Directeur général d'OCP Green Energy Avec la mise en service de 202 MWc répartis sur trois sites, le groupe OCP franchit une étape majeure dans son virage vers les énergies renouvelables. Cette première phase, portée par la plus grande centrale photovoltaïque en exploitation au Maroc, s'inscrit dans une stratégie visant 1,2 GW d'électricité verte d'ici 2027, la décarbonation totale des opérations et une profonde transformation industrielle du groupe. Vous lancez à Benguérir un projet de stockage d'énergie. En quoi consiste-t-il ? Nous déployons un système BESS reposant sur des batteries LFP (lithium-fer-phosphate), une technologie qui a aujourd'hui atteint un niveau de maturité intéressant. Ce sont les mêmes types de cellules utilisées dans la mobilité électrique, adaptées ici au stockage à grande échelle. La première phase doit entrer en service l'été prochain. De plus, la technologie LFP utilise du phosphate, et le Maroc développe une ambition d'intégration locale, que ce soit pour les batteries destinées à la mobilité ou au stockage électrique. À court terme, certains équipements seront importés, mais l'ensemble des travaux de réalisation sera assuré par des entreprises locales. Produire votre propre énergie vous permet-il de réduire vos coûts ? Le Maroc bénéficie d'un avantage décisif. L'énergie renouvelable y est produite à des coûts nettement inférieurs à ceux des sources conventionnelles. Pour nous, c'est un cercle vertueux. Aujourd'hui, l'électricité photovoltaïque revient à environ 35 centimes le kWh, soit une fraction du tarif réglementé national. Avec des centrales dont la durée de vie se situe entre 25 et 30 ans, nous sécurisons une rentabilité conforme aux standards du marché tout en réalisant des économies substantielles. L'électricité produite localement alimente uniquement les mines ou peut-elle être utilisée ailleurs ? Elle couvre d'abord les besoins du site où elle est produite. Mais nous disposons également d'un cadre opérationnel avec l'ONEE pour injecter l'excédent sur le réseau national. Cela nous permet d'utiliser l'électricité excédentaire dans d'autres installations industrielles du groupe. Cela permet également d'alimenter des chantiers d'envergure tels que le dessalement qui reste extrêmement énergivore. Produire un mètre cube d'eau dessalée par osmose inverse nécessite 3 à 3,5 kWh d'électricité, auxquels s'ajoute une quantité équivalente pour transporter cette eau jusqu'à Khouribga, avec un dénivelé d'environ 800 mètres. Nous adaptons donc nos capacités de production pour accompagner ces nouveaux usages. Notre approche est progressive et phasée, afin de suivre l'évolution des besoins en temps réel. Maryem Ouazzani / Les Inspirations ECO