Malgré un contexte international moins favorable, Cosumar a clos 2025 sur une progression de son chiffre d'affaires, portée par l'export et le renforcement de ses capacités industrielles. Entre montée en puissance de la production locale, investissement dans le raffinage et nouveaux projets de diversification, le groupe affine sa stratégie pour consolider son modèle de croissance. En 2025, Cosumar a évolué dans un environnement international plus contraignant, sans pour autant perdre ses appuis structurels. Le groupe sucrier affiche certes un repli de certains indicateurs de rentabilité, mais il parvient dans le même temps à améliorer son chiffre d'affaires, à accroître ses capacités exportatrices et à renforcer les fondements industriels de son modèle. Au-delà des résultats annuels, l'exercice met surtout en lumière une entreprise qui continue de se repositionner autour de la production locale, de l'outil industriel et de nouvelles perspectives de diversification. Une croissance tirée par l'export À fin décembre 2025, le chiffre d'affaires consolidé de Cosumar s'établit à 10,487 MMDH, en hausse de 2,4% par rapport à l'exercice précédent. Cette progression repose principalement sur l'augmentation des volumes de ventes à l'export. Le groupe souligne que cette dynamique a été rendue possible à la fois par la hausse de la production locale et par l'apport des nouvelles capacités de raffinage mises en service à Sidi-Bennour. Cette évolution est loin d'être anodine. Elle montre que la croissance commerciale de Cosumar ne dépend pas uniquement de la demande extérieure, mais aussi de sa capacité à sécuriser son amont agricole et à moderniser son aval industriel. Dans un secteur exposé aux fluctuations des cours mondiaux, cette articulation entre production locale et montée en puissance des outils de transformation devient un levier stratégique majeur. Une rentabilité sous pression Cette progression du chiffre d'affaires ne s'est toutefois pas traduite par une amélioration mécanique des résultats. Le résultat d'exploitation courant consolidé IFRS ressort à 1,298 MMDH en 2025, en baisse de 43 MDH par rapport à l'année précédente. Selon Cosumar, cette contraction s'explique principalement par un environnement international moins favorable. Le groupe précise néanmoins que cette pression a été en partie compensée par la progression des ventes à l'export et par une campagne sucrière plus importante, liée à l'augmentation des superficies récoltées. Le résultat net part du groupe recule davantage, à 704 MDH contre 850 MDH un an plus tôt, soit une baisse de 146 MDH. Là encore, Cosumar apporte un élément de lecture important en indiquant que cette diminution tient notamment à l'impact d'un redressement fiscal enregistré en 2025 ainsi qu'à d'autres éléments non récurrents. Retraité de ces éléments exceptionnels, le résultat net ressortirait en amélioration par rapport à 2024. Le pari de la solidité industrielle Derrière ces chiffres, c'est en réalité la robustesse du modèle qui se joue. Cosumar met en avant la progression des superficies récoltées ainsi que celle de la production locale de sucre par rapport à la campagne précédente. Cette amélioration renforce la résilience du groupe dans un contexte où les tensions sur les marchés internationaux rendent plus précieuse encore la maîtrise de l'approvisionnement national. La raffinerie de Sidi-Bennour apparaît à cet égard comme un actif central. Sa capacité de raffinage, désormais réalisée, doit permettre au groupe de saisir davantage d'opportunités sur le marché international et d'augmenter encore ses volumes exportés. Cosumar cherche ainsi à transformer son investissement industriel en levier de croissance commerciale, tout en consolidant son rôle historique dans l'approvisionnement du marché marocain. Des signaux plus favorables pour la prochaine campagne Les perspectives communiquées par le groupe ouvrent un horizon plus favorable. Cosumar relève que les précipitations significatives enregistrées récemment à l'échelle nationale constituent un signal encourageant, non seulement pour la campagne en cours, mais aussi pour les années à venir. L'amélioration du taux de remplissage des barrages renforce la visibilité sur les prochaines campagnes et sur le potentiel d'accroissement de la production nationale de sucre. Le programme des semis de la campagne 2025-2026 a par ailleurs enregistré une progression importante par rapport à la campagne précédente, et ce, malgré un démarrage marqué par l'absence de pluies. Autrement dit, le groupe semble déjà préparer la suite avec l'idée d'adosser davantage sa performance future à la montée en puissance de son socle agricole national. Une stratégie qui regarde au-delà du sucre Cosumar ne se limite pas à une logique de production et d'exportation. Le groupe annonce le lancement imminent d'un projet de décarbonation et de valorisation des ressources de la raffinerie de Casablanca. Il indique également poursuivre l'examen d'autres projets de diversification et de développement, à l'échelle nationale comme internationale. Cette orientation confirme que l'enjeu, pour Cosumar, n'est plus seulement de défendre ses positions dans le sucre, mais de faire évoluer son modèle vers plus d'efficacité industrielle, plus de valorisation de ses actifs et plus d'ouverture sur de nouveaux relais de croissance. En 2025, malgré une rentabilité sous pression, le groupe donne ainsi l'image d'un acteur qui investit dans sa profondeur stratégique plutôt que dans la seule performance de court terme.