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Marché financier : de l'expansion à la consolidation
Publié dans Les ECO le 15 - 01 - 2026

Après une séquence boursière exceptionnelle, les marchés financiers abordent 2026 dans un environnement plus exigeant, marqué par la fin des dynamiques de rattrapage et l'entrée dans une phase de normalisation. Dans un contexte international instable mais sur des fondamentaux domestiques solides, BMCE Capital Global Research estime que la performance ne relèvera plus de l'élan collectif, mais de la capacité des entreprises et des investisseurs à faire les bons choix, au bon moment.
L'année 2026 s'ouvre pour les marchés dans un climat paradoxal. Les fondamentaux macroéconomiques sont solides, la visibilité budgétaire s'améliore et les grands chantiers structurants continuent de soutenir l'activité.
Pourtant, l'environnement global demeure instable, fragmenté et imprévisible. Pour BMCE Capital Global Research (BKGR), cette configuration marque l'entrée dans une nouvelle phase du cycle boursier national. Une phase moins spectaculaire que celle qui l'a précédée, mais plus exigeante, où la performance ne pourra plus être improvisée. BKGR qualifie l'environnement de marché à venir de «FANI» (friable, anxiogène, non linéaire et incompréhensible).
Dans ce contexte, 2026 ne sera pas une année d'euphorie, mais une année de tri, de sélection et d'exécution. Après trois exercices consécutifs de forte revalorisation, le marché actions entre dans une logique de normalisation, où la croissance bénéficiaire, la discipline financière et la capacité des entreprises à tenir leurs trajectoires stratégiques deviennent les véritables moteurs de création de valeur.
Une trajectoire macroéconomique encore porteuse
Sur le plan macroéconomique, BKGR anticipe une croissance autour de 4,5% en 2026, soutenue par la poursuite de l'investissement public, la solidité du secteur non agricole et une demande intérieure résiliente.
L'inflation resterait maîtrisée, permettant à Bank Al-Maghrib de maintenir une orientation monétaire accommodante, avec un taux directeur stable et une perspective d'atterrissage monétaire plus dovish à moyen terme.
Le Projet de loi de finances 2026 confirme cette dynamique, avec un effort d'investissement public élevé et une consolidation budgétaire progressive. Cette combinaison, selon BKGR, permet de soutenir l'activité sans dégrader les équilibres macro-financiers, tout en maintenant la dette publique sur une trajectoire soutenable.
Un marché actions appelé à devenir plus sélectif
Dans ce cadre, BKGR estime que la performance boursière en 2026 sera moins tirée par l'expansion des multiples de valorisation que par la croissance réelle des résultats. Les niveaux atteints fin 2025 appellent à davantage de prudence sur certaines valeurs, tandis que des phases de consolidation ponctuelles, notamment en début d'année, sont jugées probables.
La stratégie d'investissement proposée par BKGR repose ainsi sur une architecture structurée, combinant un noyau de valeurs défensives et génératrices de cash-flow, un moteur de croissance maîtrisée et une poche tactique dédiée à la création d'alpha. Cette approche vise à capter la performance dans un environnement incertain, tout en limitant l'exposition aux chocs exogènes.
2025, l'année du changement d'échelle
Cette lecture prudente de 2026 ne peut être comprise sans revenir sur l'exceptionnelle séquence de 2025. L'année écoulée a marqué un tournant pour les marchés marocains. Dans un environnement international pourtant dominé par les tensions géopolitiques et la fragmentation économique, le Maroc a affiché une résilience remarquable.
Selon BKGR, la croissance a avoisiné les 5%, portée par l'investissement, le redressement du secteur non agricole et la vigueur du tourisme. L'inflation est restée contenue, offrant à la politique monétaire une marge de manœuvre précieuse. Surtout, le retour du Maroc au statut Investment Grade a constitué un signal fort, renforçant la crédibilité financière du Royaume et améliorant son attractivité auprès des investisseurs internationaux.
Une bourse entrée dans une nouvelle dimension
C'est sur le marché actions que cette dynamique s'est traduite avec le plus d'intensité. En 2025, la Bourse de Casablanca a signé l'une de ses meilleures performances historiques. L'indice MASI a progressé de près de 28%, tandis que la capitalisation boursière a franchi pour la première fois le seuil des 1.000 milliards de dirhams.
BKGR souligne que cette performance repose sur des fondamentaux solides. Les résultats des sociétés cotées ont fortement progressé, en particulier dans les secteurs bancaire, industriel, télécoms et santé. Le retour des investisseurs particuliers, la dynamique des introductions en bourse et les avancées réglementaires ont contribué à renforcer la profondeur et la liquidité du marché.
Pour BKGR, 2025 a donc marqué un changement d'échelle. 2026 en sera l'épreuve de maturité. Le marché marocain est entré dans une nouvelle phase de son développement, où la performance ne sera plus uniforme, mais différenciée.
Dans ce nouveau cycle, la sélectivité, la qualité des bilans et la lisibilité stratégique des entreprises feront la différence. Le message est clair. Le potentiel demeure, mais il s'adresse désormais à des investisseurs capables de lire le temps long, d'assumer la complexité et de privilégier la rigueur à l'euphorie.
Quand la performance change de moteur
L'analyse de BMCE Capital Global Research met en évidence un changement de régime clair à l'horizon 2026. Après plusieurs exercices marqués par une forte revalorisation du marché actions marocain, le cycle à venir ne pourra plus être porté par l'expansion des multiples de valorisation. Les niveaux atteints fin 2025 imposent désormais une lecture plus exigeante du marché.
Selon BKGR, la performance boursière en 2026 reposera principalement sur la croissance effective de la capacité bénéficiaire des entreprises, leur aptitude à exécuter leurs plans stratégiques et la visibilité de leurs flux de trésorerie.
Cette transition implique une sélectivité accrue, tant sectorielle qu'au niveau des valeurs, dans un environnement où les phases de consolidation ponctuelles sont jugées probables. Dans ce nouveau contexte, la création de valeur devient moins homogène et davantage différenciée.
Le marché entre ainsi dans une phase de maturité relative, où la discipline financière, la qualité des bilans et la lisibilité opérationnelle prennent le pas sur les dynamiques de rattrapage observées lors des exercices précédents.
Sanae Raqui / Les Inspirations ECO


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