Le marché obligataire ouvre l'année 2026 sur une séquence de détente mesurée, marquée par un recul du déficit de liquidité bancaire, une adjudication ciblée du Trésor sur le 2 ans et une reprise progressive des rendements sur le marché secondaire. Dans sa dernière note Fixed Income Weekly, BMCE Capital Global Research (BKGR) décrit un environnement de marché globalement stable, où les ajustements de taux restent contenus et étroitement liés aux besoins de financement et à la gestion de la liquidité. Le marché obligataire entame l'année 2026 dans un climat de normalisation progressive, marqué par un allègement tangible des tensions de liquidité et une lecture plus lisible des anticipations de taux. La dernière note Fixed Income Weekly, publiée par BMCE Capital Global Research (BKGR), met en évidence une séquence de marché où la stabilité monétaire se conjugue à une gestion active des besoins du Trésor, dans un environnement encore largement piloté par les arbitrages de court terme. Au cours de la période allant du 31 décembre 2025 au 7 janvier 2026, le déficit de liquidité bancaire moyen s'est établi à –137,7 milliards de dirhams (MMDH), en recul de 6,89% sur une semaine. Cette amélioration intervient alors que les avances à 7 jours de Bank Al-Maghrib (BAM) ont progressé de 1,6 MMDH, pour atteindre 70,9 milliards, confirmant le rôle stabilisateur de l'instrument monétaire dans un contexte de transition de début d'exercice. Entre-temps, les placements du Trésor ont fortement diminué. L'encours quotidien maximal ne dépasse plus 4 MMDH, contre 25,5 milliards la semaine précédente, traduisant une utilisation plus ciblée de la trésorerie publique. Les taux de référence sont restés contenus, avec un TMP interbancaire stable à 2,25%, tandis que le MONIA a légèrement reculé à 2,242%, signe d'un marché monétaire sans tension excessive. Une adjudication concentrée sur le 2 ans Sur le marché primaire, l'attention s'est focalisée sur la maturité 2 ans, devenue le point d'équilibre entre visibilité budgétaire et appétit des investisseurs. Lors de la dernière adjudication, le Trésor a levé 4,1 MMDH, soit 62% du montant initialement proposé de 6,6 milliards. Cette levée a été réalisée exclusivement sur l'échéance juillet 2028, avec un taux limite de 2,569%, en hausse de 3,5 points de base (pbs) par rapport à l'adjudication précédente. Cette situation confirme une légère remontée des taux primaires sur les maturités intermédiaires, sans pour autant traduire une rupture de tendance. Il reflète davantage un ajustement technique dans un marché où la demande demeure sélective mais soutenue, notamment de la part des investisseurs institutionnels à la recherche de portage maîtrisé. Le secondaire bascule dans le vert Sur le marché secondaire, la semaine a été globalement favorable. Les rendements ont progressé sur plusieurs maturités, avec des hausses notables sur le 15 ans (+12,86 pbs), le 52 semaines (+10,72 pbs) et le 2 ans (+8,75 pbs). À l'inverse, la maturité très courte de 13 semaines a enregistré une légère détente de –1,59 pbs, confirmant la segmentation actuelle de la courbe des taux. Cette configuration traduit un marché secondaire en phase de rééquilibrage, où les anticipations de financement à moyen terme se redessinent sans générer de tension structurelle. La courbe demeure globalement stable, avec des ajustements graduels dictés par les besoins ponctuels du Trésor et les arbitrages des investisseurs. Des perspectives sans rupture annoncée Pour les semaines à venir, BKGR anticipe une réduction du rythme des interventions de BAM, avec des avances à 7 jours ramenées à 53,7 MMDH. Sur le front obligataire, les prochaines adjudications devraient s'inscrire dans un contexte de besoin prévisionnel estimé à 15,5 milliards, destiné notamment à couvrir des tombées avoisinant huit milliards. Selon BKGR, la liquidité confortable du Trésor et la demande régulière des investisseurs devraient permettre de maintenir une courbe globalement inchangée, avec seulement des ajustements marginaux, sans tension particulière sur les taux. Une lecture qui confirme que le marché obligataire marocain aborde 2026 dans une logique de continuité maîtrisée plutôt que de rupture. Sanae Raqui / Les Inspirations ECO