En inscrivant l'ensemble de ses rendez-vous dans le temps du Ramadan, le festival opère un choix fort. La spiritualité, thème fondateur de « On Marche », irrigue cette 19e édition pensée comme un moment de rassemblement et de contemplation. Pour Taoufiq Izeddiou, fondateur et directeur artistique du festival, la danse peut être à la fois quête mystique et célébration collective. Une vision qui trouve un écho particulier durant le mois sacré, période de générosité et de communion. L'édition 2026 revêt également une portée symbolique. Elle coïncide avec les 25 ans de la compagnie Anania, fondée par Taoufiq Izeddiou et considérée comme pionnière de la danse contemporaine au Maroc. À un an de son 20e anniversaire, le festival consolide ses fondamentaux en plaçant la transmission, l'accompagnement et le soutien aux jeunes artistes au centre de son projet. Marrakech, scène vivante après le Ftour Pendant neuf jours, la ville ocre se transforme en scène à ciel ouvert. Représentations, performances pluridisciplinaires, projections, ateliers et master classes composent une programmation pensée en harmonie avec le rythme du Ramadan. Les spectacles, en grande partie gratuits, sont proposés après la rupture du jeûne, à partir de 21 heures. Plusieurs lieux emblématiques accueillent les festivités, notamment l'Institut français de Marrakech, le Es Saadi Marrakech Resort et le Centre culturel Les Etoiles de Jemaâ El-Fna. L'ouverture officielle, prévue le 7 mars à 21 h 30, sera marquée par « La Terre en transe », grande création chorégraphique de Taoufiq Izeddiou. Après une tournée internationale, cette œuvre réunissant douze danseurs clôturera son parcours dans le réseau des Instituts français du Maroc par une représentation très attendue à Marrakech. L'Espagne, invitée d'honneur Cette 19e édition met à l'honneur l'Espagne, renforçant ainsi les liens artistiques euro-méditerranéens. En partenariat avec l'Institut Cervantès, le festival accueille deux créations emblématiques de la scène chorégraphique espagnole. « Las Magias », signée par la chorégraphe Teresa Lorenzo, et « Rumi Flamenco », portée par Nirtan et Manuel Espinoza, proposent un dialogue entre traditions ibériques et écritures contemporaines. Cette présence espagnole s'inscrit dans une programmation internationale plus large, ouverte aux artistes d'Afrique, d'Europe et du monde arabe. La danse comme acte de nécessité Au-delà des spectacles, « On Marche » se pense comme un espace de dialogue avec le public. « La danse n'est pas un décor, c'est un acte de nécessité », affirme Taoufiq Izeddiou. Cette philosophie prend forme à travers « Artistes à table », rendez-vous quotidien organisé à l'heure du Ftour, où créateurs et publics partagent un moment d'échange autour de la spiritualité et du geste artistique. Le cycle « Danses en images » explore quant à lui les liens entre danse et cinéma. À l'Institut français de Marrakech, le public pourra découvrir plusieurs films, dont « Lengue » de Léonie Yanga-Zowe, « Les Pieds sur scène » d'Eric Legay, « Danses en fâ » d'Etienne Laroche et « Dernier paysage » de Josef Nadj. Des projections sont également programmées au Le 18 et au Es Saadi Marrakech Resort, tandis qu'une exposition photographique en plein air investit la médina et ses environs. Transmission et nouvelles générations La 19e édition accueille la quatrième édition du concours « Taklîf », dédié aux jeunes chorégraphes marocains, en lien avec « Nafass – On Marche », première école de la pensée pour les arts chorégraphiques au Maroc. Dans le cadre du programme « Halaqat », initié par l'Institut Goethe et soutenu par l'Union européenne, le festival poursuit son engagement en faveur d'une pratique artistique consciente et attentive au collectif. Soutenu par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication ainsi que par ses partenaires institutionnels et culturels, « On Marche » confirme, en ce mois de Ramadan, sa capacité à faire de la danse contemporaine un espace de spiritualité, de partage et de sens. À l'approche de sa 20e édition, le rendez-vous marrakchi s'impose plus que jamais comme un temps fort du calendrier culturel marocain.