La lutte contre le VIH ne peut être dissociée de la promotion des droits des femmes, de leur autonomie et de leur accès effectif à la santé sexuelle et reproductive. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l'Association de lutte contre le sida (ALCS) rappelle que l'égalité entre les femmes et les hommes constitue un levier déterminant pour accélérer la fin de l'épidémie de VIH et garantir le droit à la santé pour toutes et tous. Malgré les avancées scientifiques majeures permettant aujourd'hui de vivre avec le VIH et d'empêcher sa transmission grâce aux traitements et aux outils modernes de prévention, les femmes et les jeunes filles demeurent exposées à des vulnérabilités spécifiques, précise la même source dans un communiqué. Les inégalités de genre, les violences basées sur le genre ainsi que les obstacles persistants d'accès à l'information, au dépistage et aux services de santé continuent d'alimenter l'épidémie au Maroc comme à l'échelle mondiale. La lutte contre le VIH ne peut ainsi être dissociée de la promotion des droits des femmes, de leur autonomie et de leur accès effectif à la santé sexuelle et reproductive. Renforcer la réponse nationale au VIH implique de placer les droits, la capacité d'agir et le pouvoir de décision des femmes au cœur des politiques publiques de santé. Les femmes au cœur de la riposte communautaire Acteur historique de la riposte communautaire au VIH au Maroc, l'ALCS développe depuis près de quarante ans des programmes intégrés dédiés aux femmes, combinant prévention, dépistage, accompagnement psychosocial et actions de lutte contre les violences basées sur le genre. Ces approches communautaires contribuent à réduire les barrières d'accès aux services de santé, à lutter contre la stigmatisation et à renforcer la confiance entre les communautés et le système de santé. Les travailleuses communautaires, les médiatrices thérapeutiques et sociales, les militantes et les femmes vivant avec le VIH engagées au sein de l'ALCS constituent aujourd'hui un pilier essentiel de la réponse nationale. «Mettre fin au VIH passe nécessairement par le renforcement des droits des femmes. Lorsque les femmes peuvent accéder librement à la prévention, aux soins et à l'information, c'est l'ensemble de la société qui progresse vers plus de santé et plus de justice», souligne Pr Mehdi Karkouri, président de l'ALCS. L'innovation biomédicale au service de l'autonomie des femmes L'ALCS se félicite de l'introduction prochaine au Maroc de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) injectable à longue durée d'action, aboutissement d'un plaidoyer collectif mené de manière concertée par les acteurs institutionnels et associatifs. La PrEP est un outil de prévention médicamenteux qui empêche la transmission du VIH. Jusqu'à présent, elle était principalement disponible sous forme orale. Désormais, avec la forme injectable, par administration sous-cutanée semestrielle, cette innovation majeure offrira une protection efficace, discrète et mieux adaptée aux réalités sociales et relationnelles auxquelles certaines femmes sont confrontées. Parallèlement, l'ALCS poursuit l'élargissement de l'accès à la PrEP orale et aux nouvelles stratégies de prévention, notamment l'anneau vaginal, tout en renforçant ses programmes intégrés associant prévention du VIH et lutte contre les violences basées sur le genre. Cette approche globale reconnaît le lien étroit entre violences, inégalités structurelles et vulnérabilité accrue face au VIH. Dr Lahoucine Ouarsas, directeur des programmes de l'ALCS, souligne : «Les données internationales démontrent qu'un accès effectif des femmes à l'éducation, à la protection sociale et aux services de santé, réduit significativement les nouvelles infections. Investir dans les droits des femmes constitue dès lors une priorité majeure de santé publique.» Dans cette dynamique, l'ALCS met en œuvre le projet Chams, dédié à la prévention et à la prise en charge des violences basées sur le genre auprès des femmes vulnérables, vivant ou non avec le VIH. Déployé au sein de trois cliniques de santé sexuelle et reproductive situées dans des corridors de vulnérabilité au VIH (les régions de Souss-Massa, Marrakech-Safi et Tanger-Tétouan-Al Hoceima), ce programme s'inscrit dans la stratégie de prévention combinée de l'association. Le projet vise à renforcer simultanément le savoir, le pouvoir d'agir et la capacité de protection des bénéficiaires face aux violences basées sur le genre et au VIH, deux réalités étroitement liées qui s'alimentent mutuellement et entretiennent un cercle de vulnérabilité. Un appel à une mobilisation collective À l'occasion du 8 mars, Pr Sanaa Belabbes, trésorière et référente du Plaidoyer de l'ALCS, rappelle que la garantie effective des droits des femmes constitue une responsabilité majeure pour les pouvoirs publics. L'Association appelle à renforcer les politiques publiques sensibles au genre, à garantir un accès équitable aux innovations biomédicales, à soutenir durablement les approches communautaires et à lutter contre toutes les formes de discrimination et de violences faites aux femmes. Faire progresser l'égalité réelle entre les femmes et les hommes n'est pas seulement une exigence de justice : c'est une condition indispensable pour mettre fin à l'épidémie de VIH. Tant que les droits des femmes ne seront pas pleinement réalisés, la promesse d'une fin du VIH restera inachevée.