Certaines personnes façonnent les transformations du pays loin des projecteurs. Ghassane El Machrafi en fait partie. Discret, compétent, respecté... ses interventions dans la presse sont rares. S'il a accepté notre invitation pour être l'invité des ECO, c'est pour décrypter un sujet stratégique : la logistique, désormais au cœur de la compétitivité, de l'organisation des territoires et de la performance des entreprises. Dans cet entretien, le directeur général de l'AMDL propose une analyse instructive sur le sujet : «la compétitivité logistique ne se mesure pas uniquement à la sortie d'usine», mais «à l'échelle du marché final». Il invite à regarder la chaîne dans son ensemble : coûts, foncier, immobilier dédié, externalisation, digitalisation, et mobilité urbaine. Son constat est net : «il existe un écart tangible de productivité» entre les professionnels du secteur et les entreprises qui s'improvisent logisticiens, alors que seules 5% des PME externalisent. Le Maroc, rappelle-t-il, part de bases solides, fruit «d'investissements structurants engagés sur plus de deux décennies» : ports de classe mondiale, rail, autoroutes, zones industrielles. L'enjeu n'est plus seulement de bâtir, mais de structurer : massifier, mutualiser, consolider un marché encore fragmenté, et sécuriser un foncier «déconnecté des phénomènes spéculatifs», selon une logique «cost plus». Casablanca concentre la tension... et l'opportunité ! Faire de la métropole «Barcelone et non pas Calcutta» n'est pas une formule : c'est un cap. À l'horizon 2028, 750 hectares de zones logistiques et plus de 80% du programme déjà sécurisés dessinent une trajectoire. Des profils comme Ghassane El Machrafi, jeunes, humbles et à la vision moderne, sont ceux dont l'économie marocaine a besoin. Hicham Bennani / Les Inspirations ECO