Dans un contexte de détente progressive des conditions de liquidité, le marché obligataire évolue sur une ligne d'équilibre entre prudence du Trésor et ajustements techniques des taux. BMCE Capital Global Research (BKGR) met en évidence une dynamique de normalisation encore fragile, marquée par une lecture fine des maturités et des interventions monétaires. Le marché obligataire continue d'évoluer dans un environnement de normalisation graduelle des conditions monétaires, marqué par un léger desserrement des tensions de liquidité et un ajustement différencié des taux selon les maturités. La dernière note Fixed Income Weekly de BMCE Capital Global Research met en lumière une séquence de marché où l'intervention de Bank Al-Maghrib, le comportement du Trésor et la réaction du secondaire dessinent une dynamique plus lisible, sans pour autant dissiper l'ensemble des incertitudes. Un déficit de liquidité en léger reflux Sur le marché monétaire, le déficit de liquidité bancaire moyen s'est légèrement allégé sur la période allant du 29 janvier au 5 février 2026. Selon BKGR, il s'établit à –138,3 milliards de dirhams (MMDH), en amélioration de 4%, dans un contexte de baisse des avances à 7 jours de la Banque centrale, ramenées à 50,4 MMDH. Ce mouvement s'est accompagné d'un recul des placements du Trésor, dont l'encours quotidien maximal est revenu à 9,4 MMDH, contre plus de 15 milliards une semaine auparavant. Dans ce cadre, le taux moyen pondéré interbancaire s'est légèrement apprécié, à 2,253%, tandis que le MONIA a atteint 2,274%, traduisant un marché toujours encadré mais plus fluide. Une adjudication sélective sur le marché primaire Cette détente relative n'a pas empêché le Trésor d'adopter une posture prudente sur le marché primaire. Lors de la dernière adjudication, l'Etat n'a retenu que 1,9 milliard de dirhams sur un montant proposé de 11,5 milliards, concentrant l'intégralité de la levée sur la maturité 2 ans. Le taux limite ressort à 2,7609%, en baisse de 6,7 points de base (pbs) par rapport à la précédente adjudication. Pour BKGR, cette opération traduit une volonté claire du Trésor de préserver ses conditions de financement, en profitant d'un contexte monétaire plus favorable tout en évitant une pression excessive sur la courbe des taux . Des ajustements contrastés sur le marché secondaire Sur le marché secondaire, la dynamique observée reste contrastée. Les maturités courtes et intermédiaires ont enregistré des baisses de taux notables, en particulier sur le 2 ans, le 52 semaines et le 5 ans, avec des replis atteignant –6,6 pbs. À l'inverse, l'extrémité longue de la courbe s'est légèrement tendue, avec des hausses sur les maturités 15 et 20 ans. Cette configuration reflète, selon les analystes de BKGR, un arbitrage entre recherche de rendement à court terme et prudence sur les horizons plus longs. Du côté de la dette privée, l'activité demeure limitée. Seules quelques émissions de certificats de dépôt ont été enregistrées, notamment par BMCI, à des taux compris entre 2,65% et 2,90%. Cette faible activité confirme l'attentisme des émetteurs, dans un environnement où la visibilité sur la trajectoire future des taux reste partielle.Pour la période à venir, BKGR anticipe un renforcement des interventions de Bank Al-Maghrib sur le marché monétaire, avec un volume d'avances à 7 jours porté à 60,6 MMDH. Sur le plan obligataire, la pression sur les taux semble se modérer, portée par l'hypothèse d'une sortie du Trésor sur les marchés internationaux avant la fin du premier semestre. Une perspective qui, si elle se concrétise, pourrait contribuer à stabiliser la courbe domestique, tout en maintenant une vigilance accrue sur les maturités moyennes et longues. Sanae Raqui / Les Inspirations ECO