À Madrid, les négociations sur le Sahara occidental ont révélé les divergences entre le Front Polisario et les Etats-Unis, ces derniers rejetant les propositions sahraouies et algériennes, notamment sur l'organisation d'un référendum et un accord commercial. Malgré une ouverture sur l'autonomie, le Polisario conditionne tout progrès à des garanties internationales et une amnistie générale. DR ‹ › À l'issue du premier round de négociations sur le Sahara occidental, tenu dimanche et lundi à l'ambassade des Etats-Unis à Madrid, une source proche des hauts responsables du Front Polisario a livré des éléments sur les positions défendues par la délégation sahraouie, conduite par Mohamed Yeslam Beissat. Selon un document consulté par Yabiladi, le mouvement dirigé par Brahim Ghali n'a pas formellement rejeté la proposition marocaine d'autonomie. Il a toutefois conditionné toute avancée à l'organisation d'un référendum, à l'issue d'une période transitoire d'autonomie. Une exigence également soutenue par la délégation algérienne. D'après Abba Bouzid, ancien détenu politique du Front aujourd'hui installé en France, ces deux demandes ont été écartées par les représentants américains. Le Polisario a par ailleurs réclamé une amnistie générale en faveur de l'ensemble des détenus sahraouis. Il a également demandé des «garanties internationales» pour assurer la mise en œuvre d'une solution politique, indiquant que les modalités concrètes seraient précisées ultérieurement. La question du retour des populations vivant dans les camps de Tindouf a également été abordée. Les discussions ont porté sur les aspects techniques du rapatriement, notamment le logement, les moyens de subsistance et les mécanismes d'intégration. Plusieurs revendications écartées par Washington Toujours selon la même source, les négociateurs du Front ont proposé à l'administration Trump un accord commercial jugé favorable aux Etats-Unis, en contrepartie d'une plus grande marge de manœuvre pour «présenter et défendre leur position», sans être contraints d'adhérer à l'initiative marocaine d'autonomie. Une démarche comparable à celle de l'Algérie, dont l'ambassadeur à Washington, Sabri Boukadoum, avait suggéré en mars 2025 un accord similaire en échange d'un gel de la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Ces deux propositions ont été rejetées par Washington. Pour rappel, en 2002, Bachir Mustapha Sayed, alors responsable de la diplomatie du Polisario, avait proposé aux Etats-Unis la reconnaissance de la «RASD» contre l'installation d'une base militaire américaine au Sahara occidental une fois le conflit réglé. Une initiative qui l'avait durablement marginalisé au sein du Front. Enfin, la délégation du Polisario a demandé l'interdiction, pour une période de dix ans, de la participation à la vie politique et aux élections de toute personne «non originaire du Sahara occidental».