L'Indice arabe 2025 indique que l'opinion publique marocaine rejetait massivement de la reconnaissance d'Israël et avait un fort attachement à la cause palestinienne. Les chiffres mettent en lumière un écart entre les positions officielles et l'opinion populaire. Archives ‹ › L'Indice arabe 2025, publié par le Centre arabe de recherche et d'études politiques à Doha et basé sur une enquête menée auprès de plus de 40 000 citoyens dans 15 pays arabes, a mis en lumière l'opinion publique marocaine concernant la question palestinienne et la reconnaissance d'Israël. L'enquête, sur la base de plus de 413 000 heures de travail impliquant 1 000 chercheurs, a montré un fort consensus populaire marocain contre la reconnaissance d'Israël, avec 89%. Ce pourcentage place le Maroc parmi les pays les plus opposés à la normalisation, tels que la Libye (96%), la Jordanie (95%) et le Koweït (94%), malgré l'accord de normalisation officiel signé entre le Maroc et Israël en 2020. L'enquête a révélé une baisse significative de l'acceptation de la reconnaissance d'Israël après la normalisation, passant de 20% en 2022 à seulement 6% en 2025. Cette baisse drastique reflète un écart substantiel entre la vision officielle et l'opinion populaire. La question palestinienne : une cause arabe Dans un autre registre, les sondés au Maroc affirment fortement l'adhésion nationale à la question palestinienne. 64% des répondants marocains ont convenu que cette cause était «celle de tous les arabes et pas seulement des palestiniens». Par ailleurs, 24% considèraient que la question palestinienne relève uniquement de la responsabilité des Palestiniens et qu'ils devraient travailler seuls à sa résolution. D'autre part, l'indice a abordé les perceptions des citoyens des pays sondés concernant les performances et pratiques de leurs gouvernements. Dans ce contexte, les résultats pour le Maroc ont montré des tendances similaires à plusieurs autres pays arabes. Seulement 33% des Marocains estiment que l'Etat applique la loi de manière égale à tous les citoyens sans discrimination. Ce pourcentage est inférieur à la moyenne générale pour la région arabe (40%). Par ailleurs, 43% des Marocains croient que l'Etat inclut tous les citoyens mais discrimine en faveur de certains groupes. Ce pourcentage est légèrement supérieur à la moyenne générale (37%), traduisant le ressenti populaire quant au favoritisme et aux opportunités inégales. L'enquête a inclus la Mauritanie, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Libye, l'Egypte, le Soudan, la Palestine, le Liban, la Jordanie, l'Irak, l'Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar, en plus de la Syrie, où le centre a mené sa première enquête du genre, depuis la chute du régime El-Assad.