Les échanges commerciaux entre le Maroc et l'Allemagne atteignent 7,37 milliards d'euros en 2025, selon les données préliminaires du Statistisches Bundesamt. Classé 49e partenaire commercial de Berlin en termes d'exportations, le Royaume consolide sa position parmi les principaux partenaires africains de la première économie européenne, porté par une intégration industrielle croissante et des flux à forte valeur ajoutée. En 2025, le volume des échanges commerciaux entre le Maroc et l'Allemagne s'est établi à 7,37 milliards d'euros, selon les résultats préliminaires du classement officiel des partenaires commerciaux de l'Allemagne. Le Maroc occupe la 49e place dans ce classement mondial des partenaires commerciaux, établi sur la base des statistiques officielles publiées par le Statistisches Bundesamt (Destatis), l'Office fédéral allemand de la statistique, à partir des données préliminaires du commerce extérieur pour l'année 2025. Le volume enregistré traduit une relation structurée autour de flux industriels à forte valeur ajoutée. Du point de vue allemand, les exportations vers le Maroc relèvent principalement des biens d'équipement et des intrants technologiques. Il s'agit notamment de machines-outils, d'installations industrielles, d'équipements électriques, de composants automobiles et de produits chimiques spécialisés. Ces exportations alimentent directement les capacités productives marocaines, en particulier dans l'automobile, l'électronique et les industries manufacturières intégrées aux chaînes européennes. En sens inverse, les importations allemandes depuis le Maroc s'inscrivent dans une logique d'intégration productive. Une part significative concerne des composants industriels destinés à être réintégrés dans des chaînes de montage en Allemagne ou dans d'autres pays européens. Les faisceaux électriques, certaines pièces automobiles et des sous-ensembles techniques illustrent cette interdépendance croissante. À cela s'ajoutent des produits issus des filières textile et agroalimentaire, qui conservent un poids historique dans la relation bilatérale, même si leur contribution relative diminue au profit des segments industriels. Cette structure confirme que les échanges Maroc–Allemagne ne relèvent plus d'un schéma classique centre-périphérie, mais d'une articulation progressive au sein d'un espace productif élargi. Allemagne : un commerce extérieur intense L'économie allemande entretient des relations d'une intensité exceptionnelle avec ses principaux partenaires, avec un excédent qui dépasse largement les 200 milliards d'euros annuels. Le classement 2025 confirme cette concentration. La Chine occupe la première place mondiale avec un volume d'échanges de 251,84 milliards d'euros. Les Etats-Unis suivent avec 240,52 milliards d'euros alors que les Pays-Bas complètent le trio de tête avec 209,13 milliards d'euros. L'écart avec ces partenaires majeurs illustre la hiérarchie structurelle du commerce extérieur allemand, dominé par les grandes puissances industrielles et les hubs logistiques européens. Dans ce contexte, la présence du Maroc dans le top 50 mondial constitue un indicateur de consolidation progressive, plutôt qu'un simple volume marginal. Le Maroc dans la hiérarchie africaine À l'échelle du continent africain, le Maroc figure parmi les partenaires commerciaux les plus significatifs de l'Allemagne. Le classement 2025 place l'Afrique du Sud en tête des partenaires africains de Berlin, suivie de l'Egypte. Le Royaume occupe la troisième position continentale en termes de volume d'échanges. Les échanges entre l'Allemagne et l'Afrique du Sud reposent sur une relation industrielle ancienne et dense, notamment dans l'automobile, la mécanique et les équipements miniers. L'Afrique du Sud constitue un hub productif majeur pour les constructeurs allemands implantés localement, ce qui alimente des flux bilatéraux soutenus. Du côté égyptien, la relation est structurée autour de l'énergie, des infrastructures et des équipements industriels lourds, avec des exportations allemandes significatives et des importations liées, notamment, aux produits énergétiques et aux biens intermédiaires. Comparativement, le Maroc se distingue par une intégration plus poussée dans les chaînes de valeur européennes, avec un profil davantage orienté vers l'assemblage industriel et les composants techniques. Cette place s'explique par plusieurs facteurs structurels. D'une part, le Maroc bénéficie d'une base industrielle exportatrice relativement diversifiée. D'autre part, son cadre réglementaire, ses accords avec l'Union européenne et son positionnement géographique en font une plateforme attractive pour les entreprises allemandes cherchant à optimiser leurs chaînes d'approvisionnement à proximité du marché européen. Le niveau atteint en 2025 confirme une trajectoire ascendante des échanges germano-marocains au cours des dernières années. L'intensification des flux industriels, l'intégration croissante du Maroc dans les chaînes de valeur automobiles et la coopération dans les secteurs technologiques contribuent à cette progression. Au-delà du volume brut, la qualité des échanges constitue l'élément déterminant. La relation évolue vers un modèle d'interdépendance productive, où le Royaume ne se limite plus à un rôle de fournisseur de biens à faible valeur ajoutée, mais participe à des segments plus complexes des chaînes industrielles européennes. Dans un contexte marqué par la recomposition géo-économique et la recherche de partenariats stables à proximité de l'Union européenne, le corridor commercial Maroc–Allemagne dispose d'une marge de progression. Si la dynamique d'industrialisation marocaine se poursuit et si les coopérations sectorielles se renforcent, le volume des échanges pourrait franchir un nouveau palier au cours des prochaines années, consolidant la position du Royaume dans le commerce extérieur allemand. Abdelhafid Marzak / Les Inspirations ECO