L'attractivité économique de Fès-Meknès se confirme avec la visite d'une nouvelle délégation industrielle chinoise. Dans le sillage du groupe Sunrise, trois entreprises explorent les opportunités régionales dans les secteurs du BTP, de l'automobile et de l'énergie. Les échanges avec les responsables locaux visent à concrétiser des projets tirant profit de la connexion stratégique avec le port Nador West Med. La région Fès-Meknès confirme son attractivité auprès des opérateurs économiques de l'Empire du milieu. L'installation récente du géant du textile Euwen Textiles, filiale du groupe Sunrise, semble avoir agi comme un catalyseur pour d'autres conglomérats industriels chinois. Une nouvelle délégation d'investisseurs à prospecter dernièrement le territoire pour évaluer les opportunités d'implantation. Cette visite s'inscrit dans une séquence de rapprochement économique favorisée par la position géographique du pôle Fès-Meknès et sa connexion logistique avec le port Nador West Med. Les discussions menées avec le Centre régional d'investissement (CRI) et la Chambre de commerce, d'industrie et des services (CCIS) ont permis d'identifier des synergies concrètes dans les domaines des infrastructures, de l'automobile et des énergies renouvelables. Un potentiel financier dépassant 1,1 milliard de dollars Le profil des entreprises composant la délégation témoigne de la volonté chinoise de diversifier ses ancrages sectoriels au Maroc. Trois acteurs de premier plan issus principalement de la province du Heilongjiang ont présenté leurs capacités techniques et financières. Longjiang Road and Bridge Co. Ltd figure parmi les entités les plus influentes du nord-est de la Chine dans le secteur de la construction. L'entreprise affiche un chiffre d'affaires annuel avoisinant les 8 milliards de RMB, soit environ 1,1 milliard de dollars. Ses activités couvrent la réalisation d'autoroutes et de grands ouvrages d'art ainsi que le commerce lié aux infrastructures. Aux côtés de ce bâtisseur se trouve Harbin Jiuzhou Group. Fondé en 1993 et coté en bourse, le groupe apporte une expertise ciblée dans les équipements électriques et les solutions d'efficacité énergétique pour les réseaux de transport. Le troisième acteur, Harbin Boneng Automotive Group, complète le tour de table avec son savoir-faire dans la distribution, la vente de pièces et les services automobiles. Ces profils correspondent aux priorités de développement régional mentionnées par les responsables locaux. Des incitations alignées sur la charte de l'investissement L'accueil réservé à ces investisseurs par les instances régionales a permis de détailler le cadre incitatif marocain. Les représentants du CRI et de la Chambre de commerce ont exposé le dispositif de soutien principal et spécifique prévu par la nouvelle charte de l'investissement. L'objectif consiste à activer l'installation de ces groupes en mettant en avant les plateformes industrielles et logistiques disponibles. Hamza Ben Abdellah, président de la CCIS Fès-Meknès, a précisé que les échanges avec ces partenaires durent depuis plusieurs semaines. Les discussions portent sur trois axes prioritaires que sont le BTP, l'industrie automobile et les énergies propres. Il a souligné que l'offre territoriale inclut un accompagnement administratif et des facilités d'accès au foncier industriel afin d'accélérer la prise de décision. Le directeur général du CRI, Mohammed Sabri, a pour sa part souligné la dynamique actuelle de la région en matière d'investissements directs étrangers. Les projets envisagés concernent non seulement l'industrie manufacturière, mais également la construction de barrages et le développement de fermes solaires ou éoliennes. Proximité stratégique et visites de terrain La position de Fès-Meknès comme arrière-pays industriel du futur port Nador West Med constitue un argument central dans les négociations. La connectivité logistique offre aux groupes comme Harbin Boneng ou Longjiang Road and Bridge des perspectives d'exportation vers les marchés européens et africains. La réunion technique a laissé place à des visites sur site, notamment au parc éolien de Taza et à la Zone industrielle de Ain Cheggag. Ces déplacements permettent à la délégation d'examiner de visu l'état d'avancement des infrastructures d'accueil. Les responsables régionaux et les investisseurs chinois ont convenu de poursuivre les échanges pour définir les modalités techniques des projets. D'autres rencontres sont programmées pour finaliser le détail des investissements potentiels et transformer ces intentions en projets industriels opérationnels. Mehdi Idrissi / Les Inspirations ECO