En engageant l'alignement de ses activités d'inspection et de contrôle sur la norme internationale ISO/CEI 17020, l'Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis structure en profondeur ses méthodes de travail. Cette démarche vise à renforcer la cohérence des pratiques, la fiabilité des décisions et la crédibilité institutionnelle de l'Agence dans un secteur à forts enjeux réglementaires. Dans un secteur aussi sensible que celui de la régulation des usages du cannabis, la robustesse des procédures n'est pas un enjeu administratif. Elle représente un pilier de légitimité institutionnelle, de transparence et de confiance. C'est dans cette logique que l'Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC) engage une démarche visant l'alignement de l'ensemble de ses activités d'inspection et de contrôle sur la norme internationale ISO/CEI 17020. Au-delà d'une certification formelle, cette orientation traduit l'ambition d'inscrire durablement l'action de l'Agence dans les standards internationaux de compétence, d'impartialité et de qualité. La norme ISO/CEI 17020 encadre les exigences applicables aux organismes d'inspection. Elle impose un haut niveau de rigueur dans l'organisation des processus, la qualification des équipes, la traçabilité des décisions et l'indépendance des contrôles. Pour l'ANRAC, dont les missions couvrent l'autorisation, le suivi et l'inspection des activités liées au cannabis réglementé, l'adoption de ce référentiel constitue un levier stratégique. Elle permet de sécuriser juridiquement les décisions prises, d'harmoniser les pratiques sur l'ensemble du territoire et de renforcer la crédibilité de l'Agence auprès des opérateurs, des institutions publiques et des partenaires internationaux. Une transformation organisationnelle en profondeur La démarche engagée repose sur une refonte progressive mais complète du système de management de l'ANRAC. Elle débute par un diagnostic détaillé de l'existant, portant sur l'organisation interne, les processus métiers, les pratiques d'inspection et les ressources tant humaines que documentaires. Cette phase vise à identifier précisément les écarts entre les pratiques actuelles et les exigences de la norme ISO/CEI 17020. Sur cette base, l'Agence procède à la structuration d'un système documentaire exhaustif. Manuels qualité, procédures opérationnelles, instructions de travail, outils de suivi et mécanismes de maîtrise documentaire viennent formaliser des pratiques jusque-là parfois dispersées. L'objectif est double : assurer la cohérence des actions et garantir leur reproductibilité. La montée en compétences comme condition de durabilité La normalisation ne peut produire d'effets durables sans une appropriation humaine. Le dispositif prévoit ainsi un important volet de formation et de transfert de compétences. Les équipes de l'ANRAC sont formées aux principes du management de la qualité, aux exigences spécifiques de la norme ISO/CEI 17020 et aux méthodes d'audit interne. Cette phase est essentielle. Elle transforme la certification en un outil vivant, porté par les agents eux-mêmes, plutôt qu'en un cadre théorique déconnecté des réalités de terrain. Elle permet également d'installer une culture de l'amélioration continue et de la gestion des risques au sein de l'Agence. Une fois les outils et les compétences en place, la démarche se poursuit par une phase d'accompagnement opérationnel. Il s'agit d'assister l'ANRAC dans l'application effective des nouvelles procédures, de tester les dispositifs en conditions réelles et d'ajuster les méthodes en fonction des contraintes rencontrées sur le terrain. Cette étape joue un rôle clé dans la crédibilité du système. Elle permet de vérifier que les procédures ne restent pas théoriques, mais qu'elles s'intègrent pleinement dans les pratiques quotidiennes des équipes, aussi bien au siège qu'au niveau des directions provinciales. L'audit interne, ultime jalon de maturité La dernière étape de la démarche consiste à évaluer objectivement le niveau de conformité atteint. Un audit interne complet est mené afin d'identifier les éventuels points de non-conformités, d'en analyser les causes et de mettre en œuvre les actions correctives nécessaires. Ce travail de préparation conditionne l'aboutissement du processus. Il marque le passage d'une logique de mise en conformité à une logique de maîtrise, où l'Agence est en mesure de démontrer la fiabilité, la cohérence et la traçabilité de l'ensemble de ses activités d'inspection. En s'inscrivant dans une démarche de certification ISO/CEI 17020, l'ANRAC choisit la rigueur méthodologique, la transparence et l'alignement sur les standards internationaux pour encadrer un secteur nouveau, complexe et fortement exposé. Sanae Raqui / Les Inspirations ECO