Arnaud Ribaud, directeur marketing et ventes monde de DS Les Inspirations ECO : Au terme des mois écoulés de 2016, quel bilan faites-vous pour les ventes mondiales de la marque DS ? Arnaud Ribaud : En fait, nous faisons le bilan commercial de DS deux fois par an, le premier à fin juin, l'autre au 31 décembre. Je peux donc vous dire que nous avons eu un premier semestre en croissance en Europe à +2% et en plus forte hausse sur d'autres marchés, comme au Japon où nos ventes ont bondi à +50%. En revanche, nos ventes ont reculé de 19% en Chine, ce qui fait que nos ventes sont plutôt stables à fin juin dernier, avec -2% par rapport au premier semestre 2015. S'agissant du second semestre, nous sommes sur la bonne voie pour atteindre nos objectifs, mais nous ne communiquons pas de chiffres ou de prévisions de volumes. En fait, nous construisons la marque DS non pas sur des volumes, mais plutôt sur d'autres aspects et notamment le développement de nos produits, l'extension de notre réseau, la création de la marque et le travail de son image. La baisse des ventes de DS en Chine, qui est son premier marché d'export, ne vous inquiète pas ? En fait, il faudrait resituer chaque chose dans son contexte. En Chine, nous avons lancé la marque DS en 2012, avec des véhicules importés d'Europe, avant de démarrer une production locale, l'année suivante. En 2014, nous avons introduit deux autres modèles et poursuivi le développement du réseau qui compte aujourd'hui 80 concessionnaires. Donc, vous voyez qu'en Chine, nous avons un projet assez fort et bien installé sur un réseau solide et sur une usine produisant des véhicules à Shenzen. Voilà comment nous avons réalisé près de 27.000 ventes en 2015, volume qui était en phase avec nos ambitions. Au début 2016, le marché chinois de l'automobile premium est devenu extrêmement compétitif et cela, du fait d'une guerre des prix. Or, nous ne voulons pas rentrer dans cette guerre commerciale, car nous sommes en plein développement commercial de la marque. Du coup, nous acceptons de reculer en volume, pour favoriser le développement de ventes saines, surtout celles aux clients particuliers qui restent notre priorité sur ce marché. Donc, pour répondre à votre question, nos résultats en Chine ne nous inquiètent pas et nous continuons notre développement sur ce marché. Comment voyez-vous le développement de DS ? Aujourd'hui la marque DS s'appuie sur deux piliers forts, l'un en Europe, l'autre en Chine. Ensuite et sur le reste du monde, elle se développe sur d'autres régions prioritaires, comme celle dont fait partie le Maroc, mais aussi d'autres marchés comme le Japon ou encore l'Iran où nous avons ouvert un DS Store au début de cette année. Donc nous sommes très confiants en l'avenir de DS. Nous construisons une marque et nous préparons une offensive «produits», avec dès 2018, le lancement d'un véhicule par an. Qu'en sera-t-il au Maroc et à quand l'ouverture d'un premier DS Store ? Au Maroc, nous travaillons avec notre partenaire local (NDLR : Sopriam) pour réussir le développement de la marque DS et en particulier sur le développement de ses trois piliers, à savoir le produit, le réseau et l'expérience client. Pour le réseau, nous allons commencer avec l'ouverture d'un premier DS Store à Casablanca, que nous souhaitons avoir au 4e trimestre 2017. Comment décririez-vous le client DS ? Le client DS est avant tout acheteur d'une voiture premium, avec un fort intérêt pour tout ce qui est luxueux et innovant, puisque DS est la nouvelle marque entrant sur le marché mondial de l'automobile premium, de surcroît avec une inspiration puisée dans le luxe et le savoir-faire français. Ensuite, DS s'adresse à des gens qui ont un potentiel d'achat élevé, mais pas seulement. Ce sont aussi des clients avant-gardistes, ayant une forme de curiosité et d'audace pour découvrir de nouveaux territoires et qui ont un certain goût pour la technologie et le design. En général, le client DS est très ouvert d'esprit et plutôt jeune, comme on le voit en Europe et en Chine, puis surtout, ce n'est pas un suiveur. Certaines sources évoquent l'arrivée prochaine d'un SUV hybride, à quelle échéance sera-t-il lancé ? Il faut environ 4 ans pour le développement d'un nouveau véhicule, de sa genèse jusqu'à son lancement. La marque DS ayant été créée en 2014, c'est à l'horizon 2018 que ce SUV arrivera dans la foulée d'une seconde vague de produits. Pour une marque comme DS, n'est-il pas question d'aller plus haut, avec une grande berline au-dessus de la DS5, histoire de chercher le trio allemand sur son terrain ? Comme je viens de vous le dire, en 2018, nous lancerons la seconde vague de la gamme DS qui sera articulée autour de véhicules allant du segment B au segment D. Il sera question de SUV, mais aussi de berline tricorps, puisque l'on sait que ces deux catégories de véhicules sont le cœur du marché premium mondial. Notre ambition est d'investir de nouveaux horizons et d'incarner le luxe automobile français. Le concept-car E-Tense que nous avons présenté au dernier Salon de Genève donne une belle idée du futur de la marque DS en termes de design et de raffinement, mais aussi en matière d'innovation et de technologie. Vous verrez, notre plan produit va monter en gamme en permanence et montrer tout le savoir-faire de DS.