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Bourse : le marché financier lorgne le secteur agroalimentaire
Publié dans Les ECO le 03 - 02 - 2025

L'agro-industrie représente près d'un quart de la valeur ajoutée industrielle. Générant plus de 50 milliards de dirhams de chiffre d'affaires, elle fait preuve d'une résilience notable, même en périodes de turbulences. Pourtant, seules sept entreprises du secteur sont aujourd'hui cotées à la Bourse de Casablanca. D'où cette question récurrente parmi les observateurs : qu'est-ce qui retient les acteurs de ce poids lourd de l'économie de franchir le pas de la cotation ? Explications.
La Bourse fait souvent figure de baromètre de la confiance des investisseurs, s'agissant d'un espace où, au-delà des performances financières, l'économie dévoile ses battements les plus subtils. Ceci dit, sur la place financière casablancaise, il est difficile de tâter le pouls d'un secteur en particulier, celui de l'agro-industrie.
Longtemps considéré comme l'un des piliers de la production industrielle et plébiscité, entre autres, pour sa résilience face aux aléas conjoncturels, le secteur maintient ses distances vis à vis des marchés financiers. D'où cette question récurrente parmi les observateurs : pourquoi les acteurs de ce poids lourd de l'économie nationale hésitent-ils à franchir le pas de la cotation ? C'est tout l'enjeu de l'opération séduction menée auprès des opérateurs agro-industriels en marge d'une conférence vendredi dernier, au siège du ministère de l'Industrie et de l'Investissement, à Rabat.
Objectif recherché : inciter les enseignes locales à prendre place sur les marchés financiers. «Les premières introductions en bourse dans l'agroalimentaire remontent à plus de 50 ans. Aujourd'hui, sept entreprises du secteur pèsent 8% de la capitalisation boursière. Les performances actuelles du marché montrent l'intérêt croissant des investisseurs pour cette industrie stratégique», constate Tarik Senhaji, directeur général de la Bourse de Casablanca.
En effet, l'industrie agroalimentaire concentre près d'un quart de la valeur ajoutée industrielle et engrange plus de 50 milliards de dirhams (MMDH) de chiffre d'affaires, sans oublier la résilience dont le secteur fait preuve en périodes de forte turbulence.
La Bourse, levier de croissance
Pour inciter les opérateurs à franchir ce cap, deux conventions visant à faciliter l'accès des entreprises du secteur aux financements ont été conclues, en présence de Ryad Mezzour, ministre de l'Industrie et du Commerce et de Nezha Hayat, présidente de l'Autorité marocaine du marché des capitaux.
Etaient également présents des opérateurs issus de la Fédération nationale de l'agroalimentaire (FENAGRI) et de la Fédération des industries de transformation et de valorisation des produits de la pêche (FENIP) ainsi que des responsables de la Bourse de Casablanca.
« L'objectif est d'attirer un maximum de petites entreprises en bourse. L'expérience montre que celles qui s'introduisent améliorent leur gouvernance et franchissent un cap en termes de croissance. Il est impératif de diversifier les sources de financement car le crédit bancaire représente encore 90% des financements de l'économie marocaine», explique Chakib Laâlej, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).
Potentiel à l'export
Ces engagements traduisent une volonté affirmée de structurer et dynamiser le recours aux marchés financiers pour accompagner la croissance d'un secteur clé de l'économie. Au-delà de son poids, ses exportations ont presque doublé en dix ans, passant de 23 à 43 MMDH.
Pourtant, à en croire certaines estimations, «80% des entreprises restent tournées vers le marché domestique», ce qui augure d'un «potentiel immense» à l'export.
En cela, l'enjeu du financement est central, selon Leila Bennis, managing partner chez Naos Consulting, pour un secteur dont le potentiel d'investissement est de 25 MMDH.
À noter toutefois que les entreprises agroalimentaires, en l'occurrence à prédominance familiale, ne disposeraient que d'une capacité d'autofinancement ne dépassant pas les 10 MMDH, avec des niveaux d'endettement déjà élevés.
«Si l'on veut accompagner le développement du secteur agro-industriel, le recours à des financements externes est incontournable. Et cela ne peut pas uniquement reposer sur le système bancaire», tranche Leila Bennis.
Ainsi, la cotation en bourse constitue un outil stratégique à même de combler ce déficit de financement. Les données comparatives présentées en marge de cette rencontre révèlent qu'une introduction en bourse génère une surperformance de 5 à 7 points en matière de croissance annuelle par rapport aux entreprises non cotées. Au-delà du financement, la bourse offre aux entreprises une meilleure crédibilité, une visibilité accrue et un accès facilité aux marchés internationaux. L'exemple des marchés émergents est édifiant. En Turquie, en Egypte ou en Thaïlande, de nombreuses entreprises agroalimentaires ont utilisé la bourse pour se structurer, croître et s'internationaliser.
«Dans ces pays, les entreprises cotées ont non seulement consolidé leur présence locale, mais ont aussi saisi des opportunités pour exporter davantage et investir à l'étranger», explique Laila Bennis.
Si l'intérêt d'une introduction en bourse semble évident, plusieurs obstacles freinent les entreprises. D'abord, un frein culturel et/ou psychologique. La bourse est perçue comme un univers complexe et intimidant, où la crainte du contrôle prend souvent le pas sur les opportunités offertes.
Ensuite, la réticence face à la transparence pour de nombreuses entreprises qui redoutent les obligations de divulgation financière et le risque d'un contrôle fiscal renforcé. Enfin, un processus de cotation jugé lourd et coûteux .
Manque d'incitives
Un benchmark à l'international, notamment en Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis, montre que d'autres pays ont mis en place des solutions en vue de surmonter ces obstacles et de dynamiser leur marché.
Parmi les stratégies adoptées, la création de marchés parallèles, aux exigences allégées par rapport au marché principal, permet aux entreprises de se familiariser avec la gouvernance boursière avant une cotation complète. Un autre levier serait des incitations fiscales adaptées, comme des déclarations fiscales rectificatives ou des exonérations temporaires pour éviter qu'une introduction en bourse ne se transforme en passif fiscal.
Enfin, la mise en place d'un accompagnement dédié, à l'image du programme Abu Dhabi IPO Fund, doté de 1,4 milliard de dollars, pourrait accélérer le rythme des introductions en bourse.
L'ouverture du marché boursier aux acteurs de l'agro-industrie pourrait offrir un levier de financement et d'expansion, à un moment où le Maroc ambitionne de doubler la part de l'investissement privé dans l'économie. Reste à lever les résistances, essentiellement d'ordre culturel, pour permettre au secteur de franchir cette étape décisive de son processus de développement.
Deux conventions pour ancrer l'agro-industrie en bourse
Le secteur agroalimentaire franchit un cap vers le financement boursier. Deux conventions ont été signées, vendredi 31 janvier à Rabat, entre le ministère de l'Industrie, la CGEM, la Bourse de Casablanca et plusieurs fédérations sectorielles.
Objectif recherché : structurer l'accès des entreprises industrielles aux marchés financiers et les sensibiliser aux opportunités de la cotation. Encore peu investie par les acteurs de l'agrobusiness, la Bourse entend s'imposer comme un levier de croissance.
En ce sens, une feuille de route a été tracée pour inscrire cette dynamique dans la durée et renforcer l'attractivité du secteur auprès des investisseurs.
Ayoub Ibnoulfassih / Les Inspirations ECO


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