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Taux directeur : 2,25% et beaucoup reste à faire
Publié dans Les ECO le 17 - 12 - 2025

En maintenant son taux directeur à 2,25% lors de sa réunion de décembre 2025, Bank Al-Maghrib a fait le choix d'une stabilité prudente dans un contexte économique complexe. Inflation en reflux mais toujours volatile, croissance inégale, climat international incertain, ce statu quo monétaire masque une stratégie équilibriste où la Banque centrale tente de piloter la désinflation sans freiner une reprise encore fuyante.
Le 16 décembre 2025, le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) a décidé de maintenir son taux directeur inchangé, à 2,25%. Une décision en apparence technique, presque attendue, mais qui révèle, en creux, les tensions qui traversent l'économie marocaine et les dilemmes de politique monétaire auxquels est confrontée l'institution.
Dans un environnement où l'inflation reflue sans vraiment rassurer, où la croissance peine à se généraliser, et où les incertitudes extérieures s'accumulent, BAM fait le choix de la continuité, de la prudence et de la vigilance. «Le Conseil a jugé que le niveau actuel du taux directeur reste approprié et a décidé de le maintenir inchangé à 2,25%», précise le communiqué final.
Inflation en recul, mais vigilance maintenue
L'inflation moyenne s'est établie à 0,8% sur les dix premiers mois de 2025, portée notamment par le recul des prix des carburants et de certains produits alimentaires, comme l'huile d'olive. BAM prévoit une remontée légère à 1,3% en 2026, avant d'atteindre 1,9% en 2027. Cette trajectoire, bien qu'en ligne avec les objectifs de stabilité des prix, masque une tension plus structurelle.
L'inflation sous-jacente, c'est-à-dire hors éléments volatils, resterait contenue à 0,7% en 2025 et 2026, avant de croître à 1,9% en 2027. Les anticipations d'inflation à moyen terme sont jugées bien ancrées. Les experts financiers tablent sur 2% à l'horizon de huit trimestres, et 2,2% sur douze trimestres.
Croissance portée par le non-agricole
Sur le front de l'activité, la reprise semble s'affermir. Après une croissance de 3,8% en 2024, BAM table sur 5% en 2025, soutenue principalement par le secteur non agricole. Celui-ci progresserait de 5% en 2025, 4,8% en 2026 et 4,5% en 2027. En agriculture, les prévisions sont fondées sur des campagnes céréalières moyennes de 50 millions de quintaux, traduisant une croissance sectorielle de 4% en 2026 puis 2% en 2027.
«Ces prévisions restent entourées de fortes incertitudes, liées particulièrement à l'environnement extérieur et aux conditions climatiques au niveau national», insiste BAM. La dynamique d'investissement public, portée par les grands chantiers d'infrastructure, les politiques sociales et la mise en œuvre du Nouveau modèle de développement, soutient cette reprise. Toutefois, BAM pointe du doigt les lenteurs administratives et les retards d'exécution qui grèvent l'efficacité de ces leviers.
Une politique monétaire dans un monde incertain
À l'échelle internationale, BAM note un ralentissement de la croissance mondiale, estimée à 3,1% en 2025, puis à 2,7% en 2026, avant une amélioration à 2,9% en 2027. L'inflation mondiale baisserait jusqu'en 2026, avant de remonter en 2027, tandis que les prix des matières premières évolueraient modérément.
«Les marchés financiers internationaux ont enregistré une détente notable sur les rendements obligataires», observe la Banque centrale, qui voit là une opportunité pour renforcer la stabilité interne.
Le déficit du compte courant se maintiendrait autour de 1,8% du PIB en 2025, et en dessous de 2% pour les années suivantes. Les transferts MRE devraient atteindre 130 milliards de dirhams en 2025, en croissance annuelle moyenne de 3,1%. Les réserves internationales nettes s'élèveraient à 448 milliards de dirhams, couvrant 5 mois et demi d'importations. Le taux de change effectif réel s'apprécierait de 2,2% en 2025, avant de se déprécier de 2,8% en 2026, puis de 0,5% en 2027.
Appel à relais budgétaire
Malgré trois baisses successives du taux directeur depuis juin 2024, totalisant 75 points de base (pbs), la transmission au crédit bancaire reste partielle. Les taux débiteurs n'ont reculé que de 58 pbs. Néanmoins, BAM estime que le crédit au secteur non financier progresserait de 4,1% en 2025, puis de 5% en 2026 et 2027. «Le maintien du taux directeur vise à maintenir les conditions monétaires favorables à la consolidation de la désinflation sans entraver la reprise», rappelle le Conseil.
La Banque centrale insiste sur le caractère adaptatif de sa stratégie en «continuant de suivre de près l'évolution de la conjoncture et de fonder ses décisions, réunion par réunion, sur la base des données les plus actualisées».
Par ailleurs, elle ne cache pas que sa politique monétaire, bien que prudente, ne saurait, à elle seule, suffire. Le besoin d'un relais budgétaire affirmé, de réformes structurelles concrètes et d'une meilleure inclusion territoriale devient impératif. Le secteur bancaire reste scruté pour son rôle de levier de croissance via le crédit, encore timide. BAM agit, mais appelle implicitement à un partage de l'effort.


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