Porté par la diversification de son industrie et par la montée en puissance de ses exportations manufacturières, le Maroc s'impose comme l'un des principaux pôles industriels du continent. Selon un classement récent, le royaume se hisse à la première place des pays africains producteurs de biens de consommation destinés à l'exportation, reflétant l'évolution progressive des économies africaines vers des productions à plus forte valeur ajoutée. La place du Maroc dans le commerce africain continue de se consolider. Un récent classement publié par la plateforme spécialisée The African Exponent positionne le pays en tête des pays africains les plus producteurs de biens de consommation destinés à l'exportation, confirmant la transformation progressive de son économie en plateforme industrielle et exportatrice. Selon le rapport, le Maroc s'est imposé au cours de la dernière décennie comme l'un des moteurs de la production manufacturière sur le continent. Le pays s'appuie sur une diversification progressive de son appareil industriel et sur le développement de plusieurs filières stratégiques destinées aux marchés internationaux. Cette dynamique s'inscrit dans une transformation plus large du paysage des exportations africaines. Longtemps dominé par les matières premières, le commerce extérieur du continent évolue désormais vers un modèle plus diversifié, dans lequel les biens de consommation manufacturés occupent une place croissante. Entre 2025 et 2026, les exportations africaines incluent de plus en plus des produits à plus forte valeur ajoutée, tels que les véhicules, les produits électroniques, les textiles, les aliments transformés ou encore les appareils ménagers. Plusieurs pays ont ainsi renforcé leurs bases industrielles en s'appuyant sur des accords commerciaux stratégiques, l'amélioration des infrastructures logistiques et des politiques publiques incitatives destinées à stimuler la production locale. Cette évolution reflète la volonté croissante de créer des emplois durables, d'accroître les recettes en devises et de développer des industries capables de résister aux fluctuations des marchés mondiaux. Dans ce contexte, le Maroc apparaît comme l'un des acteurs les plus avancés de cette transformation. Le rapport souligne que le royaume « s'est rapidement transformé en une puissance industrielle et exportatrice majeure, notamment dans le domaine des biens de consommation ». Un modèle plus diversifié Le pays a développé au fil des années de solides pôles industriels dans plusieurs secteurs clés, notamment l'automobile, l'électronique, le textile et l'agroalimentaire. Le secteur automobile constitue aujourd'hui l'un des principaux moteurs des exportations marocaines. Soutenu par de vastes zones industrielles telles que Tanger Automotive City, il accueille de nombreux constructeurs et équipementiers internationaux et alimente les marchés européens et africains. Au-delà de l'automobile, l'industrie textile et de l'habillement demeure l'un des piliers historiques de l'économie exportatrice marocaine. Grâce à des délais de production rapides, une proximité géographique avec l'Europe et une qualité de fabrication reconnue, le secteur continue d'approvisionner de nombreuses marques européennes. Le Maroc s'est également positionné sur les produits alimentaires transformés et les produits emballés. En tirant parti de sa production agricole et des investissements réalisés dans l'industrie agroalimentaire, le pays exporte une large gamme de produits destinés aux marchés régionaux et internationaux. Les accords commerciaux conclus avec l'Union européenne et d'autres partenaires internationaux, combinés à la position géographique stratégique du royaume entre l'Afrique et l'Europe, renforcent par ailleurs son rôle de plateforme d'exportation. Dans ce classement continental, l'Afrique du Sud occupe la deuxième place, suivie du Nigeria et de la Côte d'Ivoire. L'Ethiopie et l'Egypte complètent les positions suivantes. Dans ce dernier pays, le secteur manufacturier représente une part importante de la production industrielle africaine, couvrant notamment l'électronique grand public, les appareils électroménagers, les textiles, les produits pharmaceutiques et les aliments transformés. Des initiatives gouvernementales, comme le programme « Egypt Makes Electronics », ont contribué à attirer de grandes marques internationales afin de développer des lignes d'assemblage locales produisant chaque année des millions d'unités électroniques destinées à l'exportation. Le classement inclut également la Tunisie, le Ghana et le Kenya. Ce dernier se distingue par la croissance de ses exportations de produits alimentaires transformés, de boissons, de textiles et de produits industriels légers. Les autorités kényanes ont notamment multiplié les accords commerciaux visant à faciliter l'accès de leurs produits aux marchés internationaux et à améliorer leur compétitivité. Ainsi, la transformation du secteur manufacturier africain devrait se poursuivre dans les années à venir, portée par l'expansion des investissements internationaux et par le développement du commerce intra-africain dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Dans ce nouveau paysage industriel, les pays disposant d'écosystèmes manufacturiers solides, à l'image du Maroc, sont appelés à jouer un rôle croissant dans l'exportation de biens de consommation à grande échelle et dans l'intégration du continent aux chaînes d'approvisionnement mondiales. Maryem Ouazzani / Les Inspirations ECO