Benzarti: La victoire en SuperCoupe, un tremplin vers d'autres titres    Un centre régional des métiers d'éducation et de formation voit le jour à Dakhla    Le Maroc adopte le protocole FACTA    Les controverses des «villes sans bidonvilles»!    Le Maroc et le Tchad renforcent leur coopération    Fêtant ses 20 ans, ADMR lance un appel pour la construction de 100 nouveaux ponts    Dakhla et ses potentialités au centre d'un voyage de presse    Même gracié, Alberto Fujimori rattrapé par la justice    Akhannouch expose le projet du RNI à Agadir    L'apport des juifs amazighones à la mosaïque culturelle marocaine    Conférence-débat organisée par le Collectif Démocratie et Liberté    Tanger : Du haschich dans le frigo camion et les couches pour bébés    Le Centre d'Etudes et de recherches Abraham Zagouri sur le droit hébraïque ouvre ses portes à Essaouira    Dialogue interreligieux    Youssef El Arabi :mon sort est entre les mains d'Hervé Renard    Rabat : Un SDF pyromane s'en prend aux guichets bancaires    Taoufik Bouachrine fait l'objet de plaintes pour « agressions sexuelles »    Synonyme de raffinement, le caftan marocain sous les projecteurs à Abu Dhabi    Quand un livre court contre le temps pour sauver sa peau!    Entretien avec Ataa Allah Fadoua, Directrice du CEISIC    Nabil Abouzaid: "le marché digital est en plein essor"    Réaction de Yassine Bounou après la défaite contre le Barça    Justice – Des plaintes pour agressions sexuelles à l'origine de l'interpellation de Taoufik Bouachrine    Le Wydad au sommet de l'Afrique    African Digital Summit : les moments forts de la deuxième journée    38 morts dans un double attentat à Mogadiscio    Touafik Bouachrine sujet d'une enquête judiciaire    La SNRT remporte le premier prix de la meilleure innovation digitale    Le Maroc au Salon international de l'agriculture à Paris    Baccalauréat : « Aucune matière n'a été remplacée ou supprimée »    Deux morts dans une fusillade en plein centre de Zurich    Quatre morts et six blessés dans un accident sur l'autoroute Casablanca-Rabat    Brèves Internationales    Eco-Trail du Lac Lalla Takerkoust: Un nouveau souffle pour l'écotourisme sportif    «Nouvelle aventure» pour Vallaud-Belkacem avec Ipsos    Le musée YSL Marrakech expose les Robes Sculptures de Noureddine Amir    Mehdi Qotbi reçu à l'Elysée par Mme Brigitte Macron    Face au TP Mazembe en Supercoupe d'Afrique : Le Wydad a rendez-vous avec l'histoire    UE: Un sommet à 27 pour débattre du budget post-Brexit    3e Résidence francophone d'écriture pour le film d'animation à Meknès !    Le cerveau des attaques du 13 novembre est mort    Le président Trump veut armer « certains » enseignants pour faire face aux fusillades scolaires    Le DHJ et la RSB valident leur qualification    Arrestation à Fès de 3 individus impliqués dans l'enlèvement d'un enfant    Indice de perception de la corruption 2017 : Le Maroc gagne 9 places    Hiba Rec annonce ses gagnants de la session Rock    Sérieux outsider    Le gouvernement n'a pris aucune décision sur la suppression de certaines matières du cycle du baccalauréat    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Comment arriver à une école de l'équité
Publié dans Les ECO le 23 - 01 - 2018

Le rapport présenté hier par le Conseil supérieur de l'éducation sur les métiers de l'éducation a mis l'accent sur le facteur humain pour un nouveau modèle économique. L'héritage social -la famille entre autres- participe à raison de 80% au niveau éducatif de l'élève contre 20% concernant l'impact de l'école, selon le conseil.
