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Maroc : la BERD dresse les perspectives économiques pour 2026
Publié dans Les ECO le 02 - 03 - 2026

Portée par le redressement agricole et une dynamique non agricole plus solide, l'économie nationale a accéléré en 2025. Dans ses Regional Economic Prospects de février 2026, la BERD relève ses prévisions et dessine une trajectoire 2026 plus lisible, avec une inflation contenue, une consolidation budgétaire graduelle et un coussin de réserves renforcé.
Portée par une meilleure campagne agricole et par un relais non agricole plus robuste, la croissance marocaine a changé de cadence en 2025. Dans ses Regional Economic Prospects de février 2026, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) revoit ses projections à la hausse et détaille un tableau macroéconomique où l'inflation reste basse, la consolidation budgétaire avance par petites touches et le coussin de réserves se renforce. Le revers de la médaille se lit dans une position extérieure plus fragile, sur fond de hausse des importations et d'incertitudes commerciales.
Une croissance révisée à la hausse, un sentier encore soutenu
Le premier message de la BERD tient en une révision. L'institution relève ses prévisions de 0,6 point pour 2025 et de 0,4 point pour 2026 par rapport à ses estimations de septembre 2025. Dans le détail, le Maroc est attendu à 4,8% en 2025, puis 4,4% en 2026 et 4% en 2027, après 3,7% en 2024 et 3,7% en 2023.
«Le PIB réel a progressé de 4,8% en glissement annuel sur la période janvier–septembre 2025, contre 3,7% en 2024, soutenu par une expansion large, à la fois dans l'agriculture et dans le non-agricole», confirme la BERD dans son rapport.
Ce relèvement n'est pas un simple ajustement technique. Il s'appuie sur une accélération déjà visible dans les données conjoncturelles. La BERD estime que le PIB réel a progressé de 4,8% en glissement annuel sur la période allant de janvier à septembre 2025, contre 3,7% en 2024. L'institution attribue ce mouvement à une expansion à la fois agricole et non agricole, un point qui compte dans un pays où le cycle agricole reste un déterminant majeur de la croissance et de la demande intérieure.
À l'échelle régionale, la BERD situe d'ailleurs le Maroc parmi les moteurs de l'amélioration du pourtour Sud et Est méditerranéen en 2025, en citant explicitement une meilleure saison agricole, au même titre que le rebond du tourisme observé dans la zone.
Inflation contenue, banque centrale en mode vigilance
La seconde surprise du tableau marocain tient à la faible inflation. La BERD relève une inflation moyenne de 0,7% en 2025, après 1% en 2024, une décrue qu'elle relie principalement au recul des prix alimentaires. Ce niveau donne du champ à la politique monétaire, sans la rendre automatique.
En décembre 2025, la banque centrale a maintenu son taux directeur à 2,3%, après une baisse cumulée de 75 points de base sur les 18 mois précédents. La BERD souligne que ce statu quo est justifié par une incertitude accrue.
Autrement dit, le Maroc entre dans 2026 avec un coût de l'argent déjà assoupli, mais une banque centrale qui privilégie la lisibilité et la prudence, dans un environnement international où les chocs de prix et de change peuvent revenir vite, y compris via l'énergie et le commerce mondial.
Emploi et demande, amélioration progressive mais incomplète
Sur le marché du travail, le signal est positif mais modéré. Le taux de chômage recule à 13,1%, contre 13,6% un an auparavant, selon la BERD. La lecture économique est claire. Une croissance plus rapide se traduit par une amélioration graduelle des indicateurs sociaux, sans que l'on puisse parler de bascule. Le niveau de chômage demeure élevé et rappelle que le défi n'est pas seulement de faire croître le PIB, mais de transformer la croissance en emplois, particulièrement dans les segments où la productivité et l'investissement créent de la valeur ajoutée.
Déficit budgétaire en léger reflux, la consolidation passe par les recettes
Sur les finances publiques, la BERD décrit une consolidation par petits pas. «Le déficit budgétaire est estimé en recul, de 3,9% du PIB en 2024 à 3,6% en 2025, grâce à des recettes fiscales plus élevées», confirme la BERD.
L'orientation est importante pour un pays qui doit concilier plusieurs impératifs, soutenir la dynamique d'investissement, préserver l'équilibre social et contenir le coût de la dette. La baisse du déficit, même limitée, renforce le scénario macro 2026 en réduisant la pression de financement et en améliorant la visibilité budgétaire.
Tourisme record, transferts solides, mais une position extérieure plus fragile
C'est ici que le rapport de la BERD devient plus nuancé. D'un côté, l'institution met en avant des arrivées touristiques record de 19,8 millions en 2025 et des transferts qui restent soutenus. Ces deux flux jouent un rôle d'amortisseur, ils soutiennent la demande et apportent des devises. De l'autre côté, la BERD note un affaiblissement de la position extérieure, car la hausse des importations sur la période janvier à novembre a dépassé celle des exportations.
En clair, le Maroc a bénéficié d'entrées importantes liées aux services et aux revenus, mais la facture d'importations a progressé plus vite que la capacité à générer des recettes à l'export, un arbitrage qui peut devenir sensible si les conditions financières se tendent ou si l'environnement commercial se dégrade. Le rapport place d'ailleurs le Maroc dans une tendance plus large vis à vis de la Chine.
La BERD souligne que la majorité des économies suivies affichent un déficit commercial avec la Chine et que ce déficit s'est dégradé pour près des trois quarts d'entre elles entre 2024 et 2025, sous l'effet d'une hausse des importations en provenance de ce partenaire. Le Maroc figure parmi les pays représentés dans ce graphique
Le paramètre commercial américain, un risque exogène à intégrer
Enfin, la BERD introduit un élément rarement discuté dans la lecture quotidienne de la conjoncture marocaine, le niveau de droits de douane américains selon plusieurs scénarios. Dans le tableau consacré aux tarifs d'importation américains, le Maroc apparaît avec des taux qui varient selon les hypothèses. Le niveau ressort à 13,7% dans le scénario présenté avant décision de la Cour suprême, à 5,7% dans une hypothèse IEEPA tenant compte d'exemptions, puis à 8% après retrait de l'IEEPA.
Dans des variantes avec un tarif uniforme au titre de la section 122, le taux est de 13,7% pour un tarif de 10% et de 16,6% pour un tarif de 15%. Même si ces scénarios ne constituent pas une prévision d'impact, ils rappellent que l'ouverture commerciale s'accompagne d'une exposition plus forte aux changements de règles du jeu, surtout lorsque les chaînes de valeur se recomposent.
2026, une équation plus lisible, des points de fragilité à surveiller
Au total, la BERD dessine pour le Maroc une trajectoire 2026 plus lisible qu'il y a quelques mois. La croissance est revue à la hausse, l'inflation reste faible, la politique monétaire a déjà intégré une phase de détente et les réserves se renforcent.
Le cœur des risques se déplace alors vers l'extérieur, une dynamique d'importations plus rapide que les exportations, une relation commerciale avec la Chine structurellement déficitaire dans le cadrage du rapport, et des incertitudes tarifaires qui rappellent la volatilité des équilibres globaux.
Un coussin de réserves renforcé, un indicateur clé pour 2026
Dans ce paysage, le niveau des réserves constitue un point d'appui. La BERD indique «à 43,0 milliards de dollars en décembre 2025, les réserves officielles ont progressé de 28,8% sur un an, couvrant près de six mois d'importations». Cette hausse améliore la résilience, notamment face à des chocs de change ou à une tension sur les paiements extérieurs. Elle offre aussi un signal de stabilité dans un cycle où la position extérieure est décrite comme moins favorable.


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