Contrairement aux autres sous-secteurs de distribution, le luxe se distingue par le type de profils recrutés pour les postes de conseillers en vente et leur niveaux de salaires. Dans ce secteur, la fourchette des salaires est très variable. À ce titre, Adil Benmlih, directeur général de Bvlgari Maroc avance que «le salaire hors commissions d'un conseiller en vente varie entre 8.000 et 25.000 DH nets par mois. La partie variable du salaire quant à elle, varie entre 0,5 et 1,5% du chiffre d'affaires réalisé par le collaborateur». Et ce n'est pas tout ! Cette capitalisation sur les ressources humaines ressort également au niveau des formations. On apprend ainsi que ces enseignes consacrent des budgets annuels relativement importants pour la formation de leurs collaborateurs au Maroc et à l'étranger. Le cas notamment de Bvlgari, qui a investi pour sa première année d'activité au Maroc un montant de 15.000 dirhams par collaborateur. Toutefois, ce montant ne concerne que la formation assurée par les cabinets nationaux. «Si nous comptons le budget dépensé pour les séjours de formations à l'étranger, l'équation va surement changer», souligne le DG de l'enseigne. Et d'ajouter : «nous formons nos collaborateurs sur deux volers, technique et expertise. Il faut savoir les formations alternatives au Maroc se limitent à l'argumentaire, le comportement face à un client, la gestion des situations de crise... bref tout ce que peut rencontrer un conseiller client dans son quotidien. C'est la raison pour laquelle nous faisons appel à des formations à l'étranger quand cela concerne la formation d'expertise métier». Une chose est sûre : intégrer le monde du luxe n'est pas chose aisée. Du moins à en juger par les propos de Benmlih. «Personnellement... j'ai mis entre 9 mois et un an pour trouver les profils que je cherchais. J'ai fais appel à plus de cinq cabinets de recrutement en plus des sites Internet et des annonces presse. Sans parler du bouche à oreille», souligne-t-il. Il explique d'ailleurs que pour ce type d'enseignes, la recrue doit avoir au minimum un bac+4 pour pouvoir répondre aux exigences de la clientèle. Le conseiller doit avoir un bagage culturel et intellectuelle important conséquent. «En plus de la formation, la bonne gestion et la satisfaction du client demeurent un critère incontournable dans le choix du conseiller», souligne le patron de Bvlgari. Et ça marche. Chez Bvlgari, l'équipe des conseillers, compte ainsi une ex-directrice financière d'une PME de 30 collaborateurs, ainsi qu'une ex-responsable clients dans un des plus prestigieux hôtels de Marrakech. Ces deux cadres n'ont pas hésité à changer de cap pour une nouvelle carrière dans le luxe. Contrairement aux autres filières du secteur la distribution dans le luxe ne souffre pas de turn-over. «Les professionnels se sont mis d'accord sur un code éthique qui interdit à une enseigne de recruter chez les concurrents», soutient Benmlih. Lire aussi: Grand secteur, petites mains Point de vue: Riad Aissaoui, Directeur général adjoint du groupe Label'Vie Nous cherchons différents types de profils. Le secteur de la distribution, plus particulièrement la grande distribution est un vaste ensemble de métiers divers et variés à commencer par les métiers de bouche qui englobent la boulangerie, la pâtisserie, la boucherie, la poissonnerie... Les autres métiers sont liés notamment aux fonctions achats, marketing, informatique, statistiques et vente. Actuellement, la formation ne suit pas le développement du secteur. Autrement dit, aucune école ou université au Maroc ne forme aux métiers et techniques de la grande distribution. Le résultat en est que les compétences qualifiées sont très rares, notamment dans les rangs des cadres, (chef de rayon, chef de département, chef de secteur, chef de magasin et chef de région). Cette pénurie n'a pas d'impact direct sur le niveau des salaires. Ce dernier reste dans la moyenne nationale. En revanche, le coût de la formation interne annuelle rend le coût de revient par salarié au dessus de la moyenne nationale.