L'Agence du bassin hydraulique du Sebou déploie une programmation technique diversifiée pour l'année 2026. Les interventions prioritaires ciblent la maintenance des barrages et la protection de trente centres urbains contre les risques d'inondations. Les investissements programmés renforcent la sécurité des populations à travers la modernisation des infrastructures hydrauliques régionales. L'Agence du bassin hydraulique du Sebou engage une phase de déploiement technique d'envergure pour l'exercice 2026. Suite aux orientations validées lors du dernier Conseil d'administration tenu à Sefrou, l'institution oriente ses capacités d'intervention vers la sécurisation des infrastructures et la réduction des vulnérabilités territoriales. Cette programmation répond à une double exigence de sécurité publique et de pérennisation du patrimoine hydraulique national. Les interventions prévues couvrent l'ensemble du périmètre d'action de l'agence, avec une attention particulière pour les zones exposées aux risques naturels et les sites nécessitant une mise à niveau environnementale. L'exécution de ces chantiers repose sur une planification rigoureuse visant à garantir l'efficacité des ouvrages face aux variations hydrologiques. 41 centres urbains et ruraux ciblés pour la protection contre les crues La lutte contre les inondations mobilise une part importante des ressources opérationnelles de l'ABHS, qui a identifié 41 centres répartis sur le bassin. 30 zones nécessitent des interventions prioritaires pour limiter l'impact des crues. Le programme prévoit des investissements financiers importants dans plusieurs provinces pour sécuriser les zones d'habitation et les activités économiques. La ville de Fès bénéficie d'une attention particulière avec deux tranches de travaux de protection au niveau de l'Oued El Mehraz représentant un investissement de 54 MDH chacune. Ces aménagements visent à stabiliser les berges et à réguler les débits en période de fortes précipitations. D'autres centres urbains et ruraux font l'objet d'une programmation spécifique pour renforcer leur résilience. La protection de la ville de Taza mobilise un budget de 29 MDH pour la réalisation d'une première tranche de travaux. Parallèlement, des projets sont lancés à Sidi Youssef Ben Ahmed dans la province de Sefrou pour un montant de 25 MDH, ainsi qu'à Ifrane pour une enveloppe identique de 25 MDH. La localité d'Issagene, dans la province d'Al Hoceima, reçoit un investissement de 15 MDH pour des aménagements similaires. Ces chantiers de génie civil constituent un rempart technique contre les débordements des cours d'eau, assurant ainsi une veille permanente sur la sécurité des populations locales. 62 MDH pour la pérennité et l'accessibilité des ouvrages La maintenance des grands barrages existants demeure un axe d'intervention permanent pour l'administration du bassin. L'agence mobilise ainsi 62 MDH pour la maintenance et l'accessibilité des infrastructures hydrauliques au titre de l'exercice 2026. Une enveloppe de 27 MDH finance aussi la stabilisation du versant supérieur du barrage Idriss Ier. Les travaux de génie civil consistent à traiter les glissements de terrain pour garantir la stabilité structurelle de l'ouvrage. Par ailleurs, le programme annuel intègre un montant de 25 MDH destiné à la réhabilitation des structures de génie civil des barrages situés dans la province de Kénitra. L'entretien régulier de leurs organes d'évacuation et des structures bétonnées assure la pérennité des installations. A noter aussi l'amélioration des conditions d'accès aux sites qui bénéficie d'un budget de 10 MDH. Il permet la remise à niveau de 10 kilomètres de routes menant aux installations du barrage Idriss Ier dans la province de Taounate. Le renforcement de ces voies facilitera l'acheminement du matériel technique et l'intervention des équipes de surveillance. 42 MDH investis dans la dépollution et la préservation naturelle La sauvegarde des écosystèmes aquatiques et la lutte contre la pollution constituent des enjeux de durabilité pour le bassin. L'agence programme des interventions ciblées pour la préservation des milieux sensibles, à l'image du lac Dayt Aoua dans la province d'Ifrane. Un budget de 15 MDH est mobilisé pour l'aménagement de ce site dans le cadre d'une convention de partenariat. Ce projet vise à restaurer l'équilibre écologique de la zone et à valoriser le patrimoine naturel local. La gestion de la nappe du Saïss fait également l'objet d'un suivi participatif pour stabiliser les niveaux piézométriques et assurer la pérennité de l'usage agricole. Le volet de la dépollution hydrique se manifeste par la réalisation de stations de traitement des eaux usées dans plusieurs communes. L'agence finance la construction d'unités de traitement à Ait Oukhlfane dans la province d'El Hajeb pour 14 MDH et à Zerhoun dans la province de Meknès pour 13 MDH. Ces infrastructures limitent les rejets directs dans le milieu naturel et protègent la qualité des ressources souterraines. Par ailleurs, des études sont engagées pour explorer les possibilités de réutilisation des eaux usées épurées pour l'arrosage des espaces verts dans les grandes villes du bassin. Cette stratégie de valorisation des eaux non conventionnelles s'inscrit dans une logique d'économie circulaire de la ressource. 18 millions de dirhams pour l'exploration des nappes et les études prospectives La connaissance approfondie du sous-sol et l'anticipation des besoins futurs guident les activités de recherche de l'ABHS. qui a alloué 18 millions de dirhams aux travaux de forages de reconnaissance et à l'exploration des nappes phréatiques. Ces campagnes de prospection visent à identifier de nouvelles ressources pour l'approvisionnement des zones rurales isolées. Le développement de la petite hydraulique fait aussi l'objet d'une attention particulière avec une étude de faisabilité portant sur la réalisation de 25 petits barrages. Ce projet bénéficie d'un financement de 2 millions de dirhams pour définir les sites optimaux de stockage des eaux de pluie. La modernisation des outils de pilotage technique accompagne ces investissements physiques. Un montant de 6,7 millions de dirhams est consacré au développement d'un système d'information géographique intégré. Cet outil permet une cartographie précise des ressources et un suivi en temps réel des indicateurs hydrologiques. L'agence renforce également ses capacités administratives avec une enveloppe de 6 millions de dirhams pour l'extension et l'équipement de son siège social. Ces investissements dans le capital technique et humain visent à transformer l'agence en une administration moderne et connectée. L'ensemble de ces chantiers concourt à une gestion optimisée du bassin du Sebou face aux défis climatiques contemporains. Mehdi Idrissi / Les Inspirations ECO