Le Moyen-Orient se trouve plongé dans une tourmente sans précédent depuis que les États-Unis et Israël ont lancé une vaste offensive contre l'Iran. L'escalade militaire, marquée par des ripostes croisées impliquant plusieurs pays arabes, suscite de vives inquiétudes à l'échelle mondiale. Preuve de cette déstabilisation grandissante, l'extension des zones de conflit menace désormais des infrastructures civiles stratégiques. Mardi soir, le Qatar a en effet affirmé avoir déjoué in extremis une offensive iranienne visant son aéroport international, l'une des principales plaques tournantes du transport aérien dans la région. Face à ce chaos, les chancelleries occidentales s'organisent en urgence pour évacuer leurs ressortissants. L'Italie, la Slovaquie et l'Autriche ont activé le Mécanisme de protection civile de l'Union européenne afin de cofinancer ces opérations de rapatriement. De son côté, la Commission européenne envisage de coordonner des ponts aériens de repli depuis la Jordanie et l'Égypte. Le spectre d'un conflit régional total gagne également le pays du Cèdre. Alors que l'ambassade américaine à Beyrouth avait déjà exhorté ses citoyens à quitter le territoire « immédiatement » tant que des vols commerciaux opéraient, la représentation diplomatique a annoncé sa fermeture jusqu'à nouvel ordre. Cette décision fait suite à une série de frappes israéliennes ciblant les positions du Hezbollah pro-iranien. En réaction à cette extension du conflit, le président français Emmanuel Macron est intervenu lors d'une allocution télévisée pour mettre solennellement en garde Israël contre toute attaque visant le Liban, appelant à respecter l'intégrité territoriale de ce pays « allié et ami ». Sur le sol iranien, la situation militaire s'intensifie. Après la mort confirmée de l'ayatollah Ali Khamenei, éliminé dès le premier jour du conflit par des bombardements américains, l'alliance israélo-américaine a mené de nouvelles frappes décisives. Celles-ci ont notamment détruit le bâtiment abritant l'institution chargée d'élire le futur guide suprême, enrayant ainsi le processus de succession. Parallèlement, les bombardements se poursuivent sur des cibles stratégiques, à l'image du site souterrain d'enrichissement de combustible de Natanz. Téhéran s'est toutefois voulu rassurant quant aux conséquences environnementales. « Aucune fuite de matières radioactives n'a été enregistrée dans ce complexe, grâce aux mesures préventives et aux données enregistrées par les systèmes de surveillance », a déclaré l'Organisation iranienne de l'énergie atomique dans un communiqué relayé par l'agence Isna. Cependant, la riposte économique de l'Iran se durcit. Le général iranien Ebrahim Jabbari a averti que la poursuite de l'offensive entraînerait des frappes sur « tous les centres économiques de la région ». Joignant le geste à la parole, il a confirmé un scénario redouté par les marchés mondiaux : « Nous avons fermé le détroit d'Ormuz. Actuellement, le prix du pétrole dépasse les 80 dollars et atteindra bientôt les 200 dollars ». Loin du théâtre des opérations, la Maison Blanche a accueilli mardi le chancelier allemand Friedrich Merz. Lors de son entretien avec le président américain Donald Trump, le dirigeant allemand s'est abstenu de condamner l'élimination d'Ali Khamenei ou de remettre en question la légalité de cette guerre. Il a même déclaré partager le « soulagement » des Iraniens de voir le « régime des mollahs arriver à son terme ». Berlin, à l'instar de la France, maintient néanmoins une ligne prudente en refusant de s'engager directement dans l'offensive initiée par Washington et Tel-Aviv. L'Allemagne privilégie des opérations « défensives » visant à assurer la « protection » des soldats de la Bundeswehr déployés dans la région, le chancelier Merz espérant une fin du conflit « dès que possible » pour limiter l'impact sur l'économie européenne. Cette crise révèle par ailleurs de profondes crispations entre alliés. Donald Trump n'a pas caché sa colère face au refus catégorique de l'Espagne d'autoriser l'utilisation de ses bases militaires pour appuyer l'offensive. Qualifiant Madrid d'alliée « désastreuse », le locataire de la Maison Blanche a brandi la menace de sanctions commerciales drastiques : « L'Espagne se comporte de façon terrible, j'ai demandé la rupture de tous les accords avec l'Espagne ». Assumant pleinement la responsabilité de cette guerre préventive, le président américain a justifié le déclenchement des hostilités par l'imminence d'une attaque iranienne compte tenu de l'échec des négociations : « Je ne voulais pas que ça arrive. Alors j'ai peut-être forcé la main d'Israël. Mais Israël était prêt. Et nous étions prêts ».