Clôturant une tournée nationale entamée à Tanger et Agadir, l'escale casablancaise de la Caravane des 500 Global 2025 a confirmé le rôle central de Casablanca-Settat dans la dynamique économique du Royaume. Entre vitalité industrielle, ancrage financier et ambitions durables, la région incarne plus que jamais le moteur de la croissance nationale. Cette édition 2025 a réuni dirigeants et experts autour d'un même constat : la confiance des entreprises marocaines se renforce, portée par des investissements en hausse et une vision tournée vers 2030. Dernière étape d'une tournée entamée à Tanger et Agadir, l'escale casablancaise de la Caravane des 500 Global 2025 a réuni, au cœur de la capitale économique, dirigeants, économistes et institutionnels autour d'un constat partagé : Casablanca-Settat reste le moteur incontesté de l'économie nationale et la vitrine d'un Maroc en transformation. Une région qui concentre la puissance économique du pays Avec 372 entreprises classées parmi les 500 premières entreprises du Royaume, la région Casablanca-Settat concentre près de 72% du chiffre d'affaires total du classement, soit 739,97 milliards de dirhams. Véritable poumon économique du Maroc, elle contribue à près de 32% du PIB national et demeure au centre de toutes les dynamiques industrielles, bancaires et logistiques. «Ici, à Casablanca, le cœur battant de l'économie marocaine, nous présentons les classements et les résultats de l'enquête à près de 75% des dirigeants du pays», souligne Hassan M. Alaoui, président d'Economie Entreprises. «C'est l'occasion d'exposer les tendances sectorielles et de mesurer la confiance renouvelée des chefs d'entreprise dans l'avenir, que ce soit en matière d'investissement, de recrutement ou de croissance du chiffre d'affaires». Cette confiance s'appuie sur des indicateurs solides. Le CRI Casablanca-Settat a validé, en 2024, des projets totalisant 86,2 MMDH d'investissements, contre 61,2 MMDH en 2023 et 55,3 MMDH en 2022, soit une hausse continue depuis trois ans. La région a approuvé 344 dossiers d'investissement, dont 43% à vocation industrielle, illustrant la volonté de rééquilibrer la croissance au-delà du seul pôle casablancais. Des champions bien ancrés La performance des entreprises de la région confirme ce dynamisme. En tête du palmarès, OCP S.A. affiche un chiffre d'affaires de 96,98 MMDH en 2024, en hausse de 6,3%, consolidant sa position de leader mondial dans les phosphates et les engrais. Elle est suivie par Attijariwafa Bank, à 34,5 MMDH (+15,2%), Afriquia SMDC (31,7 MMDH, –9,9%), la Banque Centrale Populaire (25,6 MMDH, +12,3%) et Vivo Energy Maroc (20,2 MMDH, +10,3%). Cette concentration de poids lourds traduit la densité d'un tissu économique diversifié, où la finance, l'énergie et l'industrie cohabitent avec un secteur logistique en pleine mutation. Pour Najib Belghazi, directeur général de Kompass Maroc, cette vitalité s'explique par la capacité du tissu entrepreneurial à s'adapter aux cycles économiques. «Beaucoup d'entreprises de Casablanca bénéficient déjà des retombées des grands projets d'infrastructures et de développement liés à la vision Maroc 2030», explique-t-il. «L'enjeu, désormais, est de garantir la durabilité de cette croissance et d'éviter les à-coups après 2029. Le défi, c'est d'assurer un développement inclusif qui implique tout l'écosystème.» Un ancrage durable et innovant La métropole avance aussi sur le terrain de la durabilité. Longtemps confrontée à la problématique du traitement des déchets, elle voit émerger un projet structurant à Médiouna, sur 260 hectares, qui associe Nareva, Hitachi Energy & Environment et le Conseil régional. Cette future décharge intégrée prévoit la production d'énergie à partir des déchets et la valorisation du recyclage, dans une logique d'économie circulaire. Parallèlement, un vaste programme de dessalement de l'eau de mer, doté d'un budget de 400 MDH, est en cours, avec 128 MDH déjà mobilisés. Piloté par la Société régionale multiservices (SRM), il prévoit 28 stations à travers la région, symbole d'une politique proactive face au stress hydrique. Cap sur l'entrepreneuriat et la nouvelle économie La dynamique régionale ne se limite pas aux grands groupes. En partenariat avec CDG Invest et le CRI, le Conseil régional a lancé un fonds de 241 MDH pour soutenir la création de 400 entreprises et accompagner 200 startups à fort potentiel. Ce programme vise à structurer un écosystème d'innovation et à attirer davantage de capitaux vers Casablanca-Settat. Selon Salah Eddine Bennani, Partner chez Forvis Mazars, «la progression de la culture ESG dans les entreprises marocaines est manifeste. En trois ans, nous avons observé une nette montée en puissance des engagements sociétaux, particulièrement dans les secteurs exportateurs et financiers, poussés par la réglementation et les partenariats internationaux. Cette tendance va se renforcer en 2025 avec la mise en œuvre de nouveaux cadres réglementaires». Après vingt-quatre années d'existence, le classement des 500 Global confirme son rôle fédérateur. «Chaque année apporte son lot de nouveautés», confie Hassan M. Alaoui. «L'année prochaine, nous ambitionnons de faire de ces rencontres des moments encore plus percutants. La confiance est là, les dirigeants attendent ces échanges, et avec nos partenaires, nous voulons continuer à offrir une visibilité accrue aux grandes entreprises». Casablanca clôt ainsi cette édition 2025 sur une note d'optimisme. La région reste la locomotive du Royaume, mais sa durabilité passera par l'innovation, l'ancrage territorial et l'élargissement des opportunités à l'ensemble de son écosystème entrepreneurial. Hassan M. Alaoui Président Economie Entreprises «Pour l'année prochaine, nous espérons faire de ces événements des moments encore plus percutants, afin de marquer davantage les esprits. Ce qui est certain, c'est que la confiance est là. Les dirigeants attendent toujours avec intérêt cette sortie. En étant accompagnés aujourd'hui par notre partenaire Les Inspirations ECO, nous espérons développer encore davantage la renommée des 500 et offrir un véritable espace de visibilité pour les grandes entreprises.» Najib Belghazi Directeur général de Kompass Maroc «Nous constatons que de nombreuses entreprises figurant dans le classement bénéficient déjà de la dynamique des grands projets d'infrastructures et de développement qui transformeront le Maroc à l'horizon 2030. Toutefois, la question essentielle demeure celle de la pérennité de cette croissance. En tant qu'analystes économiques, nous nous interrogeons sur la capacité du tissu entrepreneurial à maintenir ce rythme dans le temps.» Sanae Raqui / Les Inspirations ECO