L'Office national des hydrocarbures et des mines vient de lancer un programme d'envergure visant à réaliser des études d'impact sur l'environnement pour dix-huit projets miniers répartis sur l'ensemble du territoire. C'est un chantier vaste qu'ouvre l'Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM). Dix-huit projets miniers, répartis aux quatre coins du Royaume, vont faire l'objet d'un examen environnemental approfondi. Parmi eux, des noms qui évoquent le potentiel géologique marocain. On parle de Bourdine dans l'Oriental, Bouizagane dans la région de Drâa-Tafilalet, Zgounder dans le Souss-Massa, connu pour ses ressources argentifères, ou encore Aghracha dans la région de Dakhla-Oued Ed Dahab. Dans le détail, il s'agit d'un programme qui s'articule autour de deux phases complémentaires, conçues pour couvrir l'intégralité du parcours d'obtention du feu vert des autorités. La première consiste en un diagnostic scientifique exhaustif de chaque site. Géologie, archéologie, faune, flore, ressources en eau, densité des agglomérations, qualité de l'atmosphère, les équipes missionnées devront passer au crible tous les éléments constitutifs de l'environnement naturel et humain. Il s'agira ensuite d'évaluer le degré et la nature de l'impact potentiel de l'exploitation minière, en tenant compte aussi bien de la spécificité du minerai que des méthodes d'exploitation prévisionnelles. Sur la base de ce diagnostic, des mesures concrètes d'atténuation devront être proposées pour une meilleure intégration des projets dans les milieux biophysiques et humains. La seconde phase du programme revêt une dimension administrative et sociétale tout aussi stratégique. Ces études seront portées devant les autorités compétentes, en commençant par le dépôt des demandes d'ouverture d'enquête publique auprès des secrétariats permanents des comités régionaux des études d'impact. Viendront ensuite l'étape d'information des populations concernées, puis la présentation des études lors des réunions d'examen devant les commissions régionales, dans le but d'obtenir l'acceptabilité environnementale. Cette ultime étape conditionne d'ailleurs la poursuite du processus de validation des projets miniers concernés. Le calendrier retenu pour ce programme, fixé à 550 jours, témoigne de l'ampleur de la tâche et de la complexité des procédures de consultation publique. Mais soulignons que ce vaste programme intervient dans un contexte marqué par un renforcement continu des exigences réglementaires en matière environnementale. La loi 12-03 ayant trait aux études d'impact sur l'environnement, ses décrets d'application, ainsi que la loi 33-13 relative aux mines, constituent le socle juridique de cette démarche. L'ONHYM, en sa qualité d'acteur public majeur du secteur extractif, se doit d'anticiper ces exigences et de démontrer sa capacité à concilier développement des ressources minérales et respect des équilibres environnementaux. Pour les territoires concernés, des montagnes du Rif aux plateaux du Sud, ces études représentent une opportunité de voir émerger des projets miniers mieux intégrés, prenant en compte les préoccupations des populations locales. La mise à disposition des rapports d'impact, l'organisation d'enquêtes publiques et la possibilité pour les citoyens de consigner leurs observations dans des registres dédiés constituent autant de garanties de transparence dans un secteur parfois perçu comme opaque. Les dix-huit projets concernés, une fois leurs études d'impact validées, pourront envisager leur développement avec une assise juridique et environnementale solide. Une condition essentielle pour attirer les investisseurs et garantir la pérennité d'une activité minière marocaine résolument tournée vers l'avenir. Quels sont les 18 projets miniers en question ? Le programme de l'ONHYM couvre un large éventail de sites répartis sur l'ensemble du territoire national. Ces projets, dont la situation administrative est déjà clarifiée, sont les suivants : 1. Bourdine – Région de l'Oriental ( 1permis) 2. Bouizagane – Région de Drâa-Tafilalet (1permis) 3. Taadant – Région de Souss-Massa (1permis ) 4. Tifaddine – Région de Souss-Massa (1permis ) 5. Tighmi Ouest – Région de Souss-Massa (1permis) 6. Tighmi Est – Région de Souss-Massa (1permis ) 7. Zgounder – Région de Souss-Massa (1permis ) 8. Twhinate Ouest – Région de Dakhla-Oued Ed Dahab (1permis ) 9. Aghracha – Région de Dakhla-Oued Ed Dahab (1permis ) 10. Eçour – Région de Drâa-Tafilalet (1permis ) 11. Tidili – Région de Drâa-Tafilalet (1permis) 12. Majmaa Salihine – Région de Rabat-Salé-Kénitra (1permis ) 13. Tizoula – Région de Souss-Massa (1permis ) 14. Jbel Kharrou – Région de Marrakech-Safi (1permis ) 15. Tazzarine – Région de Fès-Meknès ( 3permis) 16. Maamora – Région de Rabat-Salé-Kénitra (3permis ) 17. Tiouine – Région de Drâa-Tafilalet (2permis ) 18. Lac Zima – Région de Marrakech-Safi (4 permis) Ces dix-huit projets couvrent une grande diversité de contextes géographiques et géologiques, des montagnes du Haut-Atlas aux provinces sahariennes. Leur mise en conformité environnementale constitue une étape clé pour leur développement futur.