L'Inde accueille depuis lundi un sommet international consacré à l'intelligence artificielle (IA), réunissant chefs d'Etat, dirigeants de grandes entreprises technologiques et experts du secteur. Organisé à New Delhi jusqu'à vendredi, l'AI Impact Summit se veut une plateforme pour débattre de l'avenir de cette technologie et de sa gouvernance, avec l'ambition affichée de mieux intégrer les priorités du Sud global. Selon le gouvernement indien, l'évènement vise à faire passer les discussions «du stade du dialogue à celui d'un impact concret» et à promouvoir un développement de l'IA au service d'une croissance inclusive et durable. New Delhi entend s'affirmer comme un acteur majeur des discussions internationales sur la gouvernance de l'IA. Les organisateurs mettent en avant l'expérience du pays en matière d'infrastructures publiques numériques, notamment les systèmes d'identification et de paiement électroniques, comme exemples de déploiement à grande échelle de technologies à coût maîtrisé. Ils plaident également pour une prise en compte accrue des besoins des pays du Sud, souvent confrontés à des contraintes d'accès aux infrastructures, aux capacités de calcul et aux financements. Plus de 700 sessions en cinq jours Une vingtaine de dirigeants étrangers sont attendus, aux côtés de ministres et de délégations de haut niveau représentant une centaine de pays, illustrant l'importance stratégique accordée à l'IA, perçue à la fois comme un levier de compétitivité industrielle, un moteur de transformation numérique et un enjeu majeur de souveraineté. Le secteur privé sera également fortement représenté, avec la participation annoncée de Sundar Pichai (Google), Sam Altman (OpenAI) et Brad Smith (Microsoft), entre autres responsables de groupes technologiques internationaux. Le sommet prévoit plus de 700 sessions sur cinq jours, consacrées notamment à l'emploi et à la formation, à la sécurité des systèmes d'IA, à leur gouvernance et à leur usage éthique, à la protection des données, ainsi qu'à l'approche indienne en matière d'IA souveraine, incluant le développement de modèles fondamentaux nationaux destinés à des secteurs stratégiques. Sept groupes de travail thématiques, «coprésidés par des représentants du Nord et du Sud», doivent présenter des propositions concrètes autour de biens communs numériques, d'outils d'IA de confiance, d'infrastructures de calcul partagées et de répertoires sectoriels de cas d'usage. L'énergie, enjeu majeur Autre enjeu majeur : l'empreinte énergétique de l'IA. L'essor des centres de données nécessaires à l'entraînement et au fonctionnement des modèles avancés entraîne une hausse de la consommation d'électricité, soulevant des interrogations sur la compatibilité entre développement technologique et objectifs climatiques. En 2024, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) estimait déjà que ces infrastructures représentaient environ 1,5% de la consommation mondiale d'électricité, une part appelée à doubler d'ici à 2030. Par ailleurs, une exposition dédiée, réunissant plus de 500 startups, présentera des applications concrètes dans des secteurs tels que la santé, l'agriculture, l'éducation, l'action climatique, l'efficacité énergétique ou l'accessibilité, afin d'illustrer comment l'IA peut améliorer les services et répondre à des besoins quotidiens. À l'image des précédentes éditions organisées à Paris, Séoul et Bletchley Park (Royaume-Uni), le sommet de New Delhi ne devrait pas déboucher sur un accord juridiquement contraignant, estiment plusieurs observateurs. Le pays hôte espère toutefois qu'il permettra de dégager un consensus sur les grands enjeux de l'IA, avec un accent particulier sur l'inclusion et l'accès élargi aux ressources technologiques. Les discussions pourraient se conclure ainsi par une déclaration commune fixant des principes en matière de sécurité, d'éthique et de coopération internationale. Celle-ci pourrait éventuellement être accompagnée d'un cadre pour un déploiement responsable dans les économies en développement ou d'une feuille de route visant à mutualiser les capacités de recherche et de calcul, afin de structurer une approche partagée du développement de l'IA, selon des rapports médiatiques.