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De 800 à 1.000 milliards de dirhams : des perspectives d'investissement exceptionnelles
Publié dans Les ECO le 01 - 12 - 2025

Pour Youssef Rouissi, le Maroc traverse un moment d'inflexion stratégique où l'industrie, la finance et la transition écologique convergent pour créer un nouveau modèle de développement. Les réussites sectorielles, le déploiement de nouveaux écosystèmes industriels, le rôle des marchés financiers et la mobilisation des fonds souverains constituent les piliers de cette transformation.
Le Maroc vit aujourd'hui un moment décisif dans son développement industriel et financier. Selon Youssef Rouissi, plusieurs facteurs convergent pour transformer le pays en un véritable hub industriel et financier, capable de répondre aux exigences locales et internationales, tout en intégrant les enjeux de la transition écologique et énergétique. Il en veut pour exemple le succès phénoménal des politiques sectorielles dans l'industrie.
Aujourd'hui, l'industrie représente environ 16 % du PIB du pays, témoignant de la maturité de certains secteurs et de la robustesse des écosystèmes industriels. Rouissi souligne plusieurs réussites emblématiques. A commencer par le secteur automobile où le Maroc compte près de 250.000 emplois et un chiffre d'affaires à l'export de près de 100 milliards de dirhams.
«Nous avons un million d'automobiles fabriquées avec tout ce réseau de fournisseurs de rang 1 et de rang 2 qui gravitent autour d'un projet industriel majeur comme le projet Renault ou le projet Stellantis», précise-t-il.
Ce succès repose sur des infrastructures portuaires stratégiques, telles que le port de Tanger Méditerranée, et illustre la capacité du pays à créer de la valeur industrielle significative. S'y ajoute le secteur aéronautique avec 150 entreprises et 25.000 emplois. Le Maroc se positionne comme un hub aéronautique de premier plan, produisant des nacelles d'avion et développant des centres d'ingénierie et de recherche.
«Nous avons franchi un pas dans le secteur aéronautique avec des projets d'intégration du moteur et une valeur ajoutée industrielle de premier rang», souligne Rouissi. Ces exemples montrent que le Maroc a su structurer des écosystèmes industriels performants autour de projets phares, créant un cercle vertueux de croissance et d'innovation.
Cinq années décisives
Youssef Rouissi insiste sur l'ampleur des investissements nécessaires pour soutenir cette dynamique. «Quand on agrège les investissements publics et privés sur les cinq prochaines années, on atteint des chiffres considérables, de 800 à 1.000 milliards de dirhams», note-t-il.
Ces investissements sont à la fois un défi et une opportunité. Autour de ces grands projets, c'est l'opportunité de voir émerger de nouveaux écosystèmes industriels, notamment autour de l'hydrogène et des batteries, secteurs dans lesquels le Maroc dispose d'atouts naturels importants (ressources éoliennes, solaires et espace). Rouissi souligne également le potentiel des secteurs traditionnels comme le textile et l'agro-industrie, où des leviers d'intégration industrielle permettent de renforcer la compétitivité du pays.
«Nous avons cinq années pour mettre en orbite de nouveaux écosystèmes industriels qui vont graviter autour de cette dynamique d'investissements», précise-t-il. L'ampleur des projets appelle des solutions financières diversifiées.
«Nous devons innover, rénover et diversifier les moyens d'accompagner ces grands projets à travers des financements bancaires, des financements de projets, mais aussi des financements de marché ou des financements obligataires», explique Rouissi.
Le financement ne repose pas uniquement sur la dette. La mobilisation de fonds propres est cruciale. Ici, le Fonds Souverain Mohammed VI joue un rôle déterminant.
«Il est doté d'une enveloppe de 15 milliards de dirhams, portée à 45 milliards avec les investissements des compagnies d'assurance et des institutionnels marocains. Mais avec l'effet de levier, ce n'est pas 45, c'est peut-être 140 ou 150 milliards de dirhams de contributions que nous pouvons espérer», explique Rouissi.
Ainsi, le défi financier consiste à combiner mobilisation de la dette, fonds propres et partenariats internationaux pour soutenir la croissance industrielle et l'émergence de nouveaux écosystèmes.
De la transition énergétique et de la finance durable
La transition écologique est indissociable de la dynamique industrielle. Rouissi souligne que le contexte international impose des standards ESG stricts, notamment à travers la taxonomie européenne et les taxes carbone aux frontières. «Vous avez aujourd'hui des clients, des multinationales, qui demandent et exigent que leurs fournisseurs répondent également aux standards ESG et aux standards verts». Au niveau national, le Maroc dispose d'une stratégie de développement durable soutenue par le gouvernement et la Banque centrale pour accompagner les entreprises dans la transition énergétique.
Au-delà d'un rôle primordial dans le financement des grands projets de développement durable du Royaume, Attijariwafa bank a développé des parcours verts pour les entreprises, allant de l'audit énergétique à l'investissement dans des équipements d'efficacité énergétique, avec un financement innovant basé sur le partage des économies générées.
«Nous avons mis en place le premier fonds d'efficacité énergétique au Maroc, le Fonds Africain d'Efficacité Energétique, qui vise à accompagner les entreprises à travers des investissements à zéro coût pour l'entreprise», précise Rouissi.
De plus, la banque est la première en Afrique à être accréditée par le Fonds Vert du Climat des Nations Unies, permettant de mobiliser des financements concessionnels pour des projets verts.
Réformer, toujours
Rouissi insiste : «L'endettement ne sera pas suffisant. La bourse permet de donner le carburant de la croissance, elle permet de donner les fonds propres nécessaires à la croissance».
Le Maroc a connu des réformes importantes sur les marchés de capitaux : élargissement des fluctuations du dirham, démutualisation de la Bourse de Casablanca et modernisation des infrastructures de marché (société de gestion du marché à terme, chambre de compensation). Ces réformes ouvrent la voie à de nouvelles introductions en bourse, permettant aux entreprises de renforcer leur gouvernance et leur crédibilité financière.
Selon Youssef Rouissi, le Maroc traverse un moment d'inflexion stratégique où l'industrie, la finance et la transition écologique convergent pour créer un nouveau modèle de développement. Les réussites sectorielles, le déploiement de nouveaux écosystèmes industriels, le rôle des marchés financiers et la mobilisation des fonds souverains constituent les piliers de cette transformation.
L'avenir du Maroc et de l'Afrique repose également sur une jeunesse dynamique et entrepreneuriale, dont l'accompagnement sera déterminant pour transformer les ambitions en réalité économique.
Comme le souligne Rouissi, «nous avons effectivement un tournant industriel à saisir et des challenges en matière de création d'emplois, en matière de nouveaux écosystèmes industriels et en matière d'accompagnement financier et bancaire de ces écosystèmes». Le défi est lancé : combiner ambition, innovation et durabilité pour bâtir un Maroc et une Afrique industrialisés, compétitifs et résilients.
Hicham Bennani, Darryl Ngomo et Maryem Ouazzani / Les Inspirations ECO


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