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Traitement humiliant des porteuses à Sebta : Une situation «normale» selon la police sebtie
Publié dans Les ECO le 05 - 12 - 2016

Accusée de soumettre les porteuses marocaines à un traitement dégradant, la police sebtie estime qu'elle ne fait que son travail pour éviter les accidents parfois mortels dont sont victimes ces femmes.
Insultes, humiliation et menaces... c'est le pain quotidien des porteuses s'affairant à Bab Sebta, principal passage frontalier entre le préside et le Maroc. Dans un rapport de 113 pages, intitulé, «respect et dignité pour les porteuses de marchandises entre le Maroc et Ceuta», l'association pro-droit humains Andalousie APDHA livre des témoignages poignants sur ces femmes appelées à faire transiter sur leur dos des fardeaux volumineux destinés au commerce de la contrebande. Des deux côtés de la frontière, environ 7.000 femmes portent sur le dos chaque jour, de l'aurore à la tombée de la nuit, des charges dont le poids varie entre 60 et 90 kg, en contrepartie de la modique somme de 100 DH. Une activité qui génère aux caisses de l'enclave 400 millions d'euros selon une étude de l'Université de Grenade. Les enquêteurs d'APDHA ont effectué leur travail sur le terrain, en se postant devant Tarajal, le poste frontière du côté espagnol et la zone industrielle du même nom où s'approvisionnent les porteuses marocaines.
Le gouvernement sebti estime entre 25.000 et jusqu'à 30.000 le nombre des allers-retours quotidiens effectués au niveau de cette frontière, sous forme de couloir étroit. Une situation qui cause des tensions au niveau de ce passage à haut fréquence. Des avalanches ont eu lieu à maintes reprises, aux conséquences tragiques des fois, comme la mort de deux jeunes femmes en 2009. Zohra et Bouchra ont été littéralement aplaties par ses consœurs et leurs surcharges. «Les porteuses sont comme des rats. Elle ne comprennent que le langage du bâton». C'est par ces mots dévalorisants qu'un agent espagnol appartenant au corps anti-émeute décrit la situation aux enquêteurs du rapport de l'APDHA. Contacté par les Inspirations ECO, Jesus Gonzalez, secrétaire général du syndicat unifié de police (SUP) à Sebta a déploré ces «déclarations inappropriées», estimant qu'aucune situation ne justifie de tels propos. «Toutefois, le recours à la violence est parfois nécessaires pour éviter des avalanches et des morts», renchérit un autre policier. «Les flux se sont multipliés par quatre durant les dernières années mais l'infrastructure est la même. C'est une masse incontrôlable, d'où l'obligation de mettre de l'ordre. D'autant plus que les agents ne portent les coups qu'aux fardeaux et jamais directement aux porteuses», se défend cet agent de police. «Avoir faim ne donne pas le droit d'écraser tout le monde.
Les porteuses veulent entrer coûte que coûte. Nous comprenons leurs motivations et le fait qu'elles doivent patienter dès 5h du matin, des fois sous une pluie torrentielle ou un soleil de plomb. Or, cela ne justifie pas les bousculades et de mettre en péril la vie des autres», tente t-il de se justifier. D ́après ce représentants des agents de Sebta affilié à la SUP, les policiers ont aussi leur mot à dire sur l'absence de discipline de la part des porteuses qui veulent accéder en même temps, quitte à écraser le reste. L'agent estime que ses confrères encourent de graves dangers s'ils ne remettent pas l'ordre dans cet étroit espace par lequel transitent ces femmes. «L'usage d'une force minimale est indispensable pour imposer l'ordre», soutient-il. «Ces mêmes agents opèrent aussi au niveau du port et jamais il n'y a eu des plaintes concernant leur façon d'exécuter leur tâches. Ce sont les conditions de travail qui imposent ce genre de comportements», justifie le secrétaire général de la SUP à Sebta. Que propose t-on donc pour fluidifier le passage ? Les représentants des agents de police affiliés à ce syndicat estiment que toute limitation d'accès est la bienvenue pour mieux contrôler les flux. Selon González, l'exemption de visas aux riverains de Sebta attire des personnes d'ailleurs et soumet la frontière à une pression incontrôlable. Le décor n'est pas plus reluisant du côté marocain. Le traitement humiliant et les harcèlements sexuels envers les jeunes porteuses sont monnaie courante de la part des agents marocains, souligne le rapport en citant le témoignage de femmes soumises à cette violence quotidienne.
Les propositions de l'ONG espagnole APDHA
Les travailleurs sociaux l'ONG espagnole APDHA ont mis en place un manuel des bonnes pratiques pour réduire la corvée de ces femmes et ont appelé l'administration sebtie à veiller à sa mise en place afin d'alléger, un tant soit peu, les souffrances de ces travailleuses informelles. Parmi les recommandations phares de ce rapport, la limitation du poids du fardeau à 20 kg. De même, cet organisme a appelé les autorités, marocaine et sebtie à activer les démarches pour l'ouverture du nouveau poste frontière baptisé Tarajal II. Les propositions de l'ONG comprennent également la mise en place d'une zone de repos et contrôle du poids pour éviter des surcharges. Les pouvoirs publics sont priés de mettre en place des toilettes publiques et sources d'eau ainsi que des zones ombragées. Enfin, l'association juge primordiale d'en finir avec les abus de la police (humiliation, pot de vin, réquisition de la marchandise, etc.), et le respect de la dignité des personnes de la part des agents.


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