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Benchmark de l'intégration financière
Publié dans Les ECO le 05 - 07 - 2012

Prendre exemple sur d'autres pays aiderait sensiblement les pays nord-africains à accélérer le rythme de la mise en œuvre du processus d‘intégration financière. Ils devraient ainsi se baser sur des fondements solides pour réussir leur intégration. L'exemple le plus frappant est celui de l'Union européenne (UE), dans le sens où cette région est la plus avancée dans ce processus. Cela n'empêche nullement d'accorder un intérêt aux autres expériences notamment celles africaines et asiatiques qui seraient d'une grande utilité pour notre région, du fait de la similitude de certaines caractéristiques macroéconomiques. En clair, les asiatiques disposent de deux expériences phares, à savoir du Conseil de coopération du golfe (CCG) et de celle de l'Asie de l'Est. L'objectif de départ pour le CCG était de relier les places boursières malgré la faiblesse de la volonté politique. La réussite des 6 pays du CCG n'est plus à négliger. Elle s'est concrétisée par l'instauration d'une union douanière et d'un marché unique. Plus encore, actuellement la réflexion a été engagée en vue de créer une monnaie unique. En fait, ces pays peuvent d'appuyer sur un élément d'importance en maîtrisant leur taux de changes grâce à l'ancrage de leurs monnaies locales au dollar américain. Il convient d'ajouter à ce niveau que leur statut commun en tant qu'exportateurs de pétrole leur a facilité la mission d'intégration. Toujours dans la même région, le stade d'intégration parfaite n'est toujours pas atteint, car les pays du CCG sont toujours au stade de l'émergence d'une coopération pour l'adoption des politiques économiques communes. Ceci dit, les pays de l'Afrique du Nord, qui disposent pour leur part de plusieurs similitudes sur les plans culturel, naturel et économique, pourraient à leur tour développer des actions de coopération aboutissant à des stratégies communes pour affronter la crise actuelle, ainsi que les prochaines crises qui se profileraient dans le futur. À la différence des pays asiatiques, la volonté politique dans les pays de la région, notamment de l'Union du Maghreb arabe (UMA) est déjà là. Il ne reste qu'à accélérer la mise en oeuvre de cette volonté.
Par ailleurs, l'expérience des pays de l'Afrique subsaharienne ne passe pas inaperçue. En effet, la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), comprenant 6 pays, est l‘un des groupements régionaux les plus structurés. De facto, le processus d'intégration financière et monétaire est avancé grâce à l'instauration d'institutions communautaires communes de supervision du système financier et la mise en place de la surveillance multilatérale des politiques macroéconomiques et financières ainsi que d'un cadre légal harmonisé. Toujours dans la même lignée, le Maroc via Casablanca Finance City (CFC), qui ambitionne d'être une place et un hub financier régional, pourrait œuvrer activement dans ce domaine en provoquant les liaisons et les pistes d'unification des places financières et ceci indépendamment de leurs tailles. Aujourd'hui, une seule double cotation est à enregistrer dans la région maghrébine, c'est celle de la société tunisienne Ennakl qui est cotée à la Bourse de Casablanca et à la Bourse de Tunis. Ce qui nous pousse à dire qu'augmenter le nombre des doubles cotations devrait accroître sensiblement la notoriété des places boursières et permettre aux investisseurs de lever des fonds sous d'autres cieux. Hormis l'instauration d'une monnaie unique et la création de Bourses régionales, les experts des Nations Unies estiment que l'intégration financière est faible. Ce constat est attribuable au sous-développement du système financier qui accuse un grand retard à rattraper et qui reste dominé par le secteur bancaire.
L'expérience européenne sous la loupe
L'UE, le principal partenaire économique et commercial des pays de l'Afrique du Nord est considéré comme la plus importante expérience économique régionale et financière. Cette expérience permet une libre circulation des flux commerciaux, financiers ainsi que des personnes dans 27 pays, en plus d'une monnaie unique «l'Euro». Mais pour arriver à ce stade, un travail de fond a débuté il y a plus d'un demi-siècle. Par ailleurs, l'expérience européenne commence à connaître ses limites. Impactés de plein fouet par la crise économique et financière, les pays membres ne cessent d'adopter des politiques d'austérité et d'enregistrer des récessions importantes. Bien que cette région ait longtemps été portée par un vent favorable, l'expérience européenne n'est pas duplicable au niveau nord africain. Pourtant, ce qu'il est important de retenir, c'est qu'il s'agit d'un processus qui a nécessité beaucoup de temps pour être mis en place. Alors, l'objectif pour les pays de notre région est d'aller de l'avant, progressivement et d'une manière flexible, en s'adaptant aux spécificités de chacun, pour ne pas repenser plus tard une désintégration, comme c'est le cas dans la zone euro, où le seul mot d'ordre est comment sortir de la crise ?
Karima Bounemra Ben Soltane,
Directrice du Bureau pour l'Afrique du Nord de la Commission économique des Nations-Unies pour l'Afrique.
«Il faut travailler en amont»
Les Echos quotidien : Quel est le rôle de la CEA, particulièrement de son bureau pour l'Afrique du Nord en matière d'intégration financière dans la région?
Karima Bounemra Ben Soltane : Notre rôle est d'accompagner les intervenants à la compréhension du plan d'action mis en place pour l'intégration financière par les pays de la région.
Vous savez, quand il y a des décisions prises au niveau des commissions techniques, il y a bien sûr des propositions qui sont faites et certaines nécessitent d'être entérinées sur le plan politique. Donc, on attend qu'il y ait un sommet pour qu'un certain nombre de recommandations et de décisions avancent. C'est principalement le cas pour les décisions à dimension stratégique et sensible. En revanche, cela n'empêche pas que le travail au niveau technique continue d'avancer. Dans ce sens, les experts des différents domaines du système financier se réunissent d'une manière régulière. Par ailleurs, nous avons fait une étude sur le potentiel commercial, pour montrer si les pays ont atteint leur potentiel commercial avec les autres pays. Pour certains, ce potentiel est atteint et ils ne peuvent pas faire plus. Pour d'autres, il y a encore des chantiers à exploiter. À ce titre, dans quelques semaines, nous allons lancer une étude sur la sophistication et la diversification des économies nord-africaines. Ensemble, on peut aller vers d'autres marchés, à l'instar de pays de l'Asie qui sont en train de prendre de plus en plus la part de l'Europe au niveau du commerce mondial.
Est-ce qu'il y a des réflexions sur la mise en place d'une monnaie unique au sein des pays maghrébins ?
Oui, il y a des réflexions et des études sur ce sujet. C'est l'une des questions que nous soumettons à nos experts. Il faut savoir qu'il y a des étapes à respecter dans un processus. La monnaie unique n'est pas forcément la première de ces étapes. Il existe bien évidement des régions qui se sont faites avec cette étape là en préalable, notamment au niveau des pays de l'Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). Au niveau de notre région, il faut un travail en amont et essayer d'harmoniser les procédures et mettre ensemble les législations qui permettront aux pays d'échanger dans des meilleures conditions. Je veux dire aussi, que par rapport à d'autres régions, le temps est venu d'accélérer le processus sur ce qu'on appelle le coût du non Maghreb et chaque jour, on perd des points de croissance et des points de bien-être et nos populations aujourd'hui réclament très fort de meilleures conditions de vie et de travail. In fine, nous recherchons une croissance durable, créatrice d'emplois et de bien-être.


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