Le Conseil de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima a approuvé une enveloppe de 33 millions de dirhams pour la création et l'aménagement de deux zones d'activités économiques, à Chefchaouen et Targuist. Ces projets s'inscrivent dans une logique de rééquilibrage territorial et de soutien à l'investissement local, avec l'ambition de dynamiser le tissu économique et de créer des emplois durables dans des territoires jusqu'alors moins dotés en infrastructures productives Le Conseil de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima continue sur la lancée de sa stratégie de développement économique territorial. Réuni en session ordinaire du mois de mars, il a approuvé une enveloppe budgétaire de 33 millions de dirhams destinée à la création et l'aménagement de deux zones d'activités économiques (ZAE), respectivement situées à Chefchaouen et dans la commune de Targuist, dans la province d'Al Hoceima. Ces projets, qui font l'objet de conventions de partenariat associant plusieurs acteurs institutionnels, visent à répondre à un double objectif. D'abord, offrir des espaces structurés et viabilisés pour accueillir les initiatives d'investissement et, aussi, réduire les disparités territoriales en dotant des zones jusqu'alors peu pourvues d'infrastructures économiques de qualité. Une ZAE multifonctionnelle à Chefchaouen La zone d'activités économiques de Chefchaouen bénéficie de la part la plus importante de l'enveloppe régionale, avec une contribution de 23 millions de dirhams. La commune de Chefchaouen prendra en charge l'acquisition du foncier nécessaire à la réalisation du projet, dont les travaux sont programmés sur la période 2026-2027. Selon la fiche technique du projet, la zone accueillera un ensemble diversifié d'ateliers et de lots destinés aux métiers de l'artisanat et aux activités économiques. On y trouvera 133 ateliers professionnels d'une superficie de 60 mètres carrés, ainsi que 94 ateliers de 80 mètres carrés dédiés à l'artisanat. Par ailleurs, 11 lots de 500 mètres carrés et 8 lots de 1.000 mètres carrés seront aménagés pour accueillir des activités économiques de plus grande envergure. La zone sera dotée de l'ensemble des équipements nécessaires à son fonctionnement en termes de réseaux d'eau, d'électricité, d'assainissement et de télécommunications, ainsi que des voiries et voies d'accès. Des installations de services et des équipements administratifs viendront compléter cet ensemble, afin de garantir des conditions d'accueil optimales pour les entrepreneurs. Le projet est porté dans le cadre d'un partenariat associant le Conseil régional, la wilaya de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima et la province de Chefchaouen. À Targuist, deux hectares pour dynamiser l'économie locale Dans la commune de Targuist, située dans la province d'Al Hoceima, le Conseil régional a alloué une enveloppe de 10 millions de dirhams pour la réalisation d'une zone d'activités économiques s'étendant sur deux hectares. Ce projet s'inscrit dans le cadre d'une convention de partenariat élargi, qui réunit le ministère de l'Industrie et du Commerce, la wilaya de la région, la province d'Al Hoceima, le Conseil provincial d'Al Hoceima et la commune de Targuist. L'objectif affiché est de mettre à disposition du foncier dédié aux activités économiques dans une commune qui en était jusqu'alors insuffisamment pourvue. La nouvelle ZAE devrait ainsi favoriser l'émergence d'initiatives locales, soutenir le développement de secteurs productifs variés et contribuer à la création d'emplois durables, un enjeu majeur pour cette partie de la région. Un rééquilibrage territorial au cœur de la stratégie régionale Présidant la session du Conseil régional, Omar Moro a souligné la portée de ces décisions. «L'adoption de ces deux projets, ainsi que des autres points liés au développement économique, vise à garantir l'équilibre territorial et la justice spatiale, tout en renforçant le tissu économique local», a-t-il déclaré. Ces propos traduisent une orientation constante de l'Exécutif régional : faire de l'aménagement du territoire un levier de cohésion économique et sociale. Alors que la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima connaît une dynamique économique soutenue, portée notamment par le développement des infrastructures portuaires, industrielles et touristiques, les projets de zones d'activités à Chefchaouen et Targuist visent à faire bénéficier les provinces de l'intérieur de cette dynamique. La création de ces zones s'inscrit également dans une logique de complémentarité avec les dispositifs nationaux de soutien à l'investissement et à l'emploi, en particulier en direction des jeunes et des petites entreprises. En offrant des espaces viabilisés, dotés de services et de foncier accessible, elles répondent à une demande croissante des entrepreneurs locaux qui peinent à trouver des terrains adaptés à leurs projets. Des projets structurants pour l'artisanat et les PME La configuration de la ZAE de Chefchaouen, avec ses ateliers dédiés à l'artisanat, répond à une réalité économique locale forte. Chefchaouen, réputée pour son artisanat traditionnel, dispose d'un potentiel important dans les métiers d'art, du textile à la menuiserie en passant par la poterie. La concentration de ces activités au sein d'une zone aménagée devrait permettre aux artisans de disposer d'espaces de travail adaptés, de mutualiser certains services et d'améliorer leurs conditions de production. De même, la présence de lots de taille plus importante (500 et 1.000 mètres carrés) ouvre la voie à l'implantation de petites et moyennes industries, de services ou d'activités logistiques, contribuant ainsi à diversifier le tissu économique local. À Targuist, la zone d'activités économiques, plus modeste en superficie, répond au besoin spécifique d'offrir un foncier économique dans une commune rurale où l'absence d'espaces aménagés constitue un frein à l'investissement. La proximité avec Al Hoceima et les axes routiers structurants devrait renforcer son attractivité. Avec des calendriers de réalisation s'étalant sur 2026 et 2027, ces deux zones d'activités économiques entrent désormais dans leur phase opérationnelle. Les prochaines étapes concerneront la finalisation des acquisitions foncières, le lancement des appels d'offres pour les travaux d'aménagement et la mise en place des dispositifs de gouvernance prévus par les conventions de partenariat. Pour les collectivités territoriales impliquées, l'enjeu est désormais de garantir que ces infrastructures, une fois réalisées, soient effectivement investies par les entrepreneurs locaux et qu'elles contribuent, à leur échelle, à renforcer la résilience économique des territoires concernés.