Les répercussions de la guerre au Moyen-Orient continuent de secouer l'économie mondiale, entre flambée des prix de l'énergie et déstockage massif de brut. La planète retient toujours son souffle plus de deux semaines après le début des représailles iraniennes aux frappes américano-israéliennes. Si les marchés tentent tant bien que mal de trouver un équilibre, la crise du détroit d'Ormuz continue de faire trembler les places financières et les pompes à essence aux quatre coins du monde. Les cours du brut se stabilisent, sans se calmer Après des semaines de hausse vertigineuse, les prix du pétrole marquent une pause. Vers 11h00 GMT, le baril de Brent se stabilisait à 103,27 dollars, en légère baisse de 0,13%, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) reculait de 1,27% à 97,46 dollars. Des chiffres qui restent néanmoins alarmants : depuis le début du conflit, le Brent a bondi d'environ 40%, et le WTI de près de 50% en deux semaines seulement. Sur les marchés actions, les Bourses européennes tentaient de résister, affichant une timide tonalité positive en milieu de matinée : Paris évoluait à l'équilibre, Francfort progressait de 0,25% et Londres de 0,41%. Du côté des devises, le dollar relâchait une partie de ses gains après ce que les investisseurs ont interprété comme des signaux de désescalade, reculant de 0,48% face à l'euro, à 1,1472 dollar. La monnaie unique avait pourtant touché plus tôt dans la journée un nouveau plancher depuis août 2025, à 1,1411 dollar. Le Golfe sous les drones Sur le terrain, la tension ne faiblit pas. Une attaque de drone a déclenché un incendie dans la zone industrielle pétrolière de Fujaïrah, sur la côte orientale des Emirats arabes unis, sans faire de blessés selon les autorités locales. À Dubaï, un autre drone a ciblé un réservoir de carburant à proximité de l'aéroport international, entraînant la suspension temporaire du trafic aérien avant une reprise graduelle des vols. Un déstockage historique pour endiguer la flambée Face à l'urgence, l'Agence internationale de l'Energie (AIE) a orchestré une réponse coordonnée sans précédent : le déblocage de 400 millions de barils de pétrole par ses 32 pays membres, le plus important jamais décidé depuis la création de l'institution il y a plus de cinquante ans. Le Japon, qui dépend du Moyen-Orient pour 95% de ses importations de brut, a été l'un des premiers à activer ses stocks stratégiques ce lundi. Les pays d'Asie et d'Océanie sont mobilisés immédiatement, tandis que les Amériques et l'Europe suivront fin mars. L'Australie à sec La crise a également des effets très concrets pour les populations. En Australie, les stations-service connaissent des pénuries croissantes, les prix à la pompe ayant doublé en moyenne depuis le déclenchement du conflit le 28 février. Le gouvernement a dénoncé des hausses abusives de la part de certains distributeurs, sans parvenir pour l'heure à enrayer la spéculation. La semaine qui s'ouvre s'annonce décisive, rythmée par les décisions de plusieurs banques centrales dans un contexte où chaque annonce diplomatique — ou chaque attaque de drone — peut faire basculer les marchés.