Lancée le 1er janvier, la campagne de pêcherie hivernale se distingue par des rendements exceptionnels et une abondance de gros calibres dans le Sud du pays, grâce notamment à une biomasse en nette amélioration. Cette reprise, marquée par une hausse des quotas et des prix, s'est appuyée sur les résultats de l'évaluation scientifique des stocks visant à concilier performance économique et préservation durable de la ressource. Le secteur affiche ainsi des indicateurs très prometteurs malgré les perturbations météorologiques récentes impactant les sorties en mer. Lancée il y a une semaine sur le littoral national, la saison hivernale 2026 de la pêche au poulpe affiche d'ores et déjà des indicateurs très positifs malgré les aléas qui ont marqué son démarrage. Les opérateurs du secteur soulignent une forte productivité, particulièrement dans les zones de pêche du Sud, où la présence de poulpe et de calamar est abondante. La profession reste toutefois attentive à l'évolution de ces rendements jusqu'à la clôture de la saison, prévue le 31 mars prochain. Du côté du secrétariat d'Etat chargée de la Pêche maritime, le constat est le même. «Le démarrage de la campagne de pêche du poulpe, saison hivernale 2026, s'est traduit par des résultats très positifs dès les premiers jours d'activité, confirmant une abondance de la ressource sur l'ensemble du littoral national, malgré l'impact du mauvais temps dû aux perturbations météorologiques récentes impactant les sorties en mer». Les premières données de débarquement, relevées après seulement deux jours d'ouverture, confirment ainsi le caractère prometteur de la campagne, marquée par des captures pléthoriques et de qualité. La prédominance de gros calibres Au sud de Dakhla, les prises se sont distinguées par la prédominance de gros calibres (T1, T2 et T3), avec des rendements dépassant les cinq tonnes par jour et par navire pour la flotte de pêche industrielle, traduisant une performance opérationnelle remarquable. Quant aux résultats de la pêche artisanale à Dakhla, ils sont tout aussi satisfaisants, selon le secrétariat d'Etat chargée de la Pêche maritime et les témoignages des professionnels dans les villages de pêche. Ils se caractérisent par une dominance des grandes tailles (T3) et une amélioration notable du prix qui a dépassé 120 dirhams (DH), contre 110 DH lors de la même période de l'année dernière. Concernant les chalutiers côtiers opérant au sud, les tailles débarquées vont de T3 à T5, avec un prix de 110 à 120 DH. «Ces résultats reflètent l'efficacité des mesures de gestion et d'aménagement mises en œuvre, fondées sur l'expertise scientifique. Ils confirment la dynamique positive de cette pêcherie stratégique, tant sur le plan biologique qu'économique», souligne-t-on au niveau du secrétariat d'Etat chargée de la Pêche maritime. Pour rappel, c'est à l'issue de la réunion du comité de suivi de la pêcherie poulpière, tenue le 24 décembre 2025, que les résultats de l'évaluation scientifique du stock ont montré une tendance positive dans les différentes zones. Quant aux conditions de reprise, elles ont été définies par deux décisions ministérielles en date du 29 décembre 2025. Une amélioration significative de la biomasse du poulpe Par ailleurs, les évaluations scientifiques réalisées par l'Institut national de recherche halieutique (INRH) ont mis en évidence une amélioration significative de la biomasse du poulpe, permettant d'enregistrer une hausse des quotas attribués à l'ensemble des segments de la pêcherie. Cette évolution favorable s'est traduite notamment par une augmentation comprise entre 27% et 31% des quotas au sud de Boujdour par rapport à la campagne 2024, témoignant du bon état du stock. Le démarrage de la campagne du poulpe, saison hiver 2026, sur tout le littoral national a eu lieu le 1 janvier 2026 suite à la publication par le secrétariat d'Etat chargé de la Pêche maritime des décisions ministérielles fixant les conditions de la reprise de l'activité de pêche de poulpe pour cette saison hivernale (N°PLP-10/25 et du PLP-11/25 du 29 décembre 2025). Celle-ci intervient après une période de repos biologique qui a duré trois mois et demi (16 septembre – 31 décembre). Il a été décidé par ailleurs, dans le cadre des mesures de gestion et de préservation proactives, d'interdire la pêche à l'intérieur de la bande de huit milles marins, entre Boujdour et Tan-Tan, pour une durée d'un mois (du 3 janvier au 2 février 2026). La finalité en est d'éviter la pêche des juvéniles de poulpe dans cette zone de manière à préserver le stock, et ce, conformément aux recommandations de l'INRH. Parallèlement, des mesures de contrôle ont été adoptées par le secrétariat d'Etat, en étroite collaboration avec l'ensemble des intervenants. L'objectif étant de respecter les conditions de reprise de l'activité de pêche du poulpe durant l'hiver 2026, notamment pour ce qui est de la pêcherie du sud. Le quota fixé pour cette saison, au sud de Sidi L'Ghazi, s'élève à 32.940 tonnes pour les trois segments, soit une augmentation de 27% par rapport à 2025. À cela s'ajoute le quota de la circonscription de Boujdour qui a atteint 3.660 tonnes, en progression de 31%. Yassine Saber / Les Inspirations ECO