Le gouvernement s'attend à une croissance agricole exceptionnelle cette année. Lors de la réunion du Conseil de gouvernement du jeudi 12 mars, Aziz Akhannouch a annoncé une prévision de 15%, portée par des pluies abondantes et de meilleurs rendements. Le gouvernement affiche un optimisme sans précédent pour l'année 2026, porté par des prévisions inédites dans le secteur agricole. Lors du Conseil de gouvernement qui s'est tenu jeudi 12 mars à Casablanca, Aziz Akhannouch, a annoncé que le secteur agricole pourrait enregistrer cette année une croissance exceptionnelle avoisinant les 15%, un chiffre historique qui souligne le rôle central de l'agriculture dans la consolidation de l'économie nationale et la sécurité alimentaire. «Cette performance record est soutenue par l'amélioration des rendements des cultures de base, la productivité des chaînes de production et les pluies récentes qui ont touché l'ensemble des régions du Royaume», a-t-il précisé, mettant en avant l'impact direct des conditions climatiques sur la dynamique du secteur. Une résilience remarquable Cette annonce s'inscrit dans un contexte plus large de reprise économique, confirmée pour la cinquième année consécutive. Le chef du gouvernement a rappelé que malgré un environnement international instable, marqué par des fluctuations économiques rapides et la succession de crises géopolitiques, l'économie marocaine fait preuve d'une résilience remarquable, capable de transformer les défis en opportunités concrètes de réforme. «Notre expérience se distingue par notre capacité à convertir les difficultés en leviers d'action, grâce à une vision stratégique claire encadrée par les hautes orientations royales et aux choix gouvernementaux ayant érigé le décollage économique en moteur essentiel de l'Etat social», a-t-il souligné. Le bilan 2025 présenté par le chef du gouvernement confirme cette trajectoire ascendante. L'économie nationale a enregistré une croissance de 4,8%, une inflation maîtrisée à 0,8%, un déficit budgétaire réduit à 3,5% et a réduit l'endettement du Trésor à 67,2%. Le volume des investissements directs étrangers a atteint 56 milliards de dirhams, un niveau historique. Ces performances ont valu au Maroc la révision des perspectives de sa note souveraine par Moody's, de "stable" à "positive", illustrant le renforcement de la dynamique d'investissement et la diversification progressive de l'économie. Le secteur agricole, pivot de cette reprise, bénéficie également de conditions climatiques favorables. Selon le ministre Ahmed Bouari, le cumul national des pluies entre le 1er septembre 2025 et le 11 mars 2026 a atteint 462 mm, soit une hausse de 56% par rapport à la moyenne des trente dernières années et de 134% par rapport à la saison précédente. Les régions du Nord, de Saïss, du Gharb, de Chaouia et de Doukkala ont été particulièrement bénéficiaires, permettant un redressement rapide des cultures impactées par des inondations ponctuelles. Ces précipitations devraient améliorer sensiblement la productivité des cultures céréalières et de base, renforcer l'élevage et consolider l'ensemble des filières agricoles. Pour le chef du gouvernement, ces conditions climatiques renforcent la confiance des investisseurs et offrent au gouvernement une marge de manœuvre supplémentaire pour accélérer les réformes économiques et sociales. «Ces indicateurs positifs constituent un moteur pour mobiliser toutes les énergies afin de consolider nos acquis et préparer notre économie aux défis futurs», a-t-il déclaré, insistant sur l'effet multiplicateur de la bonne tenue du secteur agricole sur l'ensemble de l'économie. Marché intérieur et export : un impact important attendu L'impact attendu sur le marché intérieur et l'exportation est considérable. La hausse des rendements permettra de sécuriser les chaînes d'approvisionnement, de stimuler la demande et de soutenir durablement les revenus des agriculteurs. La diversification des cultures et l'amélioration de la productivité offrent une résilience accrue face aux aléas climatiques, tout en consolidant la sécurité alimentaire nationale. L'agriculture se positionne ainsi comme un levier stratégique de croissance, soutenant le tissu économique rural et créant un effet d'entraînement sur les autres secteurs. Cette dynamique a également des répercussions sur l'emploi rural et les filières stratégiques. Les exploitations agricoles, désormais plus productives, génèrent des opportunités accrues pour les jeunes et les femmes dans les zones rurales, renforçant ainsi la cohésion sociale et l'attractivité des métiers agricoles. Les filières à forte valeur ajoutée, notamment les cultures maraîchères, fruitières et l'élevage, bénéficient de cette progression, favorisant l'exportation et la compétitivité du Maroc sur les marchés internationaux. Par ailleurs, la modernisation des infrastructures et l'adoption de nouvelles technologies permettent d'optimiser les chaînes de production et de stimuler l'innovation dans le secteur, ouvrant la voie à des pratiques agricoles plus durables et efficaces. Au-delà des chiffres, cette projection record traduit la capacité du Maroc à conjuguer croissance et résilience, grâce à un secteur agricole soutenu par des politiques publiques cohérentes, des investissements ciblés et une vision stratégique de long terme. Le rôle central du secteur dans la sécurité alimentaire et le développement rural renforce sa place au cœur des priorités économiques du Royaume, tout en offrant des perspectives concrètes pour attirer de nouveaux investissements et encourager l'innovation dans les filières à forte valeur ajoutée. L'expérience marocaine démontre qu'une combinaison de conditions climatiques favorables, de politiques publiques adaptées et de modernisation des infrastructures agricoles peut générer des résultats tangibles et durables. Les prochains mois seront déterminants pour confirmer ces projections, mesurer l'impact réel sur les cultures céréalières et l'élevage, et assurer la contribution optimale du secteur agricole à la croissance globale. Cette dynamique, fondée sur des bases solides, offre une vision à long terme pour un Maroc résilient, compétitif et capable d'anticiper les crises tout en renforçant sa position dans la région. Abdelhafid Marzak / Les Inspirations ECO