre 2011, par rapport à la même période de l'année 2010, passant de 45 à 96 mouvements, tous secteurs confondus. Selon Nizar Baraka, ministre chargé des Affaires économiques et générales, qui répondait récemment aux questions des membres de la Chambre des représentants, ce constat se traduit par 31.330 journées de travail perdues durant cette période. Ces débrayages ont touché 83 établissements, employant 25.694 salariés, avec une participation de 8.329 employés, soit 32,4 % de cette masse salariale.
C'est donc une montée en flèche, qui est loin d'être finie, au vu des revendications sociales et salariales quasi quotidiennes qu'ont connues le deuxième et ce début de troisième trimestre 2011. Tous ces chiffres proviennent d'un constat et non d'une étude approfondie. Certes, la grève est un droit démocratique et constitutionnel, mais cela a un coût et un coût très élevé pour les caisses de l'Etat et pour le citoyen. Or, l'exercice qui consiste à faire une étude afin d'estimer le coût des grèves ou leur impact sur l'économie nationale n'a jamais été mené aussi bien par le gouvernement, par les syndicats, par le CMC ou le HCP, que par le patronat, à une exception près, celle de la RAM. En effet, en 2009, cette compagnie avait estimé les coûts engendrés par l'arrêt de travail de son personnel à 11 millions de DH, liés à la location d'avions, soit 4 point de performance. Une coquette somme, qui en dit long sur l'ampleur du phénomène à l'échelle nationale. Selon un grand cabinet de consulting de la place, «jamais une étude dans ce sens ne nous a été commandée.
C'est sûrement dû à une carence dans les bases de données statistiques, les instruments d'analyse et dans la méthodologie». Nizar Baraka avait évoqué la publication prochaine de chiffres détaillés sur les incidences des grèves. Du déjà entendu en 2010, dans la bouche de Habib El Malki, président du CMC, qui prévoyait des chiffres pour 2011. En attendant, on peut se livrer à une estimation certes approximative, mais assez significative, qui se base sur la méthodologie et l'empirisme gaulois. Pour cela, rappelons d'abord quelques éléments de base, tout en les simplifiant. Le PIB se définit comme la somme des valeurs ajoutées des entreprises et des administrations publiques. Pour les premières, le calcul est trivial. Il s'agit de la différence entre un prix de vente et un prix de production. En revanche, ce n'est pas le cas pour la valeur ajoutée des administrations publiques, car ce qu'elles produisent n'est ni vendu ni marchandé. Une méthode très répandue dans le Vieux Continent consiste à estimer cette valeur à son coût sur le budget national.
Donc, pour estimer le coût des grèves, il suffit de multiplier la valeur ajoutée moyenne des entreprises marocaines par le nombre d'entreprise touchées (proportionnellement à leurs grévistes) à laquelle on ajoutera celle des administrations publiques (avec la formule citée ci-dessus et en prenant environ 81 millions de DH comme valeur ajoutée journalière des administrations publiques, basée sur le budget de la loi de finances 2011) multipliée par le nombre de grévistes du secteur public. Quelques calculs acrobatiques plus tard, on n'est pas loin des 40 millions de dirhams de perte par jour. Bien sûr, ces calculs ne sont qu'une estimation grossière, mais ils donnent une première approximation sur l'effet boomerang des protestations sociales. Toutefois, d'autres impacts moins visibles, mais très importants doivent être traités. Hormis la désorganisation générale de l'activité économique et sociale et la perturbation du trafic routier, il existe une corrélation évidente entre le nombre d'investissements étrangers et la fréquence des grèves dans le pays receveur.
Autrement dit, la volonté d'un investisseur va être inhibée par des grèves fréquentes, question de rentabilité de sa masse salariale. Enfin il convient de rappeler que les grèves sont aussi une preuve de l'existence réelle des libertés syndicales et donc d'une démocratie bien ancrée. De plus, le nombre de grèves est souvent un indicateur de progrès et de liberté pour les établissements internationaux de notation.


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