La mi-janvier 2026 marque une phase d'ajustement mesurée sur le marché obligataire. Entre un léger durcissement des conditions de liquidité, une stratégie d'émission du Trésor recentrée et une remontée progressive des rendements, l'analyse de BMCE Capital Global Research met en lumière une normalisation graduelle des équilibres financiers, sans rupture brutale des tendances de fond. La deuxième semaine de janvier 2026 confirme une inflexion progressive des équilibres sur le marché obligataire. Dans sa note Fixed Income Weekly, BMCE Capital Global Research (BKGR) décrit un environnement marqué par un léger creusement du déficit de liquidité bancaire, une adjudication du Trésor fortement concentrée sur une seule maturité et une poursuite de la tendance haussière des rendements sur le marché secondaire. Un déficit de liquidité en légère aggravation Sur le marché monétaire, la période allant du 8 au 15 janvier 2026 se caractérise par un creusement modéré du déficit de liquidité bancaire moyen, en hausse de 1,56% pour atteindre –139,9 milliards de dirhams (MMDH). Dans le même temps, les avances à sept jours de Bank Al-Maghrib reculent de 17,2 milliards de dirhams, pour s'établir à 53,8 milliards. Les placements du Trésor progressent, avec un encours quotidien maximal de 8,7 MMDH, contre 4,0 milliards la semaine précédente. Malgré ces ajustements, les taux courts demeurent stables. Le taux moyen pondéré interbancaire se maintient à 2,25%, tandis que le taux MONIA enregistre une légère progression à 2,250%. Une adjudication du Trésor concentrée sur le 5 ans Sur le marché primaire, l'attention se focalise sur la dernière adjudication du Trésor, au cours de laquelle un montant total de 6,0 MMDH a été levé, soit 82% du montant initialement proposé de 7,3 milliards. Cette levée a porté exclusivement sur la maturité cinq ans. Le taux limite retenu ressort à 2,8777%, traduisant une hausse du taux primaire de 13,3 points de base. Les autres maturités proposées, notamment à 26 semaines, 52 semaines et 15 ans, n'ont donné lieu à aucune retenue. Cette configuration illustre, selon BKGR, une gestion ciblée du profil d'endettement du Trésor, dans un contexte de tensions mesurées sur la courbe des taux. Une hausse généralisée sur le marché secondaire La dynamique observée sur le marché secondaire confirme cette orientation haussière. Au cours de la période sous revue, l'ensemble des maturités enregistre des augmentations de rendement, avec des amplitudes variables selon les échéances. Les hausses les plus marquées concernent la maturité cinq ans, en progression de 9,41 points de base, suivie des maturités dix ans (+5,70 points de base), 52 semaines (+5,23 points de base) et vingt ans (+3,98 points de base). Les taux secondaires s'établissent ainsi à 2,75% sur cinq ans, 3,04% sur dix ans et 3,55% sur vingt ans, traduisant un mouvement de normalisation progressive sur le moyen et le long terme. Des anticipations prudentes pour les prochaines semaines En perspective, BKGR anticipe une intensification du rythme d'intervention de Bank Al-Maghrib sur le marché monétaire. Le volume des avances à sept jours devrait être porté à 57,8 MMDH, contre 53,8 milliards précédemment. Sur le compartiment obligataire, la société de recherches table sur le maintien d'une légère pression haussière des rendements à court terme, dans le prolongement des mouvements observés sur le moyen et le long terme. Ayant déjà levé 13,6 milliards de dirhams sur des besoins annoncés de 15,5 milliards, le Trésor devrait néanmoins parvenir à contenir les tensions sur les adjudications à venir, limitant les ajustements à des corrections d'ordre technique. Sanae Raqui / Les Inspirations ECO