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Les MRE, une valeur sûre
Publié dans Les ECO le 15 - 09 - 2010

Les Marocains d'Espagne se démènent pour envoyer de l'argent à leurs proches au Maroc malgré la crise et la perte des ressources. Si le collectif marocain est celui qui a enregistré la perte la plus importante dans le nombre des affiliés à la sécurité sociale, il n'en demeure pas moins que les envois effectués par les Marocains restent tout de même importants, au vu de la conjoncture actuelle et les caractéristiques de la communauté. Ces derniers sont les plus touchés par la perte des affiliés à la sécurité sociale, avec une baisse de 7,8%. Leur nombre est passé de 238.048 en décembre 2008 à 219.419 en décembre 2009. Cela fait dire aux rédacteurs du rapport réalisé par l'organisation à but non lucratif Remesas, et inspiré par des données rendues publiques par Banco de España, que le recul de 22,6% est logique. Selon les résultats publiés par Banco de España, les envois effectués par les nationaux se sont établis à 299,5 millions d'euros en 2009 contre 387 millions d'euros en 2008. Sur le classement des destinations des transferts effectués sur le sol ibère, le Maroc arrive en 5e position, ex aequo avec le Paraguay. Cependant, cette baisse ne date pas d'hier. Entre 2007 et 2009, les transferts ont dégringolé de 31%. Outre le Maroc, le Sénégal et le Brésil ont vu également les recettes de leurs citoyens établis en Espagne se réduire comme une peau de chagrin. Ces chiffres démontrent, comme l'a souligné Remesas, que ces communautés sont les plus affectées par la crise économique. Cela prouve encore une fois, que la crise économique s'attaque, sans merci, aux communautés les plus vulnérables du point de vue formation et qualification professionnelle. Mais globalement, toutes les communautés ont vu leurs économies s'essouffler, comme l'indique le rapport du Banco de España, qui révèle que les transferts se sont écroulés de 9,7% en 2009.
L'Espagne, premier émetteur de transferts
Cette tendance à la baisse a discrètement reculé au cours du 4e trimestre. Elle serait attribuée aux emplois saisonniers dans le secteur agricole comme la collecte des oranges à Valence ou celle de la fraise. L'Amérique latine reste indétrônable comme continent où atterrit le gros lot des transferts vu l'importance de la communauté hispanique résidant en Espagne. Conséquence logique de la récession, la tendance baissière se poursuit, mais il faut souligner que le rapport de la Banque centrale espagnole ne concerne que les agences accréditées de transferts. Il n'inclut pourtant pas les sorties d'argent réalisées via la poste ou les banques, lesquelles rivalisent d'ingéniosité pour appâter cette clientèle et proposent, des fois, des envois gratuits contre une domiciliation bancaire du client. En comparaison avec les chiffres précédents, il s'agit d'une chute beaucoup plus importante que celle de 7,2% enregistrée en 2008. Cette année là, les envois avaient totalisé 7.131 millions d'euros contre 7.898 millions durant l'exercice précédent. Le record des envois a eu lieu en 2007 avec 8.449 millions d'euros. Cela place l'Espagne en première position de pays européen émetteur des transferts. Cela trouve aussi son explication dans le fait que l'Espagne est le pays européen qui abrite le taux le plus élevé d'immigrés provenant de pays en dehors de la zone euro. Ils sont 3,7 millions d'immigrés hors Union européenne, selon le dernier rapport d'Eurostat. Certes la crise est responsable du recul impressionnant de ces sorties, mais d'autres raisons sont aussi derrière ce repli.
La famille d'abord
Selon Alicia Lynch, une analyste économique, les immigrés ont freiné la cadence des envois. Pour minimiser les commissions des transferts, ils guettent le moment idoine où le taux de changes sera au plus bas pour payer moins de frais. Par conséquent, la somme envoyée est plus importante. Il faut savoir que l'Espagne est le pays communautaire où les frais de transfert sont parmi les plus bas au sein de l'eurozone. Mais tous les immigrés font un grand effort de privation pour pouvoir maintenir ces envois à leurs familles. Un constat approuvé par A. Abderahim, gérant d'une agence de transferts nichée dans un quartier à forte population immigrante, marocaine et latino-américaine. Ses clients marocains continuent toujours à faire parvenir leurs économies à leurs proches au Maroc. «Ce qui a changé c'est la quantité. Si avant la moyenne était de 300 à 400 euros lors de chaque envoi, à présent, la somme ne dépasse guère 200 euros», souligne ce gérant. Les immigrés marocains se serrent la ceinture autant qu'ils peuvent et cassent leur tirelire pour pouvoir acheminer leurs gains, quitte à envoyer 100 euros. «Je connais des clients qui se privent et mènent un train de vie drastique mais ne peuvent faillir à cet engagement, du moins une fois chaque trimestre. La preuve : nous maintenons toujours le même rythme des mouvements effectués qu'avant la crise. Environ 500 envois par mois», ajoute notre source. Pour éviter de débourser les frais de cette transaction, certains optent pour l'informel. Proximité géographique oblige, les plus futés recourent à des «connaissances» qui effectuent des allers-retours très fréquents entre le Maroc et l'Espagne. Il y a aussi des réseaux spécialisés dans la collecte de ces sommes d'argent en Espagne et un tiers se charge de livrer l'argent au Maroc, directement. «Certaines agences pratiquent des transferts au noir. Ce sont notre bête noire et on ne cesse dénoncer ces pratiques auprès des autorités financières, en vain», se lamente Abderahim. Ces agences sont sanctionnées de temps à autre par des amendes, mais continuent à avoir pignon sur rue. De manière générale, le marché, à l'image du pays, effectue la traversée du désert. Les 54 agences de transfert d'argent que dénombre la péninsule ont enregistré, avec beaucoup de peine, un bénéfice de 175.000 euros en 2009. Les agences soufflent un peu après un exercice désastreux en 2008. À peine 23 agences affichent un résultat positif, contre 27 agences dont les voyants sont au rouge.


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