Parcours Talentueuse, pétillante et joli petit minois de surcroît, l'actrice va courir les castings à Paris. Les plaisirs de la scène ont fini par la décider : c'est la comédie, sa nouvelle passion. Elle se rappelle ses débuts «titubants» dans un milieu plutôt étanche. Elle évoque avec beaucoup d'ironie le «racisme des castings». Saïda était à mi chemin : soit trop, soit pas assez arabe. Difficile à «catégorier», ce petit bout de femme plein d'énergie et d'espoir, qui persiste et arrive tout de même à percer et à se faire connaître. Après «Les Casablancais», elle enchaîne avec d'autres productions françaises tels «Chemins de traverse» (1999), «C'est la vie» (2000), «kusskuss» (2003). La télévision l'accueille à bras ouvetrts et lui offre plusieurs rôles clés. «Changement de cap», «l'Algérie des chimères», «Les enfants de Charlotte», «La crim», «L'adieu» et dernièrement «Ali Baba»... Saïda est dans son élément, mais elle n'en reste pas moins fidèle à ses premières amours : le théâtre. Avec une dizaine de pièces à son compte, elle se met à l'écriture et c'est «M. Accordéon» son premier bébé. Elle travaille également sur son nouveau spectacle, autobiographique intitulé «La fille du nord». Saïda Jawad est désormais sur tous les fronts ! Forte de ses succès sur les planches, au cinéma ou sur le petit écran, l'actrice franco-marocaine s'apprête à tourner une nouvelle fiction en 2010 pour le compte de France 3. Et c'est justement elle, qui s'occupe de l'écriture du scénario de «Tout est bon dans le cochon». La compagne de Gérard Jugnot y incarne le rôle de l'héroïne: une Parisienne au chômage qui, excédée par sa situation critique, finit par accepter l'offre du maire d'un village perdu dans la Creuse. Il s'agit de reprendre la charcuterie du village, mais un petit problème se pose: la jeune femme, d'origine marocaine, n'a jamais mangé de porc de toute sa vie! Après ce nouveau film, Saïda Jawad, enchaînera avec le tournage de la suite de «Aïcha» de Yamina Benguigui, aux côtés de sa compatriote Sofia Essaïdi, pour le compte de France 2, cette fois-ci. Télévision, cinéma, théâtre, Saïda Jawad est une comédienne touche-à-tout. Depuis ses débuts prometteurs en 1998 dans «Les Casablancais» d'Abdel Kader Lagtaâ, la jeune femme ne s'est jamais laissée démonter. Les obstacles, les réticences, les dépits... elle a su les détourner à sa manière énergique. Dans son spectacle à succès «Monsieur Accordéon», l'actrice s'est racontée en dévoilant son histoire, celle de l'intégration d'une petite fille issue d'une famille d'immigrés. «En fait, c'est très particulier comme travail, dans la mesure où j'y raconte une partie de ma vie, mes émotions, mes espoirs et mes déceptions», nous raconte Saïda Jawad d'une voix émue. Esprit, émotion et tendresse sont au menu de ce spectacle autobiographique. Saïda y replonge dans son passé. Avec un humour affecté, elle raconte son «mariage arrangé», procédure imposée par un père trop soucieux d'intégrer sa fille, de la «franciser». Présenté au Maroc en 2009, lors d'une tournée nationale dans les Instituts français, le spectacle était une façon de rapprocher l'actrice du public marocain, de l'inviter dans son univers personnel. Courtiser ses compatriotes de spectateurs, tout en se révélant telle une chrysalide... Saïda l'a fait avec une grande sensibilité. De la fillette enfant d'immigrés marocains à la femme épanouie, de la musique au théâtre, du pays minier aux plateaux parisiens... Saïda Jawad s'offre en toute générosité.