En ligne avec ses ambitions nationales en matière d'autonomie énergétique et de durabilité industrielle, la Société de productions biologiques et pharmaceutiques (Biopharma) franchit une étape stratégique. L'entreprise prévoit la mise en place d'une centrale photovoltaïque avec système de stockage, en autoconsommation. Un projet qui vise à sécuriser son approvisionnement électrique, à réduire ses charges énergétiques et à verdir durablement son outil de production. À quelques kilomètres de Rabat, sur le site industriel de Sidi Bettache, le laboratoire Biopharma se prépare à signer une démarche novatrice dans son secteur d'activité. Il entend ainsi faire partie des premiers laboratoires marocains à s'équiper d'une centrale solaire privée avec stockage intégré. Afin de sécuriser l'approvisionnement de son site industriel, réduire ses coûts d'énergie, mais aussi s'aligner sur les exigences environnementales internationales, Biopharma prévoit la mise en place d'une centrale solaire photovoltaïque en autoconsommation. Une initiative, en somme, pionnière dans un secteur encore peu engagé dans la transition énergétique, mais qui pourrait bien ouvrir la voie à un nouveau modèle d'indépendance énergétique industrielle. De plus, cette démarche permettra à Biopharma de répondre aux standards ESG exigés par ses partenaires internationaux, de se prémunir contre l'instabilité du coût de l'électricité dans les années à venir et d'anticiper une réglementation de plus en plus stricte en matière de décarbonation industrielle. Un projet structuré en Corporate PPA Pour concrétiser ce projet, Biopharma a opté pour un modèle de Corporate PPA (Power Purchase Agreement), en autoconsommation et sans injection sur le réseau. Concrètement, l'entreprise pharmaceutique signera un contrat de fourniture d'électricité renouvelable directement avec un opérateur privé, qui prendra en charge l'ensemble de l'investissement (financement, construction, exploitation et maintenance de l'installation). En retour, Biopharma s'engagera à consommer l'électricité produite sur site, à un tarif négocié, sur une période contractuelle allant de 5 à 15 ans. Le projet cible une installation hybride (solaire avec option de stockage) d'une capacité comprise entre 250 et 350 kWc. Ce dimensionnement doit permettre de couvrir une part significative des besoins du site tout en garantissant une continuité énergétique, grâce au stockage, notamment lors des pics de consommation ou des baisses d'ensoleillement. L'ensemble du dispositif devra s'intégrer harmonieusement à l'architecture électrique existante de l'unité de Sidi Bettache. Le fournisseur retenu devra non seulement assurer le financement complet, la construction clés en main, l'exploitation technique et la maintenance du système, mais il devra également s'engager sur un haut niveau de performance énergétique, attesté par des simulations prévisionnelles (logiciel PVSYST ou équivalent) et une méthodologie détaillée de mesure des rendements réels (P50/P90). Des exigences strictes en matière de sécurité et de qualité Le cahier des prescriptions techniques, en vue de la mise en œuvre, le financement, la construction, l'exploitation et la maintenance de la centrale photovoltaïque, y compris le stockage en autoproduction, fixe des normes de conformité précises. L'installation devra respecter les standards internationaux (CEI 61215, CEI 61730, CEI 60364 pour les BT) ainsi que les normes marocaines. L'accent est mis sur la sécurité électrique, la qualité environnementale (ISO 9001, ISO 14001), mais aussi sur l'emploi local. Dans ce sens, les prestataires sont incités à mobiliser une main-d'œuvre marocaine qualifiée, notamment pour l'installation et la maintenance. D'autre part, le futur prestataire sera tenu de fournir des simulations de production précises, réalisées avec des outils de référence comme PVSYST, ainsi que des analyses P50/P90, qui permettent de modéliser la probabilité de production d'énergie sur différentes hypothèses climatiques. Biopharma attend des engagements fermes en matière de rendement, de disponibilité de l'installation et de réactivité en cas de dysfonctionnement. Une étape stratégique dans la trajectoire de Biopharma Pour Biopharma, ce projet va bien au-delà d'une simple réduction de la facture énergétique. Il s'agit d'un investissement stratégique dans l'autonomie, la résilience et la compétitivité. L'entreprise, engagée dans la production de vaccins, de médicaments injectables et de produits biologiques, opère sur un segment hautement sensible, où la continuité d'alimentation électrique est une condition de sécurité et de conformité réglementaire. En misant sur l'autoproduction d'énergie verte, Biopharma se prémunit aussi contre les risques tarifaires et géopolitiques liés à l'énergie fossile, tout en améliorant son empreinte carbone. À terme, cette centrale pourrait devenir un atout dans la conformité aux standards internationaux ESG, une exigence croissante des donneurs d'ordre, notamment dans les secteurs de la santé et de l'export. Qu'est-ce qu'un Corporate PPA ? Le Corporate PPA (Power Purchase Agreement ou contrat d'achat d'électricité) est un mécanisme contractuel par lequel une entreprise privée s'engage à acheter de l'électricité produite à partir d'énergies renouvelables, généralement sur son propre site ou via un producteur tiers. Contrairement aux contrats classiques avec des distributeurs publics, le Corporate PPA permet de verrouiller à long terme un prix d'achat stable, souvent inférieur au coût du marché. Dans le cas de Biopharma, le contrat prend la forme d'une autoconsommation sans injection, c'est-à-dire que toute l'électricité produite par la centrale photovoltaïque sera directement utilisée par le site industriel. Ce type de contrat offre plusieurs avantages notamment la maîtrise des coûts énergétiques à moyen et long terme ; la réduction de l'empreinte carbone de l'entreprise ; l'indépendance partielle vis-à-vis du réseau national ainsi que l'accès facilité aux financements verts et à certains marchés à critères ESG. Très répandu en Europe et aux Etats-Unis, le Corporate PPA s'impose progressivement au Maroc comme un levier clé de transition énergétique dans le secteur privé, notamment depuis l'ouverture du marché aux autoproducteurs à travers la loi 13-09 et ses évolutions.