Le 7 janvier 2026 a marqué l'inauguration du Symposium scientifique international sur la sécurité des grands événements sportifs. Organisée à Rabat sous l'égide du ministère de la Justice du Royaume du Maroc, en étroite collaboration avec des entités nationales et internationales de premier plan, cette manifestation s'étend sur trois jours, du 7 au 9 janvier. Ce colloque aborde les enjeux sécuritaires et juridiques liés à la transformation numérique, dans un contexte marqué par l'organisation en cours de la Coupe d'Afrique des Nations au Maroc et la perspective de la co-organisation de la Coupe du Monde 2030. L'ouverture de l'événement a été marquée par l'allocution de M. Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice du Royaume. Dans son intervention, il a abordé les enjeux liés à la sécurité des grands rassemblements sportifs, en mettant l'accent sur leurs dimensions sociale, organisationnelle et juridique. Son propos a souligné la nécessité d'une approche globale de la sécurisation de ces événements, intégrant à la fois les impératifs opérationnels et les dynamiques humaines propres aux manifestations sportives de grande ampleur. M. Abdellatif Ouahbi a souligné le pouvoir fédérateur du sport, en particulier du football, qu'il a décrit comme un vecteur singulier de cohésion sociale et de discipline collective. Il a mis en exergue la capacité des enceintes sportives à canaliser des foules de grande ampleur dans un climat d'ordre et de respect, souvent au-delà des attentes en matière de gestion sécuritaire. Selon lui, « la majesté de l'Etat ne s'impose pas uniquement par la présence des forces de l'ordre, mais aussi par l'autorité morale qu'exerce le sport sur les supporters », mettant ainsi en lumière le rôle structurant du football dans la régulation sociale. Un instant particulièrement saisissant de son allocution fut la description de l'entrée d'un joueur marocain sur le terrain, déclenchant une ovation assourdissante et un élan d'enthousiasme collectif. Le ministre a établi un parallèle éloquent entre cette capacité d'un seul athlète à électriser des milliers de personnes et sa propre expérience en tant qu'homme politique, reconnaissant avec une humilité teintée d'ironie l'influence inégalée des icônes sportives. Cette observation a naturellement conduit à une interrogation fondamentale : comment garantir la sécurité d'un stade d'une capacité de 113 000 places, tel que le futur stade Hassan II, le plus vaste au monde ? Lire aussi : CAN 2025 : Le ministre sud-africain Gayton McKenzie salue l'organisation du Maroc Une gestion sécuritaire maîtrisée M. Ouahbi a rendu un hommage appuyé au professionnalisme et à la sérénité des forces de sécurité marocaines, partageant une expérience personnelle où il a pu observer de visu l'afflux des spectateurs, se déclarant impressionné par leur discipline exemplaire et le respect manifeste envers les agents. Cette immersion lui a insufflé un sentiment profond de sécurité et une confiance inébranlable dans l'aptitude du Maroc à gérer des événements d'une telle ampleur. Il a également relevé avec satisfaction la parité hommes-femmes parmi l'assistance, y voyant un reflet tangible des aspirations constitutionnelles du Royaume, ainsi que l'atmosphère de ferveur nationale qui prévaut sans le moindre incident. Le ministre a en outre abordé l'impact médiatique de ces manifestations. Il a révélé que l'ouverture d'une rencontre sportive avait été suivie par plus d'un milliard trois cent millions d'individus, attestant que le football s'est érigé en un vecteur puissant pour projeter l'image d'une nation, sa civilisation, ses compétences et ses institutions. Il a mis en exergue la maestria du Maroc dans l'organisation de tels événements, citant la gestion exemplaire de la sécurité et l'instauration d'un cadre juridique spécifique pour les infractions mineures, permettant des résolutions promptes et efficaces sur place, sans recourir systématiquement aux procédures policières traditionnelles. La vision stratégique de la NAUSS : Le sport comme vecteur de paix et de développement Le symposium a été marqué par l'allocution de Son Excellence Khalid bin Abdul Aziz Al-Harfash, Vice-Président de l'Université Arabe Naif pour les Sciences de Sécurité (NAUSS). Son discours, empreint d'une profondeur académique et d'une perspective géopolitique, a positionné le sport non pas comme une simple activité récréative, mais comme un puissant instrument de diplomatie préventive et de cohésion sociale. M. Al-Harfash a articulé une vision où les grands événements sportifs, loin d'être de simples spectacles, deviennent des plateformes pour la promotion des objectifs de développement durable des Nations unies à l'horizon 2030. Il a insisté sur le rôle intrinsèque du sport dans la construction de ponts entre les cultures, agissant comme un rempart contre l'extrémisme violent et un catalyseur essentiel de la tolérance et de la compréhension mutuelle. L'intervenant a souligné avec une perspicacité remarquable que les fléaux contemporains, tels que la haine, le racisme et la criminalité organisée, qui menacent l'intégrité des manifestations sportives, ne peuvent être combattus qu'à travers des solutions scientifiques et pratiques rigoureuses. En plaçant ce symposium sous l'égide de la gouvernance et de l'intégrité, la NAUSS a réaffirmé son rôle pivot en tant qu'organe scientifique du Conseil des ministres arabes de l'Intérieur. Cette approche transforme la gestion des foules en une discipline de haute précision, où l'analyse des données numériques devient un outil fondamental pour la protection des participants et la sécurisation des événements. La contribution de M. Al-Harfash a ainsi jeté les bases d'une réflexion stratégique où la sécurité est envisagée comme un pilier fondamental du développement sociétal et de la paix régionale et internationale.