Porté par un clip réalisé par Reda Lahmouid, le titre Twehechtek s'inscrit dans une démarche où musique et image dialoguent autour de la mémoire, de l'absence et de l'errance urbaine, faisant de Casablanca un personnage à part entière. Une chanson intime entre lucidité et mélancolie Née dans le silence de la nuit, « Twehechtek » s'inspire d'un état émotionnel récurrent plutôt que d'un événement précis. La chanson évoque ce moment suspendu où l'agitation du monde s'efface pour laisser place aux souvenirs et à l'introspection. Le titre, qui signifie « tu m'as manqué », s'impose par sa simplicité directe et assumée. Il ne cherche ni explication ni résolution, mais constate un sentiment persistant, ancré dans la mémoire. Sara Moullablad explore un manque situé dans un entre-deux émotionnel, loin de toute dramatisation excessive. Il s'agit d'un manque lucide, observé avec douceur et retenue, qui s'adresse autant à un amour passé qu'à cette part de soi qui continue de se souvenir. À travers une écriture épurée et maîtrisée, l'artiste amorce un parcours musical pensé comme un ensemble cohérent, où chaque titre prolonge et éclaire le précédent. Un clip où Casablanca devient mémoire vivante Réalisé par Reda Lahmouid, le clip de « Twehechtek » prolonge l'univers émotionnel de la chanson en proposant une lecture visuelle du manque et de la fragilité des souvenirs. La mise en scène joue sur des ruptures de continuité et des détails volontairement imparfaits, traduisant l'instabilité de la mémoire affective et la confusion intérieure du personnage. Casablanca occupe une place centrale dans le récit. La ville, filmée comme un espace de déambulation nocturne, devient le réceptacle des souvenirs et des absences. Elle agit comme une mémoire vivante, intimement liée aux trajectoires personnelles des personnages. Aux côtés de Sara Moullablad, Ayoub Gretaa incarne une présence masculine ambiguë, oscillant entre réalité et projection mentale. Sa performance, marquée par une grande sensibilité, renforce la dimension introspective du projet. Avec « Twehechtek », Sara Moullablad signe une œuvre à la fois intime et universelle, qui aborde le manque non comme une blessure spectaculaire, mais comme une trace discrète et persistante, inscrite dans la nuit et les rues de Casablanca.