Dans un nouveau rapport présenté lors de la 80ème session de l'Assemblée générale de l'ONU (point 158 de l'ordre du jour), le Secrétaire général Antonio Guterres a dressé le bilan du financement et des performances de la mission des Nations Unies au Sahara marocain. Ce document couvre la période allant du 1er juillet 2024 au 30 juin 2025 et intègre le projet de budget proposé pour le cycle 2026-2027. Ayant pu être consulté par Hespress, ce texte réaffirme que la mission première de la MINURSO consiste à soutenir les efforts du Conseil de sécurité pour parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable. En parallèle, elle poursuit sa surveillance de la situation sur le terrain. Dans ce contexte, António Guterres a salué le maintien des activités de la mission, et ce, malgré les défis opérationnels et les restrictions de mouvement dans certaines zones. Sur le front sécuritaire, les rédacteurs du rapport font état d'une baisse significative des incidents de tirs signalés près du mur de sable par rapport à l'exercice précédent. L'ONU perçoit cette accalmie comme un facteur propice à l'endiguement de l'escalade. La mission a par ailleurs poursuivi ses enquêtes concernant les signalements de frappes de drones et d'attaques à la roquette, consolidant ainsi son rôle de vérification sur le terrain et de production de rapports indépendants. Concernant la situation à l'est du mur de sable, le document constate le maintien des restrictions imposées aux patrouilles terrestres et aériennes. Ce constat contraste toutefois avec une relative amélioration de la régularité des convois terrestres, rendue possible grâce à une meilleure coordination sur le terrain avec les différentes parties. Il n'en demeure pas moins que la mission n'a toujours pas réussi à conclure un accord à long terme lui garantissant une totale liberté de mouvement dans ces régions. Autre point central soulevé par le Secrétaire général : l'importance cruciale des programmes de déminage. L'appui fourni par le Service de la Lutte Antimines des Nations Unies a ainsi permis de sécuriser les axes routiers, de neutraliser les munitions non explosées et d'assurer la sécurité des équipes. Fait remarquable, le rapport se félicite de l'absence totale d'incidents liés aux mines pour la seizième année consécutive lors des opérations. D'un point de vue logistique, la MINURSO maintient un niveau de préparation optimal à la faveur d'une modernisation de ses infrastructures et d'une gestion repensée de sa flotte aérienne. Le déploiement d'avions à voilure fixe et d'hélicoptères a facilité les patrouilles, les évacuations médicales et le soutien logistique, tout en permettant une réduction réfléchie du nombre d'appareils à voilure tournante dans le cadre d'une restructuration stratégique. Dans une démarche de développement durable, la mission a investi massivement dans des systèmes énergétiques hybrides (solaire et diesel) et a doté ses bases d'éclairages à basse consommation. Ces initiatives ont directement contribué à réduire l'utilisation de carburant et à promouvoir les énergies propres, une avancée particulièrement vitale pour les sites les plus isolés. En dépit de ce bilan encourageant, le rapport met en garde contre la persistance d'obstacles majeurs : l'étroitesse des ressources financières et l'obsolescence d'une partie des équipements, qui pèsent lourdement sur les capacités opérationnelles. Néanmoins, António Guterres conclut son exposé en rappelant que la présence et la vigilance continue de la MINURSO demeurent le rempart essentiel pour garantir la stabilité et atténuer les risques dans sa zone d'opérations.