L'Observatoire Marocain de la TPME (OMTPME) vient de publier la sixième édition de son rapport annuel, consacrée à l'analyse du tissu productif national. Cette édition examine, selon plusieurs dimensions, l'évolution des indicateurs économiques, financiers et d'emploi des TPME. En voici les grandes lignes. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram Lors d'une conférence organisée ce mercredi au siège casablancais de Bank Al-Maghrib, Amal Idrissi, directrice exécutive de l'OMTPME, a restitué les grandes lignes du dernier rapport annuel de l'institution. Le document dresse un état de lieu exhaustif du tissu des entreprises personnes morales actives (EPMA) au Maroc à fin 2024, avec des données actualisées sur la création d'entreprises, la répartition géographique, la valeur ajoutée créée, les salaires, les financements ou encore la participation des femmes. 380.000 EPMA déclarées, dont 94% génèrent moins de 10 MDH de CA Premier constat : les créations de nouvelles entreprises se sont accélérées, dans un contexte économique plus porteur. Ainsi, au cours de l'année 2024, on dénombre 68.000 sociétés personnes morales additionnelles, soit une hausse de 5,5% par rapport à 2023. Ces créations concernent, dans l'immense majorité des cas (98,5%), des microentreprises et, dans 59%, des SARL à associé unique. Par secteur d'activité, la moitié de ces nouvelles entreprises opèrent dans le commerce (28%) ou la construction (22%), alors que l'industrie manufacturière ne représente que 5,5%. Parallèlement à ces créations, les dissolutions ont également progressé de 6,3% à 12.000 entreprises dissoutes, à l'exclusion de celles qui ont temporairement arrêté leurs activités. La moitié de ces entreprises opérait dans le commerce et la construction. A noter également que 53,5% des entreprises dissoutes ont un âge de moins de 5 ans. Selon les données provisoires de la DGI, le nombre d'entreprises personnes morales ayant déposé une déclaration fiscale en 2024 s'est établi à près de 380.000, un nombre en légère hausse de 1,3%. L'axe de Tanger-El Jadida est toujours prédominant en termes de concentration des EPMA avec une part cumulée de près de 65%. Autre donnée édifiante : les EPMA dont le chiffre d'affaires est inférieur à 10 millions de dirhams représentent 94% du tissu national. Les PME, avec un chiffre d'affaires compris entre 10 et 175 millions de dirhams, en constituent 5,5%, tandis que les grandes entreprises, dépassant 175 millions de dirhams, ne représentent que 0,5% Un chiffre d'affaires cumulés de 2.628,1 milliards de dirhams Au niveau de la création de richesses et de valeur ajoutée, les indicateurs de 2024 sont en nette amélioration. Le chiffre d'affaires cumulé des EPMA s'établit à 2 628,1 milliards de dirhams en 2024, avec une progression de 9,4%, après une croissance modérée en 2023 de 5,3%. Le constat est le même pour les exportations, puisque le chiffre d'affaires à l'export des EPMA montre un redressement significatif en 2024 soit 12,7%, en atteignant 520,5 milliards de dirhams, après une croissance modérée de 4,8% en 2023. A noter que 80% de ce chiffre est réalisé par les grandes entreprises, tandis que la part des entreprises générant moins de 10 millions de dirhams reste limitée à 3,5%. En outre, la valeur ajoutée des EPMA atteint 536,5 milliards de dirhams en 2024, en hausse de 16,6%, tirée par les grandes entreprises, qui renforcent leur prédominance avec 64,7% de contribution dans la VA. Pour ce qui est des entreprises générant un CA moins de 10 millions de dirhams et les PME générant un CA entre 10 et 175 millions de dirham, leurs parts dans la VA créée reculent respectivement à 9,2% et 26,2%. Les TPME emploient 70,6% des salariés Sur le registre de l'emploi, les déclarations des entreprises personnes morales et physiques auprès de la CNSS ont atteint 4,1 millions de salariés, en progression annuelle de 2%. Plus de 70% de ces salariés sont employés dans des TPME. Les dynamiques territoriales restent contrastées : la région de Souss-Massa a vu sa part dans le total des emplois déclarés augmenter de 0,3 point à 12,2% en 2024, soit une hausse annuelle de 5,8%. En revanche, les régions de Béni Mellal-Khénifra, de l'Oriental et de Fès-Meknès ont subi des reculs des emplois déclarés à la CNSS de 15,2%, 8,2% et 1,2% respectivement. Par genre et par tranche d'âge, 35% des salariés âgés de moins de 25 ans sont des femmes contre 65% pour les hommes. Il est à noter que 32,4% des emplois déclarés à la CNSS sont des femmes. Concernant la structure des salaires, elle demeure majoritairement concentrée sur les bas niveaux de rémunération. Ainsi, 46% des salariés déclarés à la CNSS touchent moins que le SMIG. Le salaire moyen ressort lui à 5.862 DH, tandis que le salaire médian s'établit à 3.173 DH. La dette auprès des associés en tête des financements des TPE L'examen des données bilancielles des entreprises personnes morales montre que la dette auprès des associés reste la première source de financement des TPE, avec une part de 41%, suivie des fonds propres avec 20%, les dettes fournisseurs étant limitées à 11%. Pour les entreprises de plus grande taille, les fonds propres ont représenté 35% des ressources, suivie des dettes financières avec près de 25% et des dettes fournisseurs avec 19%. Le rapport montre également que 150.584 entreprises ont bénéficié de crédits bancaires en 2024, soit une hausse 1,1% par rapport à 2023. Les grandes entreprises concentrent près de 60% de l'encours du crédit bancaire, tandis que les petites entreprises en bénéficient dans une proportion nettement plus limitée. Globalement, la structure du financement bancaire montre que les jeunes entreprises, les TPE, ainsi que celles dirigées par des femmes, accèdent moins facilement au crédit que les grandes entreprises et les entreprises matures. Cela étant, la situation du Maroc demeure relativement plus favorable que celle observée dans plusieurs pays de la région MENA. Pour finir, notons que le rapport présente un bilan d'étape du Plan Stratégique 2024–2026 de l'OMTPME qui souligne les progrès réalisés dans la fiabilisation et la valorisation des données TPME grâce au déploiement de nouveaux outils analytiques. Par ailleurs, l'OMTPME a intensifié sa coopération avec de nombreuses institutions aux plan national et international, en contribuant à plusieurs études ayant porté notamment sur l'accès au financement par les femmes entrepreneures, les barrières à l'emploi et les freins à la productivité.