La 13e session du Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique a été spéciale à plus d'un égard. Lors d'une conférence de presse tenue hier à Rabat, le secrétaire général du conseil a souligné que cette session a été l'occasion de confirmer la volonté d'amélioration du rendement de l'institution et le renforcement des partenariats avec les départements concernés. À cet égard, trois conventions ont été signées concernant l'échange des informations et des documents avec les partenaires. Plusieurs autres axes ont fait l'objet de débats durant cette session, à savoir le renforcement des prérogatives du conseil en liaison avec la réflexion nationale autour du modèle économique. Dans ce sens, l'angle retenu est celui d'une école basée sur l'équité et l'égalité des chances. Secundo, le rapport du Conseil sur les métiers de l'éducation en tant que vecteur de la réforme de l'école. Tertio, l'ouverture sur les activités d'évaluation internationales, principalement en sciences et en mathématiques, sur la base du rapport TIMSS de 2015. Quarto, mener une réflexion profonde sur les rôles du conseil, trois années après sa création.
Le rapport sur les métiers de l'éducation, présenté par Rahma Bourqia, directrice de l'Instance nationale d'évaluation relevant du conseil, s'appuie justement sur le principe d'une école pour la justice sociale dans le cadre de la réflexion globale sur le modèle économique du pays. Il s'agit de voir comment les inégalités sociales et d'accès à l'école peuvent impacter le modèle économique. Un constat s'impose d'emblée: les élèves ne sont pas égaux face à l'école, socialement parlant. Pour Bourqia, ces inégalités ne sont pas acceptables car elles altèrent le principe même d'égalité d'accès à l'enseignement, et partant d'égalité des chances. Certes, souligne la responsable, il y a eu des avancés démocratiques avérées surtout depuis l'adoption de la Constitution de 2011, mais l'école en constitue toujours une entorse.
À cause des inégalités éducatives, les pertes en développement sont de l'ordre de 45,8% selon un rapport du PNUD de 2015. Le modèle économique est tributaire de la manière dont on traitera ces inégalités. L'héritage social -la famille entre autres- participe à raison de 80% au niveau éducatif de l'élève contre 20% concernant l'impact de l'école, selon le conseil. L'on constate aussi un clivage entre le privé et le public en matière d'éducation, qui débouche sur une sorte de ségrégation sociale. Le système éducatif reste ainsi largement non inclusif, sans compter la faiblesse d'intégration des enfants à besoins spécifiques et le taux d'abandon qui reste élevé et coûte plus de 2 MMDH au budget de l'Etat. L'enseignement supérieur a aussi été rattrapé par ce clivage public-privé. Tous ces facteurs assènent un coup au principe de méritocratie, et sont assortis d'un coût social et économique incontestable.
Le conseil recommande de commencer par juguler les sources de l'analphabétisme et mieux cibler les programmes de soutien comme Tayssir, Un Million de cartables... via une approche préventive. L'on recommande aussi de parvenir à un enseignement obligatoire de 4 à 15 ans qui soit équitable et de qualité et, surtout, susciter la curiosité des élèves avec un bon socle commun de connaissances pour tous. Quant à la formation professionnelle, il faut qu'elle soit plus flexible pour changer d'orientation facilement, avec des troncs et des passerelles entre spécialités. Mais le plus important dans cette approche est de faire en sorte que tous s'approprient l'école, ce qui passe par une gouvernance de proximité et le renforcement du pouvoir de décision du directeur de l'école et du staff pédagogique. Tout cela pour dire que le capital humain est le seul à même de permettre un développement économique sur la base d'une constructions des capabilités, et à leur tête l'éducation. Il faut aussi donner de l'importance aux langues arabe et amazighe, sans oublier les langues étrangères. Toutes ces réformes versent dans l'ancrage d'une classe moyenne solide et large à même de renforcer le développement du pays. Enfin, il va falloir réfléchir aux changements dans les métiers que connaîtra le monde, sachant que 65% des élèves qui accèdent à l'école aujourd'hui exerceront des métiers non encore connus. C'est donc aujourd'hui qu'il faut se pencher sur les métiers de l'enseignement sur la base de la professionnalisation, de l'école l'indépendante et surtout d'une vraie culture de l'évaluation.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.