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Eau : le dessalement, nouveau champ de bataille stratégique pour le Maroc
Publié dans Les ECO le 18 - 02 - 2026

Face à l'équation hydrique avec laquelle le Royaume a dû composer au cours des dernières années, la voie choisie a été celle de l'industrialisation de l'eau. Selon une étude approfondie du cabinet Renub Research, le marché marocain du dessalement devrait doubler d'ici 2033, passant de 400 millions de dollars en 2024 à 850 millions, soit une progression annuelle moyenne de 8,74%. Une croissance portée par des investissements importants et une intégration inédite des énergies renouvelables. Mais l'analyse du cabinet met également en lumière des défis structurels que la stratégie marocaine devra surmonter pour tenir ses promesses.
Au cours des sept dernières années, le Maroc a vécu l'une des périodes de sécheresse les plus sévères de son histoire. Les barrages affichaient des taux de remplissage inquiétants, les nappes phréatiques étaient exploitées bien au-delà de leur capacité de renouvellement, et l'agriculture, poumon économique pour de nombreuses régions, tirait continuellement la sonnette d'alarme. Mais à côté de ce diagnostic, une mutation profonde a été opérée. Celle d'une nation qui industrialise sa réponse à la pénurie.
Des monuments d'acier et d'eau salée
À Lamharza Essahel, près d'El Jadida, les engins de chantier s'activent sur un site de 50 hectares. Ici sortira de terre la plus grande usine de dessalement d'Afrique. Une fois achevée, elle approvisionnera 7,5 millions d'habitants du Grand Casablanca, Settat, Berrechid et Bir Jdid. Elle devrait produire à terme 300 millions de mètres cubes (m3) d'eau potable par an, passant de 548.000 m3 par jour dès fin 2026 à 822.000 m3 à l'horizon 2028. Un projet à 6,5 milliards de dirhams (MMDH), développé dans le cadre d'un Partenariat public-privé, et qui fonctionnera exclusivement aux énergies renouvelables. Plus au sud, Agadir abrite déjà l'une des plus grandes installations du continent, également alimentée par l'énergie verte.
À Nador, une nouvelle usine est entrée en service en février 2025, avec une capacité annuelle de 250 millions de m3, pour les besoins municipaux et agricoles de l'Oriental. À Safi, un autre projet est en développement, visant 86.400 m3 par jour. De la Méditerranée à l'Atlantique, un chapelet d'infrastructures se tisse ainsi le long du littoral.
Les atouts d'un Royaume tourné vers la mer
Cette ambition, le Maroc peut la déployer grâce à l'avantage géographique décisif que lui offrent ses 3.500 kilomètres de côtes. Là où d'autres nations doivent composer avec des accès limités à la mer ou des contraintes géologiques, le Royaume peut multiplier les sites d'implantation. Mais la géographie ne suffit pas.
Le dessalement a longtemps souffert de sa voracité énergétique. C'est ici qu'intervient le second atout marocain. Pionnier africain des énergies renouvelables avec ses complexes solaires de Noor et ses parcs éoliens, le pays peut aujourd'hui coupler ses usines de dessalement à des sources d'électricité verte.
L'usine d'Agadir en est l'illustration. Quant à celle de Casablanca, elle a été conçue dès l'origine pour fonctionner à l'énergie propre. Ce faisant, le Maroc résout l'équation économique du dessalement tout en respectant ses engagements climatiques.
La technologie, elle aussi, a fait sa part. L'osmose inverse, devenue la norme, a considérablement réduit la consommation énergétique des installations grâce à des membranes plus performantes, des systèmes de récupération d'énergie et une automatisation poussée. Les nouvelles usines marocaines intègrent désormais du monitoring numérique, de la maintenance prédictive et des contrôles de processus optimisés.
Les défis à surmonter
Pourtant, l'analyse détaillée de Renub Research invite à la vigilance. Dans son étude prospective sur le marché marocain du dessalement, le cabinet identifie quatre obstacles structurels que la stratégie nationale devra impérativement surmonter.
Le premier est financier. Les coûts d'investissement restent colossaux, relève l'étude. Si les Partenariats public-privé permettent de répartir le risque, la soutenabilité des montages financiers sur le long terme devra être garantie. Chaque nouvelle usine exige des centaines de millions de dirhams d'investissement initial, sans parler des réseaux de transport et de distribution à construire ou à renforcer.
Le deuxième défi identifié par le cabinet est énergétique, paradoxalement. Même avec des usines alimentées par le solaire et l'éolien, la dépendance au système électrique national demeure. Les fluctuations de production des énergies intermittentes, l'absence de solutions de stockage à grande échelle et la rigidité du réseau sont autant de facteurs qui peuvent affecter la continuité de la production d'eau. L'intégration des renouvelables au dessalement est une promesse, pas encore une garantie absolue.
Le troisième angle mort mis en lumière par Renub Research est environnemental. Chaque mètre cube d'eau douce produit génère un volume à peu près équivalent de saumure, ce concentré de sel rejeté à la mer. Mal géré, ce rejet peut asphyxier les écosystèmes marins locaux. Les études d'impact et les mesures d'atténuation devront être à la hauteur des enjeux, insistent les analystes.
Enfin, le facteur humain constitue le quatrième défi souligné par l'étude. Une usine de dessalement est un concentré de technologies complexes. Son exploitation exige des compétences pointues : ingénieurs spécialisés, techniciens de maintenance, opérateurs formés aux systèmes automatisés. Former cette main-d'œuvre en nombre suffisant, et surtout la fidéliser, constituera un défi majeur pour les années à venir.
Cap sur 2030
L'objectif affiché par les autorités est de porter la capacité nationale de dessalement à 1,5 milliard de m3 par an d'ici 2030. Un chiffre qui reflète l'ambition, mais aussi le chemin qui reste à parcourir. Les grands noms internationaux du secteur l'ont bien compris. Veolia, DowDuPont, Doosan, Ovivo, Aquatech, le chinois Guangzhou KangYang : tous sont positionnés sur ce marché en plein essor, apportant technologies, ingénierie et expérience.
La concurrence se joue désormais sur des critères d'efficacité énergétique, de réduction des coûts, de digitalisation et de performance environnementale. Le Maroc a fait le pari que l'innovation et l'investissement peuvent repousser les limites de la rareté et répondre à une pénurie conjoncturelle.
Sami Nemli / Les Inspirations ECO


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