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Les voies des statistiques monétaires sont-elles impénétrables ?
Publié dans Les ECO le 13 - 03 - 2016

La banque centrale marocaine a acquis, au fil des années, la réputation d'un sérieux sans faille, voire même d'une certaine austérité. Outre l'image réfléchie à travers la personnalité de son gouverneur, qui n'est pas sans effet sur la teneur de la politique menée au sein de l'institut d'émission, cette perception est renforcée par la rigueur de la politique monétaire de Bank Al-Maghrib, qui s'entête contre vents et marées à rejeter toute forme d'instruments non conventionnels, et à conduire, à marche forcée, l'application des normes prudentielles de Bâle III. Mais l'une des autres missions fondamentales d'une banque centrale réside dans la collecte, la production et la diffusion d'une large gamme de statistiques économiques, financières, bancaires et monétaires, reposant notamment sur les publications institutionnelles et réglementaires des établissements de crédit et sur les données des enquêtes de conjoncture, les statistiques d'entreprises ou de systèmes et moyens de paiement.
Bank Al-Maghrib est tenue de se conformer à la norme spéciale de diffusion des données du Fonds monétaire international (Special data dissemination standard SDDS). À ce titre, elle établit des statistiques normalisées et verse dans le système d'information des données à la fois standardisées et actualisées. Cette activité n'est pas sans conséquences sur les anticipations des agents économiques et sur les évaluations des investisseurs institutionnels et des agences de rating, car elle oriente les activités de recherche en économie bancaire et financière, précise les diagnostics macroéconomiques, fournit les indicateurs d'anticipation des décisions de politique monétaire et informe sur la maîtrise de la stabilité financière. Les statistiques monétaires diffusées récemment par Bank Al-Maghrib ont jeté un certain trouble auprès des économistes avertis, qui s'interrogent sur la fiabilité des données et les conclusions qui en résultent.
La problématique porte sur l'encours des crédits bancaires, dont le ralentissement violent observé depuis 5 ans a poussé la banque centrale, sans résultat notable, à réduire, à deux reprises, son taux directeur de 50 points de base entre septembre et décembre 2014, puis à organiser en janvier de cette année une réunion au sommet avec les banques et le patronat, dont il n'a résulté jusqu'à présent que des paroles, des vœux pieux et, bien entendu, une commission ! Ce qui est en cause, ou du moins l'objet d'interrogations certaines, c'est l'évolution de l'encours des crédits bancaires entre novembre 2015 et janvier 2016.
En effet, cet encours augmente de 19.364 millions de dirhams sur le seul mois de décembre 2015, représentant 93% de la croissance annuelle et permettant ainsi d'afficher une hausse des encours de 2.7% sur l'année. Ce chiffre est accommodant, car il permet de «sauver» l'année au plan statistique et de conclure à une relative efficacité des décisions de politique monétaire décidées au cours du dernier trimestre 2014.
Cette hausse provient essentiellement d'une catégorie «secondaire» des crédits bancaires, en l'occurrence les créances diverses sur la clientèle qui s'apprécient de 17.451 millions de dirhams en un seul mois, tandis que les catégories «principales» des crédits bancaires connaissent des évolutions en encéphalogramme plat ou négatives : crédits à l'habitat (+932 millions de dirhams soit + 0.5%), crédits promoteurs immobiliers (-1.571 millions de dirhams soit -2.6%), comptes débiteurs et comptes de trésorerie (+ 2.544 millions de dirhams soit +1.5%), crédits à l'équipement (+1.213 millions de dirhams soit +0.8%), crédits à la consommation (-108 millions de dirhams soit -0.2%) et créances en souffrance (-1.277 millions de dirhams soit -2.2%).
Il est à noter que les 17.45 milliards de dirhams de crédits en plus sont principalement le fait des autres sociétés financières qui s'accaparent 13.748 millions de dirhams de crédits supplémentaires sur le seul mois de décembre, les secteurs privé et public ne représentant que 5.401 et 215 millions de dirhams respectivement. Ces variations assez chaotiques, si surprenantes qu'elles soient sur un laps de temps aussi bref, deviennent subitement étranges après analyse des statistiques monétaires du mois suivant.
En effet, c'est un phénomène totalement inverse des tendances du mois précédent qui est observé au 31 janvier 2016 : les crédits bancaires chutent de 20.626 millions de dirhams (-2.6%) à 763.927 millions de dirhams, annulant ainsi toute la hausse de l'année 2015. Par objet économique, les créances diverses sur la clientèle sont, comme par hasard, à l'origine de la contreperformance (-17.220 millions de dirhams). Par secteur institutionnel, et toujours comme par hasard, ce sont les autres sociétés financières (-16.961 millions de dirhams) qui portent prés des 5/6es de la chute des encours de crédits bancaires.
Nul doute que les statistiques monétaires et bancaires, précédemment analysées, suscitent des interrogations. Elles dévoilent une grande volatilité des encours de crédits bancaires, en particulier de certaines catégories «secondaires» de crédits et auprès d'un certain type d'opérateurs économiques. Elles requièrent des explications claires et détaillées de la part de la banque centrale, pour pouvoir juger de la réalité de l'activité de production de crédits bancaires et, finalement, de la pertinence de la politique monétaire. Une information biaisée produit un diagnostic déformé et conduit à une politique erronée. L'économie marocaine ne peut se permettre un tel écueil.
Mohammed Benmoussa
Economiste, Membre du Bureau
Exécutif du Mouvement Damir et du Conseil National du Parti de l'Istiqlal


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