Quatrième destination africaine la plus attractive pour les investissements miniers en 2026, le Maroc confirme son ancrage dans une dynamique de montée en gamme du secteur extractif. Le dernier classement publié par The Africa Report le place juste derrière l'Afrique du Sud, la Namibie et le Botswana, et devant le Ghana, la Zambie et la Mauritanie. Un tournant qui consacre les réformes menées, la diversification géologique du pays et l'amélioration de son environnement d'investissement. La deuxième édition du classement «25 Top Mining Destinations», élaborée par The Africa Report, redessine la carte du potentiel minier africain à moyen terme. Ce classement, qui liste les 25 destinations minières les plus attractives en Afrique, positionne le Maroc à un rang stable par rapport à l'édition précédente. Le Royaume devance ainsi des acteurs historiques comme le Ghana, la Zambie ou la Mauritanie, et confirme son ancrage dans le peloton de tête formé par l'Afrique du Sud, la Namibie et le Botswana. Ce classement repose sur un indice composite, baptisé «le Mining Attractiveness Index», fondé à la fois sur les réserves géologiques, la maturité des projets en cours et la capacité des Etats à transformer leur potentiel en valeur concrète. En fait, il s'agit moins de mesurer la seule richesse du sous-sol que d'évaluer la chaîne complète de création de valeur, de la qualité des infrastructures à la gouvernance, en passant par la transparence réglementaire. Techniquement, le classement s'appuie sur le «Mining Attractiveness Index» élaboré à partir de treize minerais stratégiques (cuivre, cobalt, lithium, nickel, or, entre autres). Les critères sont pondérés pour moitié sur la base du potentiel géologique, pour dix pour cent sur la dynamique des projets en cours, et pour quarante pour cent sur l'environnement opérationnel, à travers des indicateurs relatifs à la gouvernance, aux risques, à l'état des infrastructures et à la qualité du climat des affaires. Dans ce classement, le Maroc émerge donc en quatrième position, avec un score consolidé porté par la richesse et la diversité de son portefeuille minéral. Longtemps identifié presque exclusivement au phosphate, dont il détient entre 70% et 75% des réserves mondiales, le Royaume fait désormais valoir d'autres ressources stratégiques. Son cobalt, extrait notamment à Bou Azzer, le positionne dans la course mondiale aux métaux pour batteries électriques. Ses réserves de cuivre, d'argent, de barytine, de zinc ou encore de fluorine s'inscrivent dans les chaînes industrielles les plus critiques de l'économie verte. Des atouts stratégiques aussi Mais le classement de The Africa Report va plus loin. Il consacre également la progression de l'environnement opérationnel marocain. La réforme du Code minier, la numérisation du cadastre, les améliorations dans l'attribution des permis et l'intégration progressive de standards ESG contribuent à la visibilité et à la confiance des investisseurs. Le pays progresse aussi sur le plan logistique, bien que certains défis persistent en matière d'accès aux gisements éloignés ou de formation spécialisée dans les métiers miniers. À l'international, cette dynamique s'illustre aussi dans la montée en puissance de groupes comme Managem, qui développe une stratégie d'intégration verticale sur le cobalt et le cuivre, en lien avec des partenaires mondiaux. Cette capacité à structurer des chaînes de valeur locales est d'ailleurs l'un des critères les plus valorisés dans le classement, qui cherche à mesurer non seulement l'extraction, mais aussi la transformation et l'impact local du secteur. Ainsi, en 2026, le Maroc devance plusieurs poids lourds historiques de l'extraction africaine. Il confirme également son rang dans d'autres indices de référence, comme celui du Fraser Institute, où il se classe 18e mondial sur 82 juridictions évaluées. Cette position est conquise dans un contexte marqué par la reconfiguration des chaînes d'approvisionnement, la course aux métaux critiques et les pressions géopolitiques sur les ressources naturelles – avec les Etats-Unis qui intensifient leur présence en Afrique, à travers des opérateurs comme Kobold Metals – ou encore la Chine qui poursuit son expansion méthodique. Elle s'explique, notamment, par les atouts décisifs dont bénéficie le Maroc avec, entre autres, une position géostratégique en interface avec l'Europe, une diplomatie économique proactive et une stabilité institutionnelle qui rassure les partenaires. Une stratégie minière nationale à l'horizon 2030 Le positionnement du Maroc dans les tout premiers rangs du classement des destinations minières les plus attractives d'Afrique ne relève pas du hasard. Il s'inscrit dans le sillage de la Stratégie nationale de développement du secteur minier à l'horizon 2030, adoptée en 2013 et désormais en phase de relance. Cette feuille de route vise à tripler le chiffre d'affaires du secteur, le portant à 15 milliards de dirhams, tout en doublant les emplois directs pour atteindre 30.000 postes à l'horizon 2030. L'ambition repose sur trois piliers : l'élargissement du potentiel géologique exploité, la valorisation locale des ressources à travers le développement des chaînes de transformation, et l'amélioration de la gouvernance sectorielle, notamment via la révision du Code minier, la digitalisation du cadastre et le soutien à la recherche géologique. La stratégie vise également à renforcer l'attractivité du Maroc pour les investisseurs étrangers, en mettant l'accent sur les métaux critiques (cobalt, cuivre, barytine, fluorine...), stratégiques pour la transition énergétique mondiale. En cela, le développement de filières locales intégrées, comme celle du cobalt autour de Bou Azzer, constitue un cas d'école. Dans un contexte de compétition mondiale sur les ressources minières, le Maroc entend passer du statut d'exportateur de matières premières brutes à celui de hub régional intégré, combinant exploration, transformation, innovation et durabilité.