Mustapha El Khalfi, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement./DR Le Réseau des associations victimes d'interdictions (RAVI) accuse le ministère de l'Intérieur d'avoir interdit les activités de 14 associations entre juillet 2014 et 2015. «Nous avons enregistré 150 cas d'interdiction d'activités diverses de nos associations», rapporte Khadija Ryadi, coordinatrice du RAVI, lors d'un point de presse organisé à Rabat le 15 juillet dernier pour présenter le bilan de travail du nouveau réseau. «Cette date coïncide avec le discours du ministre de l'Intérieur au Parlement accusant des ONG de servir des agendas extérieurs. Ces propos ont constitué le point de départ d'une campagne systématique à l'atteinte aux droits de rassemblement et manifestation pourtant garantis par la Constitution», regrette Ryadi. Le RAVI composé de l'AMDH, Amnesty International, IMDH, LMDH, Transparency Maroc, Freedom Now, l'Association marocaine de journalisme d'investigation, l'Observatoire de la justice au Maroc, l'AMCE, ATTAC, Racines, l'Association des droits numériques et le Forum des citoyens vient d'envoyer des lettres de protestation au ministère de la Justice, au ministère des Relations avec le Parlement et la société civile et au Conseil national des droits de l'Homme pour les faire réagir face à cette situation. Le RAVI a pris contact également avec différents rapporteurs spéciaux de l'ONU pour «dénoncer cette situation». Contacté par Leseco.ma, Mustapha El Khalfi, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement a tenu à apporter des précisions sur ce sujet : «Le Chef de gouvernement a donné ses instructions au ministère de l'Intérieur pour appliquer la loi. Maintenant, ces associations peuvent recourir à la justice, si elles s'estiment lésées. D'ailleurs, certaines d'entre elles ont suivi cette démarche et ils ont eu gain de cause». Face aux critiques adressées par le RAVI sur le recul des libertés d'associations et d'organisation, El Khalfi affirme que «l'exercice de ces libertés n'a jamais été autant possible comme en témoigne la dynamique associative que connait le Maroc avec l'existence de 116.000 associations. Le gouvernement accorde une importance toute particulière à ce secteur, le dernier Conseil des ministres à adopter deux textes fondamentaux relatifs à l'exercice de ces droits». Pour rappel, le Tribunal administratif de Rabat avait donné raison à l'AMDH face au ministère de l'Intérieur suite à l'interdiction d'une activité de cette association l'été dernier. Le tribunal avait jugé l'interdiction «illégale» et l'Intérieur a été sommé de payer une amende à l'AMDH de 100.000 DH. Un deuxième jugement par le Tribunal administratif de Fès avait donné également raison à l'AMDH face à l'Intérieur.